Omeyer, programmé pour gagner

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Omeyer, programmé pour gagner
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Indéboulonnable gardien n°1 de l'équipe de France, Thierry Omeyer disputera vendredi en Suède sa sixième demi-finale dans un Championnat du monde. A 34 ans, le portier de Kiel demeure un compétiteur hors pair, toujours présent quand il s'agit de lancer un défi, à n'importe qui. Né pour gagner, l'Alsacien déteste la défaite, dont il a su se nourrir pour progresser tout au long de sa carrière.

Indéboulonnable gardien n°1 de l'équipe de France, Thierry Omeyer disputera vendredi en Suède sa sixième demi-finale dans un Championnat du monde. A 34 ans, le portier de Kiel demeure un compétiteur hors pair, toujours présent quand il s'agit de lancer un défi, à n'importe qui. Né pour gagner, l'Alsacien déteste la défaite, dont il a su se nourrir pour progresser tout au long de sa carrière. "Chez moi tout est prétexte à la compétition. J'adore ça. Dès que je peux, j'aime mettre de la compétition. Et peu importe ce que c'est, je joue pour gagner !" Thierry Omeyer est comme ça, très joueur et extrêmement compétiteur. Gardien de but en équipe de France depuis 1999, l'Alsacien s'y est imposé depuis de nombreuses années comme un titulaire indéboulonnable. Ses qualités principales ? L'anticipation, une technique supérieure à la moyenne et une parfaite connaissance de ses adversaires. Et puis il y a son fort caractère, sans lequel il n'aurait sans doute jamais été élu, en 2008, meilleur joueur mondial de l'année. En match comme à l'entraînement, et même dans la vie de tous les jours, «Titi» est habité par la hantise de perdre. Un sentiment qu'il déteste et qui en a fait un gros travailleur, toujours en quête de progression. Quand il encaisse un but, que ce soit avec son club de Kiel où il évolue depuis 2006 où sous le maillot de l'équipe de France, Omeyer peste, s'en prend à sa défense ou bien à lui-même. "Mais c'est valable pour tout, explique-t-il. Je n'aime pas perdre. Même quand je fais un tennis avec mon frère en vacances, je joue pour gagner ! Ça m'énerve sur le moment. Oui, on peut dire que je suis mauvais perdant." Son plus mauvais souvenir en tant que joueur, l'élimination en quarts de finale des Jeux 2004 face à la Russie. "Celle-là, je l'ai ruminée plusieurs jours, au moins une semaine je crois.""La compétition, elle me manquera..." Venu très tôt au handball, dès l'âge de 7 ans, à Cesson en Alsace, Omeyer a attendu cinq années avant de se décider à jouer gardien de but. "Le notre était mauvais et on perdait tous nos matches. Je ne supportais plus ça alors je me suis dit que ça ne pourrait pas être pire et qu'au moins on pourrait peut-être gagner de temps en temps. " S'il dit avoir "un peu appris à relativiser avec le temps", il a conservé cette haine de la défaite durant toute sa carrière. Champion olympique, double champion du monde, double champion d'Europe, trois fois vainqueur de la Ligue des Champions, son palmarès rendrait jaloux la quasi-totalité des handballeurs professionnels. Mais «Titi», qui pourrait bien rentrer à Montpellier d'ici un an ou deux, a encore faim. "Je ne me suis fixé aucune date pour arrêter à l'heure actuelle, prévient-il. Tant que je suis performant je ne me pose pas la question. Je sais que je suis plus proche de la fin que du début. Mais la compétition, elle me manquera..." En attendant, Omeyer a l'occasion en Suède de fournir plus encore son immense palmarès. Ce qui passe par une victoire devant la Suède vendredi en demi-finale du Mondial. "C'est une très bonne équipe qui monte en puissance, précise ce grand amateur de jeux de cartes, féru de poker bien avant que la mode ne s'en empare. On s'attend à un match difficile, avec un public à fond derrière eux. Ça va nous rappeler un peu la finale en Croatie il y a deux ans face au pays organisateur. Ce sera aussi très compliqué." «Titi» sera à 200%, ses partenaires le savent bien.