Nallet: "On a du potentiel"

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Nallet: "On a du potentiel"
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Très critique sur sa prestation du week-end dernier en Italie, Lionel Nallet, qui s'est reproché de s'être menti à lui-même et de s'être trompé dans l'approche du match, s'est rattrapé samedi contre le Pays de Galles. Très présent dans le combat, le deuxième-ligne tricolore s'est offert deux essais personnels. Mais l'essentiel est ailleurs pour lui, dans la capacité de cette équipe à réagir collectivement.

Très critique sur sa prestation du week-end dernier en Italie, Lionel Nallet, qui s'est reproché de s'être menti à lui-même et de s'être trompé dans l'approche du match, s'est rattrapé samedi contre le Pays de Galles. Très présent dans le combat, le deuxième-ligne tricolore s'est offert deux essais personnels. Mais l'essentiel est ailleurs pour lui, dans la capacité de cette équipe à réagir collectivement. Quel sentiment vous anime à l'issue de cette victoire ? Je suis content parce qu'on a mis les choses à l'endroit, comme il faut. On a démarré le match avec l'envie de combattre, de les agresser. C'était le plus important. Avez-vous le sentiment d'avoir honoré le pacte que vous aviez scellé cette semaine entre vous, joueurs et staff ? Le pacte, c'était de gagner, c'était de mettre beaucoup d'implication, beaucoup d'envie. De ce point de vue-là, le contrat est rempli. Soulagé ? Oui. On est soulagé d'avoir su rebondir suite à l'Italie. Après, il faut qu'on arrive à garder cette constance et ne pas avoir toujours besoin d'une grande claque pour réagir. Avez-vous douté de votre capacité à réagir en équipe ? Non. Après un match comme celui contre l'Italie, dès lundi, je crois que tout le monde a compris qu'il n'y avait plus besoin de parler de l'envie, etc. On a tous vu qu'on allait y être. Il n'y a pas eu de discours cette semaine et avant le match sur la notion de combat ou de détermination. "Je n'oublie pas qu'il y a six joueurs qui ont ramassé pour la connerie de tout le monde" Avez-vous évoqué entre vous les six joueurs qui étaient sortis du groupe ? Non, il n'y a pas eu spécialement de mots. Aujourd'hui, on gagne. Mais je n'oublie pas qu'il y a six joueurs qui ont ramassé pour la connerie de tout le monde. Et j'ai une pensée pour eux. Parce que beaucoup de joueurs auraient pu faire partie de ces six-là. Racontez-nous votre premier essai. Il y a un Gallois qui veut relancer. Je ne sais pas qui le plaque chez nous. Leur soutien va au-delà du ballon. C'est libre... Je peux ramasser le ballon. Je ne vois personne arriver. Je regarde un petit coup l'arbitre. Je ne vois rien. Sur le coup, je me dis qu'il avait sifflé. Après, je vois Phillips qui essaie de défendre entre François (Trinh-Duc) et moi. Soit je faisais la passe tout de suite, soit c'était trop tard. Aviez-vous déjà réussi un doublé ? Non. Ça m'était déjà arrivé contre la Namibie en Coupe du monde (87-10 en 2007 avec 13 essais français, ndlr). Mais je crois que c'est un peu près tout... Vous qui regrettiez d'avoir rêvé avant l'Italie, vous avez finalement prolongé ce rêve ? Non, non. Je m'étais projeté dans le combat. Le fait d'y être, d'avoir l'envie d'avancer, fait qu'on est présent sur les bons coups aussi. Je n'ai jamais spécialement douté. Mais pour faire ça, il faut passer par les phases de combat avant. "Il y avait vraiment l'envie de ne rien lâcher, de ne pas se prendre d'essai" Ce match contre l'Italie vous a marqué... Oui, ça m'a marqué et ça me marque encore. Il y a de la joie aujourd'hui (samedi) mais j'ai encore ce match de l'Italie en tête. Il y a des matches qui ne s'effacent pas. Et celui-là, rien ne l'effacera. On a perdu. C'est fait. On ne peut pas revenir en arrière. Mais il faut qu'on le garde à l'esprit pour les prochaines échéances, de manière à ce que cela ne se reproduise plus. Quel est le niveau de cette équipe par rapport à l'année dernière ? Quand on est présent dans le combat, il est le même que l'année dernière. Aujourd'hui, on s'est retrouvé en défense. Mais c'est tellement plus facile des matches comme celui-là quand tout le monde est présent. On s'est fait trouer deux ou trois fois mais il y a toujours eu un joueur pour revenir. Il y avait vraiment l'envie de ne rien lâcher, de ne pas se prendre d'essai. L'état d'esprit général de l'équipe faisait que sur ce genre de match-là on ne risquait pas grand-chose. Quelle signification donner à cette deuxième place dans le Tournoi ? Pas grand-chose... C'est toujours mieux de finir deuxièmes que d'avoir une cuillère de bois. Mais j'ai encore ce match de l'Italie en bouche... Finalement, ça ne me rend pas spécialement heureux de finir second. Ça reste une note positive... Oui. Mais on le sait, quand tout le monde est motivé, on a du potentiel, on est capable de faire des choses bien. Quand on est présent, on sait qu'on est capable d'embêter pas mal d'équipes.