Nallet, son dernier combat

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Nallet, son dernier combat
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D'un capitaine à l'autre, notre site poursuit sa série de portraits des joueurs de l'équipe de France, sélectionnés pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Prédécesseur de Thierry Dusautoir au capitanat des Bleus dans l'ère Lièvremont, Lionel Nallet, à presque 35 ans, vit sa dernière grande aventure en sélection. Quatre ans après une première expérience en Coupe du monde tout en frustration.

D'un capitaine à l'autre, notre site poursuit sa série de portraits des joueurs de l'équipe de France, sélectionnés pour la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Prédécesseur de Thierry Dusautoir au capitanat des Bleus dans l'ère Lièvremont, Lionel Nallet, à presque 35 ans, vit sa dernière grande aventure en sélection. Quatre ans après une première expérience en Coupe du monde tout en frustration. Soulagé Lionel Nallet qui, du haut de ses presque 35 printemps, a accueilli avec enthousiasme le retour en sélection de Sylvain Marconnet qu'il surnomme, dans un sourire "le Vieux". "J'en profite, je suis content qu'il soit là parce qu'il est un peu plus âgé que moi de quelques mois et je ne suis plus le doyen de l'équipe de France", avouait le deuxième ligne dans un grand éclat de rire l'hiver dernier, en plein Tournoi. Nallet le sait, sa carrière en bleu touche à sa fin. Le voilà au bout de ce chemin qu'il débuta au tournant du nouveau millénaire, en 2000, à Bucarest, dans le quasi anonymat d'un match au score fleuve face à la Roumanie. Une décennie de combats menés avec l'équipe de France plus tard et le Bressan rêve d'un final en apothéose. Sa deuxième Coupe du monde sera la dernière, c'est là sa seule certitude. Car Nallet a tout vécu en sélection. Ses débuts sont en trompe-l'oeil, qui lui valent d'être cantonné à un statut d'éternel espoir quand son potentiel ne fait guère de doutes. Nallet, comme sur le terrain, où il excelle dans les obscurs combats d'avants, reste dans l'ombre des tauliers de la "cage", ce poste de deuxième ligne, dont les Pelous, Auradou et autres Brouzet restent les références sans que le Berjallien ne trouble cette hiérarchie dans laquelle un Jérôme Thion parvient pourtant à se faire une place. Le Biarrot vit en 2003 sa première Coupe du monde que Nallet regarde à la télévision. Un échec qui le pousse à créer un électrochoc et à quitter son cocon berjallien pour Castres, en même temps qu'il s'astreint à un régime sévère. Un pari gagnant qui lui vaut, après une éclipse de deux ans, de séduire enfin Bernard Laporte en 2005. La cicatrice de 2007 Une reconnaissance tardive, à bientôt 30 ans, qui lui permet de s'affirmer, malgré les réticences persistantes de Laporte à son égard, au cours du Tournoi 2007 et à l'approche de la Coupe du monde en France, dont on pense qu'elle peut le consacrer enfin en pleine lumière. Mais l'attelage Pelous-Thion garde la main. Pis encore, son compère Sébastien Chabal, élu nouvelle star mondiale, vient le devancer en deuxième ligne, selon l'inspiration de "Bernie", et le renvoie à un statut de... quatrième choix. Une injustice notoire, tant il domine son sujet, qui le laisse pourtant de marbre. Pas du genre à ruer dans les brancards, Nallet encaisse et accueille son titre de "meilleur international français de l'année" comme une promesse d'avenir. Un comportement exemplaire que sait reconnaître en 2008 Marc Lièvremont, jeune sélectionneur, qui en fait son premier capitaine. Loin des grands discours ou des coups de gueule à répétition, Nallet, c'est d'abord la force de l'exemple sur le terrain, qui enchaîne quinze matchs pour quinze titularisations et quinze capitanats jusqu'à ce que son corps, qu'il ne ménage jamais, réclame en 2009 un break. L'heure a sonné du jeune Dusautoir, dont la première expérience tourne au coup de maître avec une victoire historique en Nouvelle-Zéldande. Egal à lui-même, Nallet s'éclipse devant cet héritier, aussi taiseux que lui, mais se garde bien, là où certains se seraient aigris, de renoncer à ses ambitions. Le Castrais, devenu Racingman en même temps que le fidèle Chabal, reste ce leader discret et ce cadre incontournable en sélection capable d'enchaîner 30 des 36 derniers matches avec les Bleus (dont 29 titularisations). Capitaine épanoui d'un club avec lequel il espère accrocher ce Brennus, qui lui fait défaut, Nallet savoure d'autant plus cette plénitude vécue sur le tard. Un état qui ne l'empêche pas de se remettre en cause, même à 35 ans, lorsqu'il vient reconnaître devant la presse, au lendemain du revers historique (22-21) des Bleus en Italie dans le dernier Tournoi s'être trompé et pris pour un autre dans sa préparation du match. Des paroles rares qu'il ne manque pas, fidèle à lui-même, de mettre en accord avec ses actes une semaine plus tard face aux Gallois, auteur d'un doublé qui l'est tout autant. Ainsi va Nallet...