Ogier d'un souffle

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Ogier d'un souffle
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Quel suspense ! Alors que Jari-Matti Latvala avait profité de sa position en embuscade pour refaire son retard samedi et passer en tête après l'avant-dernière spéciale, Sébastien Ogier l'a finalement devancé de deux dixièmes de seconde après le dernier scratch de 10 kilomètres. Le Gapençais remporte sa deuxième victoire de la saison, se plaçant un peu plus en concurrent sérieux de Loeb, troisième et désormais en tête du championnat du monde.

Quel suspense ! Alors que Jari-Matti Latvala avait profité de sa position en embuscade pour refaire son retard samedi et passer en tête après l'avant-dernière spéciale, Sébastien Ogier l'a finalement devancé de deux dixièmes de seconde après le dernier scratch de 10 kilomètres. Le Gapençais remporte sa deuxième victoire de la saison, se plaçant un peu plus en concurrent sérieux de Loeb, troisième et désormais en tête du championnat du monde. Une démonstration de sang-froid ! Voilà ce qu'a montré Sébastien Ogier ce samedi sur les pistes de Jordanie. Un mois après son raté mexicain - où en tête lors de la dernière journée, il avait craqué sous la pression de Loeb en abandonnant suite à une sortie de route - , le Gapençais a confirmé ses grands progrès et un peu plus démontré qu'il était désormais un pilote redoutable sur terre, sa surface de prédilection. En tête vendredi soir, l'ancien pilote du Junior Team Citroën semblait promis à bien des souffrances, contraint d'ouvrir la route et donc de perdre de précieuses secondes à balayer les pistes jordaniennes avant le passage de ses rivaux. Loeb, en embuscade, paraissait ainsi idéalement placé. L'Alsacien avait pourtant concédé plus de 30 secondes lors de la première journée du rallye. Une épreuve, la quatrième du championnat WRC, qui s'était transformée en sprint après l'annulation des spéciales de jeudi en raison du retard accumulé par le bateau devant acheminer les camions d'écuries jusqu'au bord de la mer Morte. Loeb lâche prise et gère Mais le septuple champion du monde semblait confiant, lâchant le soir cet aveu lourd de sens: "C'est par stratégie." Il faut dire que l'exemple d'Hirvonen avait de quoi donner des sueurs froides à Ogier. Leader du championnat du monde, le Finlandais avait souffert le martyr vendredi, balayant la piste et ses espoirs de victoire. En l'espace de 145 kilomètres, le Finlandais avait perdu deux minutes et trente secondes sur Ogier. Pourtant, le retour annoncé ne fut pas celui de Loeb mais l'oeuvre de la Fiesta d'un Latvala déchaîné. Grappillant seconde après seconde, le Finlandais enfonce le clou sur les spéciales 17 à 19 toutes remportées, prenant le commandement pour cinq dixièmes de seconde après avoir déposé Loeb dès l'ES 15. A l'expérience, et constatant le retard d'Hirvonen, l'Alsacien laisse les deux s'écharper, se contentant d'une troisième place lui assurant le commandement du championnat du monde. Le septuple champion du monde se met à gérer, observant à distance le fabuleux duel entre ses deux rivaux. Quatre pilotes en huit points La dernière spéciale, dite "Power Stage" pour ses points supplémentaires attribués au championnat, se transforme donc en véritable Grand Prix. Avec cinq dixièmes de seconde d'avance, Latvala est contraint d'attaquer jusqu'au bout mais se voit devancé par Hirvonen. Comme au temps des plus grands duels entre Gronholm et Loeb, le Finlandais patiente fébrilement devant les télévisions. Avant de devoir se résoudre à l'évidence: pour deux petits dixièmes de seconde aux termes de près de trois heures cumulés de course, Ogier s'impose et lui vole la vedette. Le Gapençais remporte son deuxième rallye consécutif après le Portugal et se replace au classement. Avec 69 points, le jeune Français se replace à cinq points de la tête, désormais occupée par Loeb et à trois d'Hirvonen, deuxième. Latvala suit à huit points du leader. Le duel entre Fiesta et DS3 se poursuit donc avec désormais la Sardaigne au programme. Toujours sur terre...