Nasri en (re)conquête

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Nasri en (re)conquête
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Après trois saisons à Arsenal, Samir Nasri a choisi de quitter le club qui l'a lancé en Premier League pour Manchester City, géant du Royaume en devenir. Pris pour cible par les supporters des Gunners, l'ancien Marseillais clame son ambition à la veille de faire ses premiers pas avec les Citizens, face à Tottenham dimanche. Nasri a l'intention de continuer à grandir, et de garnir sa vitrine de trophées. A lui de prouver.

Après trois saisons à Arsenal, Samir Nasri a choisi de quitter le club qui l'a lancé en Premier League pour Manchester City, géant du Royaume en devenir. Pris pour cible par les supporters des Gunners, l'ancien Marseillais clame son ambition à la veille de faire ses premiers pas avec les Citizens, face à Tottenham dimanche. Nasri a l'intention de continuer à grandir, et de garnir sa vitrine de trophées. A lui de prouver. Par une simple phrase, balancée sur son compte Twitter, Emmanuel Frimpong a résumé toute la rancoeur qui anime les supporters d'Arsenal à l'égard de Samir Nasri. "L'Argent est la racine de tout mal", avait pianoté le jeune milieu des Gunners qui, comme bon nombre d'amoureux du club londonien, n'a pas digéré le départ du meneur de jeu des Bleus vers Manchester City. Il est reproché à Nasri d'avoir tourné le dos au club qui l'a fait grandir en Premier League, en refusant la prolongation offerte par Arsène Wenger, forçant ainsi le manager des Canonniers à laisser filer un deuxième joueur majeur cet été après Fabregas. L'Espagnol a été pardonné, lui, car il rejoint son club de coeur, le Barça. En optant pour le richissime Manchester City, Nasri s'est immédiatement attiré une réputation de mercenaire, en même temps qu'une sorte de devoir de rachat. L'intéressé, pourtant, se défend de toute intention vénale. "Je gagne bien ma vie, c'est vrai. Mais j'arrive à un tournant de ma carrière, et il était important d'aller dans un club à la hauteur de mes ambitions", jure Nasri dans les colonnes de L'Equipe. Alors croyons-le. Après tout, il n'y a pas de régression mathématique à quitter le 4e de Premier League de la saison passée pour le 3e. Nasri le clame, il souffre du même mal que son ancien club: le manque de métal. Des trophées, c'est ce que l'ancien Marseillais est venu chercher en rejoignant le dernier vainqueur de la FA Cup, peut-être le rival le plus sérieux de Manchester United dans la course au titre de champion d'Angleterre. "C'est le club du futur, assure Nasri, interrogé par Canal+. C'est un défi personnel, parce qu'il y a énormément de monde dans cette équipe. Je viens pour nourrir mon ambition, écrire une histoire." Cette soif de conquêtes, d'aventure, c'est ce qui a poussé le Français à choisir d'accompagner la progression de City, plutôt que de rejoindre le voisin United, le club le plus prolifique du Royaume. "Je préfère écrire l'histoire d'un club, plutôt que d'être un joueur parmi les autres", dit-il. Mais un double défi se présente à Nasri: avant de mener City à la conquête de tous les trophées possibles, l'ancien Gunner doit d'abord se faire une place au sein de l'effectif gargantuesque des Skyblues. "Wenger a convaincu Nasri qu'il avait tout ce qu'il fallait pour devenir le meilleur joueur du monde" "S'il a signé à City, c'est pour jouer. S'il est performant, il jouera, a résumé Laurent Blanc, pas mécontent du choix de son meneur de jeu. Être ambitieux dans la vie, c'est très bien. Il s'offre un nouveau challenge, je pense qu'il a la capacité de le relever." "Samir est un joueur fantastique, appuie Roberto Mancini, le manager des Citizens. Je le connais depuis Marseille. Quand j'étais à l'Inter, je voulais déjà le recruter. Cela fait maintenant cinq ans que je le suis. Depuis son passage en Premier League, il a en plus beaucoup progressé. C'est vraiment un joueur de classe mondiale." Le genre de joueur dont City ne manque pourtant pas. Sergio Agüero, David Silva, Gareth Barry, James Milner... Aux côtés de pléthore d'internationaux, Nasri va devoir se faire une place. Il s'est clairement mis en danger. Mais à l'entendre, il a hâte d'en découdre. "La concurrence permet de se surpasser, de se remettre en question, de ne pas s'enfermer dans un confort", assure celui qui a été élu l'an passé dans le onze-type de la Premier League. Mancini, lui, se réjouit de la polyvalence de sa nouvelle recrue. "Je pense que c'est un joueur comme David Silva, à la différence que Samir peut jouer plus reculé dans l'entrejeu. Ils peuvent jouer tous les deux ensemble, l'un à gauche l'autre à droite, même s'ils ne sont pas ailiers", a expliqué l'Italien sur le site de Manchester City. Cette adaptabilité, Nasri la doit à son intelligence de jeu, selon Gilles Grimandi. Dans une interview accordée en mars dernier à la BBC, l'oeil d'Arsenal en France avait dressé un portrait élogieux de celui qui était alors le maître à jouer des Gunners, avec Fabregas. "Un étudiant du football", c'est en ces termes que Grimandi avait défini Nasri, boulimique de ballon rond à la télévision, louant "l'intelligence, la passion et le caractère" du joueur, en plus de son talent. Grimandi voit d'ailleurs en son ancien protégé un potentiel énorme, et remarque que celui-ci progresse chaque saison, par paliers. A Arsenal, "Wenger a convaincu Nasri qu'il avait tout ce qu'il fallait pour devenir le meilleur joueur du monde", raconte l'ancien Monégasque. Le nouveau n°19 de City n'en est pas là. Il a encore beaucoup à prouver, et il a choisi son nouveau terrain de jeu pour le faire. Y arrivera-t-il ? L'avenir le dira. Mais comme l'a dit Laurent Blanc, Nasri a désormais les cartes en mains.