Oracle frappe fort

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Oracle frappe fort
@ Reuters
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COUPE DE L'AMERICA - Le trimaran américain a surclassé le catamaran suisse.

COUPE DE L'AMERICA - Le trimaran américain a surclassé le catamaran suisse. La surprise est à la hauteur de l'excitation et de l'impatience qui gagnaient les pontons de Valence avant la première régate de la 33e Coupe de l'America finalement lancée ce vendredi après deux reports, lundi et mercredi. Avec un faible clapot et un vent de secteur sud de 6-8 noeuds, flux qui a mis du temps à s'établir retardant le départ à 14h35, les conditions étaient idéales pour une belle régate, l'avantage des pronostics allant à Alinghi face à Oracle qui, disait-on, était taillé pour une fourchette de vent plus élevée. Des prévisions de comptoir qui volaient en éclats après seulement un quart d'heure de course, les Américains, malgré un départ complètement raté, survolant ce premier duel au sommet qui s'est résumé à un cavalier seul de USA 17. Scotché devant la ligne de départ, finalement franchie avec 1'45" de retard sur Alinghi V, pénalisé de son côté d'un tour sur lui-même à effectuer avant son passage sur la ligne d'arrivée pour n'avoir pas respecté une priorité donnée à son adversaire lors de la phase de départ, le trimaran américain, bébé du cabinet français VPLP, a rapidement fait son retard, marchant à un noeud plus vite que les Suisses pour virer la bouée au vent avec plus de trois minutes (3'21") d'avance, soit plus de 5 minutes reprises sur ces 20 premiers milles. Le long bord retour au portant n'était qu'une formalité, James Spithill, le skipper australien de USA 17, et ses hommes creusant l'écart pour franchir la ligne d'arrivée loin, très loin devant les Suisses. La partie est-elle jouée ? Le camouflet est lourd à porter pour Ernesto Bertarelli, le milliardaire helvète qui s'est lui-même installé à la barre d'Alinghi V, dans la guerre d'ego qu'il livre à son homologue américain, Larry Ellison, simple spectateur de cette première régate. L'écart est tel que l'hypothèse d'une avarie sur le catamaran suisse faisait d'ores et déjà son chemin sur les pontons espagnols. Bertarelli, Brad Butterworth et Loïck Peyron, l'équipier volant du team helvète, ont-ils une réponse à cette humiliation ? Ou le trimaran américain est-il simplement mieux né qu'Alinghi V ? Les réponses à ces questions seront tout aussi attendues que ce premier duel ne l'était. Et le dernier mot pourrait appartenir à Oracle dès dimanche à l'occasion d'une deuxième manche déjà décisive, disputée sur un format différent: un triangle isocèle composé de trois bords de 13 milles. Mais vu l'écart entre les deux bateaux ce vendredi, on voit mal comment le defender va pouvoir conserver quelques années de plus une Aiguière d'argent qui tend son anse à un Larry Ellison qu'on imagine plus qu'aux anges !