OL, l'humilité forcée

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OL, l'humilité forcée
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Trois ans que les Lyonnais n'ont rien gagné, et la disette pourrait bien perdurer. Comparé aux puissances que représentent le Losc et l'OM à ce jour, sans oublier un PSG considérablement renforcé, l'OL fait désormais figure d'outsider. Un statut dont s'accommode le club, lucide et réaliste quant à ses nouveaux moyens. "Humilité ne veut pas dire manque d'ambition", tempère cependant Rémi Garde, le successeur de Claude Puel.

Trois ans que les Lyonnais n'ont rien gagné, et la disette pourrait bien perdurer. Comparé aux puissances que représentent le Losc et l'OM à ce jour, sans oublier un PSG considérablement renforcé, l'OL fait désormais figure d'outsider. Un statut dont s'accommode le club, lucide et réaliste quant à ses nouveaux moyens. "Humilité ne veut pas dire manque d'ambition", tempère cependant Rémi Garde, le successeur de Claude Puel. LA SAISON DERNIÈRE Relégable après sept journées de championnat, lesté alors par une improbable série de quatre défaites pour deux nuls et une victoire, l'OL ne s'est jamais véritablement remis de ce faux départ la saison passée. Malgré un retour aux affaires à l'automne et un rebond certain lors de la seconde moitié de l'exercice 2010-2011, les Gones n'ont pu prétendre à meilleur sort que la troisième place finalement acquise. Sans un PSG essoufflé et incapable de remporter l'une de ses cinq dernières rencontres, Lyon aurait même pu finir hors du podium, sans le moindre avenir en Ligue des champions. Un constat qui a précipité le divorce entre le club rhodanien et son entraîneur Claude Puel. La bataille juridique entre les deux parties n'étant toujours pas réglée à ce jour... LE RECRUTEMENT Le faste des intersaisons passées n'est plus d'actualité à Lyon. Il y a deux ans, le président Aulas et ses collaborateurs avaient misé plus de 70 millions d'euros pour s'allouer les services des Lisandro Lopez, Bafétimbi Gomis, Michel Bastos et autre Aly Cissokho. L'an dernier, Yoann Gourcuff avait rejoint la capitale des Gaules pour 26,5 millions d'euros - bonus compris. Cette fois, en attendant le recrutement éventuel de l'Auxerrois Delvin N'Dinga, pas un centime n'a été versé. "Le club a décidé de changer de stratégie et s'est tourné vers les jeunes, notamment pour des raisons économiques, mais on a tout de même gardé une ossature car peu de joueurs sont également partis", explique Maxime Gonalons. "Il y aura moins de joueurs cette année. On va faire preuve d'ingéniosité. On est lucide, on sait qu'en matière de recrutement, on en a trop fait ces dernières années", confirme Jean-Michel Aulas, lequel souhaiterait dégraisser davantage après les départ de Toulalan, Delgado et Diakhaté. Cissokho et Bastos, notamment, ne sont plus en odeur de sainteté à Lyon mais "il n'y a pas d'indésirables dans le groupe et tous les joueurs s'investissent", assure Rémi Garde. LE JOUEUR A SUIVRE Acheté à Porto pour 24 millions d'euros plus bonus à l'été 2009, Lisandro Lopez s'est jusqu'alors montré à la hauteur du lourd investissement lyonnais. Auteur de 15 buts en L1 et sept en Ligue des champions lors de sa première année en France, l'ancien Dragon n'a pu conserver son trophée de meilleur joueur de l'élite la saison passée, limité dans son ascension par une série de blessures. Touché au talon d'Achille gauche l'été dernier, l'Argentin a considérablement manqué à ses partenaires si l'on observe le début de championnat calamiteux des Gones. Ses retours à la compétition ont d'ailleurs été autant d'embellies pour un OL qui a tout de même enregistré 17 buts de sa part lors du précédent exercice. Parfois apparu en désaccord complet avec Claude Puel, Lisandro Lopez devrait être la locomotive de l'OL sous les ordres de Rémi Garde. Il en est en tout cas la principale vedette au vu de l'effectif actuel. A moins que Yoann Gourcuff, pour l'heure blessé, ne justifie à son tour les millions misés sur son talent voilà un an. L'ENTRAINEUR Il est le symbole de l'OL nouveau, ce septuple champion de France déchu qui a décidé de puiser dans ses propres ressources pour repartir de l'avant après trois saisons blanches. Issu du sérail rhodanien, Rémi Garde, 45 ans, incarne la figure fédératrice que le président Aulas souhaitait promouvoir après l'échec de la méthode Puel et ses conséquences auprès du public de Gerland. "Je débute évidemment un métier que je n'ai jamais exercé mais je ne suis ni novice dans le foot ni novice ici, se défend l'intéressé à l'évocation de son expérience limitée. Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte dont le tour préliminaire de la Ligue des champions, où il conviendra de se qualifier." En froid avec son entraîneur précédent, Cris semble apprécier l'approche et le tact de son nouveau patron. "On a plus de liberté sur le terrain. Ça va mieux, dans le vestiaire on a plus de pouvoir. Le coach nous sollicite souvent pour avoir notre avis. Ce qu'il faut changer ou non. Ça commence bien. Le mélange entre les jeunes et les anciens peut fonctionner. C'est une nouvelle philosophie et on se sent bien", soufflait le défenseur brésilien récemment sur les ondes de RMC. L'OBJECTIF L'OL a moins de moyens que par le passé, et ses appétences s'en ressentent. "Cette saison, on sera plus humble d'une manière générale. On ne vous dira pas cette année qu'on veut être champion mais que l'on veut se qualifier pour la Ligue des champions", prévient d'emblée le président Aulas. "Humilité ne veut pas dire manque d'ambition", enchaine toutefois Rémi Garde, bien décidé à tirer le meilleur d'un groupe qui demeure de qualité. "On est toujours ambitieux, le club se doit d'être dans les trois premiers... Commençons déjà - contrairement à la saison passée - par bien démarrer le championnat, engranger de la confiance et amener le club là où on veut aller", conclut Maxime Gonalons. Bien démarrer cette saison, c'est également assurer sa place en Ligue des champions. Comme en 2000 contre Bratislava et en 2009 face à Anderlecht, Lyon doit en passer par les barrages pour rallier la C1. Il y a 12 ans, Maribor avait eu tôt fait de saper les ambitions rhodaniennes. LE PRONOSTIC DE LA REDAC "Après sept titres de champion, on partait toujours favoris. Là, on est un petit peu derrière Marseille, Lille et Paris, mais ce n'est pas grave. On va au contraire essayer de montrer à tout le monde qu'on a le potentiel pour finir aux trois premières places." A l'image de Maxime Gonalons, les Lyonnais ont pleinement conscience de l'adversité, mais n'en oublient pas moins leur propre valeur. Doté de cadres tels que Lisandro Lopez, Yoann Gourcuff, Cris ou Hugo Lloris, l'OL reste une équipe de tout premier plan, et pourrait bien tirer profit de son nouveau statut d'outsider. "Marseille, Lille, Paris se sont renforcés tandis qu'à Lyon, c'est le calme plat. C'est une bonne chose pour nous. Ça va nous laisser tranquilles pour travailler", estime Anthony Réveillère. Reste que le début de saison s'annonce corsé pour des Lyonnais qui devront en outre valider leur billet pour la Ligue des champions. Cela sans meneur de jeu puisque Gourcuff, Ederson et Pjanic sont sur le flanc. Après trois saisons blanches, les Gones n'ont plus forcément les moyens de leurs ambitions. Le titre, à ce jour, leur semble inaccessible.