Nicollin la joue modeste

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Nicollin la joue modeste
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Auteur d'une première partie de saison remarquable en Ligue 1, Montpellier passera les fêtes de fin d'année dans la position de dauphin du PSG. Une situation qui plaît forcément à Louis Nicollin, même si ce dernier regrette, dans un entretien accordé à l'agence Reuters, les points perdus en décembre. Pas de quoi inquiéter outre-mesure le truculent président héraultais, qui indique "s'en battre les rouflaquettes" du titre de champion d'automne.

Auteur d'une première partie de saison remarquable en Ligue 1, Montpellier passera les fêtes de fin d'année dans la position de dauphin du PSG. Une situation qui plaît forcément à Louis Nicollin, même si ce dernier regrette, dans un entretien accordé à l'agence Reuters, les points perdus en décembre. Pas de quoi inquiéter outre-mesure le truculent président héraultais, qui indique "s'en battre les rouflaquettes" du titre de champion d'automne. Qui pouvait s'attendre, en début de saison, à voir Montpellier talonner à la trêve le PSG en tête de la Ligue 1 ? Si les favoris ont plutôt répondu présent dans cette première partie de saison, à l'image du club de la capitale, mais aussi de Lille, Lyon, voire Rennes et même l'OM, qui s'est bien repris, le club héraultais fait un peu figure d'exception parmi les cinq premiers du championnat. Une situation qui n'est pas pour déplaire à Louis Nicollin, fier du parcours de ses protégés, malgré deux défaites subies face à Valenciennes (0-1) et Evian-Thonon (2-4) lors de leurs trois derniers matches. "C'est vrai que deux matches me restent un peu en travers de la gorge, Valenciennes et Evian. Mais finir deuxième devant Lyon, Lille, Marseille, je trouve que c'est bien. Les joueurs nous ont trop bien habitués. Pour Noël, on a eu un beau jouet et ils sont en train de nous le casser connement. Il faut en vouloir en football, il ne faut pas se croire supérieur", prévient ainsi ce dernier dans une interview accordée à Reuters. Le titre de champion d'automne laissé au profit du PSG ? Cela ne gêne pas du tout "Loulou": "Champion d'automne, je m'en bats les rouflaquettes. Je préfère gagner la Coupe de France. Terminer sixième ou septième et gagner la Coupe de France, là, je suis heureux". Une deuxième place avant la trêve qui permet au MHSC d'être plus serein selon son médiatique dirigeant: "Vous savez quand vous êtes premier ou deuxième, c'est toujours une souffrance. Vous savez que vous ne serez pas champion de France, mais dans votre for intérieur, vous vous dîtes, on ne sait jamais, on peut faire ceci, on peut faire cela, vous avez un stress terrible. D'avoir perdu contre Evian, je ne dis pas que je suis content, mais au moins on n'a plus le stress, on est deuxième, on va peut-être passer troisième bientôt, tout va bien, cela me va comme ça". "Si j'ai les moyens de Paris, je suis sûr d'être champion" Souvent à l'aise dans le rôle de David qui terrasse Goliath, Montpellier préfère ainsi la jouer modeste et clame haut et fort ne pas jouer le titre: "Ceux qui ont rêvé du titre, tant mieux pour eux. Il y a des gens à 40 ans qui croient encore au Père Noël. Il faut avoir les pieds sur terre et savoir que c'est impossible avec le onzième budget de France d'être premier toute la saison. Ou alors, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le football", indique ainsi Nicollin, qui profite de l'occasion pour glisser un petit mot à propos du PSG: "Moi, si j'ai les moyens de Paris, je suis sûr d'être champion de France. Il n'y a aucun problème, ce n'est pas difficile, avec les moyens. Il ne faut surtout pas se tromper de recrutement, mais quand tu as les sous, tu ne te trompes pas". Au jeu des pronostics, Louis Nicollin ne voit d'ailleurs pas son club sur le podium: "Il y a un club que je vois bien revenir, c'est Lyon. Je trouve cette équipe saine, entre des stars et de jeunes joueurs. Ils puisent enfin dans le centre de formation, je trouve que c'est bien. Marseille, ils finiront dans les trois premiers sans problème. Il ne faut peut-être pas oublier les Lillois, car je pense que Rudi Garcia est un bon entraîneur. Enfin, avec Paris, les quatre seront là, c'est certain". En plus de moyens limités, le président montpelliérain fustige le manque d'un réel engouement de la part du public qui pourrait permettre au club de la Paillade de franchir un nouveau cap: "Je ne pense pas (que Montpellier finira sur le podium), et puis je ne sais pas si Montpellier le mérite. Ce n'est pas une ville de football, ils ne viennent pas nombreux au stade. Montpellier est une ville sportive, il y a beaucoup de disciplines qui flambent, tant mieux. Mais pour qu'ils viennent au stade, il faudrait que ce soit gratuit. Si on fait gratuit, ils seraient 30 000 à la Mosson chaque week-end. Mais on sait qu'on ne pourra pas se payer Beckham, voilà, ce n'est pas grave", conclut un Nicollin réaliste, mais qui garde sans doute dans un coin de sa tête le rêve de finir sur le podium au nez et à la barbe des cadors du championnat.