Naples, "Italian Psycho"

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Naples, "Italian Psycho"
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Cinquième de Serie A avant ce week-end et la réception du leader turinois, Naples cultive son côté Docteur Jekyll et Mister Hyde en montrant son meilleur visage dans les grands rendez-vous, pour mieux perdre la face contre les équipes supposées inférieures. Une double personnalité que personne en Campanie ne parvient à expliquer et qui plombe les chances napolitaines de remporter le prochain Scudetto.

Cinquième de Serie A avant ce week-end et la réception du leader turinois, Naples cultive son côté Docteur Jekyll et Mister Hyde en montrant son meilleur visage dans les grands rendez-vous, pour mieux perdre la face contre les équipes supposées inférieures. Une double personnalité que personne en Campanie ne parvient à expliquer et qui plombe les chances napolitaines de remporter le prochain Scudetto. A l'image du héros du best-seller de Bret Easton Ellis, Naples est un dangereux psychopathe. Dangereux car imprévisible. De ceux qui ont tout pour réussir -héritage culturel, foi des fans, talent incontesté- mais dont on ne saisit pas bien les pulsions destructrices. Un dédoublement de la personnalité que Freud et ses disciples définissent comme un "trouble dissociatif de l'identité" et qui pourrait bien être le thème des prochaines lectures de Walter Mazzarri. Car le bouillant Toscan, que beaucoup disent déjà possédé par ses fonctions d'éducateur, ne parvient pas à fournir une interprétation du mal qui ronge son équipe depuis le début de saison. Comment expliquer en effet les brillantes victoires contre l'AC Milan (3-1), l'Inter Milan (3-1) ou l'Udinese (2-0) et les piètres performances contre le Chievo Verone (0-1), Parme (1-2) ou le week-end dernier face à Catane (1-2) ? Mystère et suspense. C'est d'autant plus surprenant que le Napoli avait perdu l'an passé la grande majorité de ses confrontations directes, validant sa troisième place finale grâce à ses larges succès contre des équipes plus modestes. Depuis la reprise, les rôles sont inversés, comme si Mister Hyde avait fini par prendre le dessus sur Docteur Jekyll, sans pour autant avoir changé la formule de sa came. Ou presque. Cavani montre l'exemple Car si les recettes sont les mêmes, l'effectif ayant été renforcé par les arrivées de Dzemaili, Inler et Pandev dans l'atypique 3-4-2-1 du sorcier, la préparation a pris une toute autre consistance avec la participation à la Ligue des champions. "L'an dernier, en Ligue Europa, j'ai fait du turn-over, maintenant la priorité c'est la C1", jurait Mazzarri au cours du mois d'octobre. Ainsi contre Catane, qui n'est pas vraiment le perdreau de l'année, l'entraîneur des Partenopei avait préservé Maggio et Hamsik en vue du match retour contre le Bayern. Double effet kiss-cool pas vraiment garanti. Car, cette schizophrénie chronique peut également se manifester d'une mi-temps à l'autre. Comme à Munich cette semaine où les Azzurri n'ont pas vu le jour pendant 44 minutes avant de redevenir cette équipe déjantée et de prendre d'assaut la surface bavaroise. Une rébellion insuffisante pour faire basculer la rencontre (défaite 3-2) et qui valide bien le degré bien avancé de cette névrose, reproduite dans les situations d'urgence comme signal d'alarme. Alors, Naples serait-il bon pour un ravalement de façade au prochain mercato ou pour des séances collectives sur le divan ? Les deux, mon capitaine ! En attendant l'ouverture de la pêche au gros, Edinson Cavani s'essaie à la psychologie inversée en préparant les grands rendez-vous dans la peau d'un gardien de but, séances d'entraînement à l'appui. Mais le buteur uruguayen n'est pas encore suivi par ses camarades de jeu qui préfèrent perfectionner leurs gammes sur le dernier FIFA. Bien installés dans leur divan. C'est toujours ça...