Onesta: "Un grand plaisir"

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Onesta: "Un grand plaisir"
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Claude Onesta a terminé la finale du Championnat du monde épuisé, usé nerveusement par un scénario intense qui a finalement abouti sur une nouvelle victoire de l'équipe de France, à l'issue des prolongations face au Danemark (37-35, a.p.). Le sélectionneur des Bleus, très satisfait de la qualification pour les JO de Londres, avoue avoir un moment craint le pire mais explique que l'expérience a encore fait la différence.

Claude Onesta a terminé la finale du Championnat du monde épuisé, usé nerveusement par un scénario intense qui a finalement abouti sur une nouvelle victoire de l'équipe de France, à l'issue des prolongations face au Danemark (37-35, a.p.). Le sélectionneur des Bleus, très satisfait de la qualification pour les JO de Londres, avoue avoir un moment craint le pire mais explique que l'expérience a encore fait la différence. Claude, on dit souvent que les victoires difficiles sont les plus belles. Je pense que j'aurai le sourire plus tard mais là je suis vraiment fatigué, épuisé. Je n'ai pas beaucoup couru mais nerveusement ça a sans doute été l'un des matches les plus difficiles que l'on ait eu à jouer. Avec la pression du résultat bien sûr mais aussi les conséquences. On savait tous que l'on jouait gros aujourd'hui. Au-delà du titre, il y avait en jeu la qualification olympique qui est quand même la meilleure nouvelle de la journée. On n'osait pas parler de nos objectifs de conservation du titre olympique, maintenant on peut commencer à le faire puisqu'on est sûr d'y participer. Donc beaucoup d'enjeu mais une finale très difficile aussi. Il a vraiment fallu aller puiser au fond pour s'en sortir. Y a-t-il un moment où vous vous demandez comment vous allez faire pour gagner ? Oui, quand on est tous aux vestiaires avant le début des prolongations. On sait que eux sont dans la dynamique avec cette égalisation à la toute fin. Et puis on sait qu'on va devoir jouer près de deux minutes à un de moins. Là on n'est pas fier. Ils peuvent très bien faire la différence sur ces deux minutes là et ça peut pratiquement être plié. Heureusement, nos deux petits lutins (Guigou et Abalo, ndlr) nous trouvent une solution sur la première attaque et on marque. Ça nous a permis de jouer en faisant la course devant. A ce moment-là, si on n'avait pas marqué je pense que ça aurait été plus dur. Avez-vous eu peur que le match vous échappe ? Oh oui ! Je ne serais franchement pas normal si je n'avais pas eu peur. On sent bien que ça va se jouer à quitte ou double. Sauf que dans ce quitte ou double on a sûrement la force de l'expérience pour jouer les derniers ballons avec plus de lucidité que eux n'en ont eu. Ils n'ont pas été très précis dans leur jeu lors des prolongations. Ce sont des ballons qui pèsent lourd. Et dans ces moments-là, sans doute que lorsque l'on a déjà gagné beaucoup de titres ils pèsent un petit peu moins lourd que pour les autres. Où va s'arrêter cette équipe ? Maintenant qu'on se qualifie pour toutes les compétitions ça donne envie d'y participer. On vous dit toujours qu'on était venu chercher le titre donc quand on l'obtient c'est forcément un grand plaisir. Mais ça a été dur. Pour jouer ce type de match on a vu que le banc était quand même limité. Il faut vraiment jouer avec les joueurs expérimentés. Et puis on a eu un "Titi" Omeyer humain, presque normal. On se rend compte de la difficulté quand on est comme tous les autres. J'ai pris l'option de le maintenir dans les buts en me disant qu'à un moment ou l'autre il ferait les deux arrêts décisifs. Il les a fait dans la prolongation. Voilà, les grands joueurs sont ceux qui sont capables de renaître au dernier moment et de faire la différence.