Nadal, en cinq !

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Nadal, en cinq !
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Pour la première fois de sa carrière à Roland-Garros, Rafael Nadal a disputé cinq sets. Il l'a aussi emporté, ce qui demeure l'essentiel, mais l'Espagnol a lutté quatre heures pour éliminer John Isner au 1er tour, mardi. L'Américain s'est adjugé deux tie-breaks (6-4, 6-7, 6-7, 6-2, 6-4), sans toutefois parvenir à signer l'un des plus retentissants exploits de l'histoire du tournoi.

Pour la première fois de sa carrière à Roland-Garros, Rafael Nadal a disputé cinq sets. Il l'a aussi emporté, ce qui demeure l'essentiel, mais l'Espagnol a lutté quatre heures pour éliminer John Isner au 1er tour, mardi. L'Américain s'est adjugé deux tie-breaks (6-4, 6-7, 6-7, 6-2, 6-4), sans toutefois parvenir à signer l'un des plus retentissants exploits de l'histoire du tournoi. Et aussi: Garcia, la fraîcheur gagnante Razzano: "Je dois me reconstruire" Ivanovic: "Très en colère" Clijsters, cinq ans après Nadal: "J'ai fait pire que ça" "Isner, c'est le genre de joueurs qu'on n'aime pas rencontrer dans un premier tour." Rafael Nadal avait raison de se méfier. Alors que Novak Djokovic et Roger Federer, deux de ses grands rivaux présumés, ont passé sans encombre leur premier test à Roland-Garros - contre le Néerlandais Thiemo De Bakker et l'Espagnol Feliciano Lopez respectivement - le n°1 mondial, lui, s'est payé une entrée en matière corsée, directement dans le vif du sujet. Face à un adversaire sans grande référence terrienne, le Majorquin a dû s'employer quatre heures durant pour faire respecter la logique de la hiérarchie. Arrivé Porte d'Auteuil avec quelques doutes dans la besace, ébranlé dans ses certitudes d'extra-terrien par ses deux revers contre Novak Djokovic, en finales des tournois de Madrid et de Rome, Rafael Nadal ne s'est pas rassuré dans son jardin parisien, là où il brigue cette année une sixième couronne pour rejoindre Björn Borg dans la légende locale. Il faut dire que John Isner, du haut de son double-mètre 06, ne l'a pas épargné en le contraignant à un premier tour en cinq actes. Un affront qu'il n'avait jamais eu à laver, pas même lors de son tout premier match ici en 2005 face à l'Allemand Lars Burgsmuller. Plus constant dans l'échange, Nadal réalise pourtant un premier set de bonne facture. Profitant du réglage de mire de l'Américain, coupable alors de 13 fautes directes, l'Espagnol n'a beau convertir qu'une de ses cinq balles de break, celle-ci lui permet d'empocher la manche sans trop suer (6-4). Une dynamique qui semble se confirmer tandis que le tenant du trophée chipe la première mise en jeu de son adversaire dans le deuxième set. Break que la rafale de Manacor tient jusqu'à 4-3, avant de subir les ravages du bras droit de la tour de contrôle de Greensboro. "Un peu trop nerveux" Plus question de break dès lors, John Isner enchaine les coups de boutoir pour pousser Rafael Nadal au tie-break, deux fois, et ainsi prendre les devants au tableau d'affichage. N'hésitant pas à aller chercher ses points au filet (43 dans ce match), celui qui n'a ici jamais dépassé le troisième tour surclasse littéralement son opposant dans l'exercice (6-7[2], 6-7[2]). Au point que l'improbable - un défaite inédite du Majorquin dans un premier tour de Grand Chelem, la seconde sur ces courts de la Porte d'Auteuil après le crime de lèse-majesté de Robin Söderling en 2009 - commence à gagner les esprits dans les travées du court central. Tout juste vainqueur de trois matches cette saison sur terre battue (deux à Houston, un à Madrid, pour deux éliminations précoces à Belgrade et Rome), Isner, pourtant, laisse passer sa chance de se faire un nom dans le tournoi des Mousquetaires. Piqué au vif, s'accommodant enfin des lourdes et longues balles de l'Américain, Nadal reprend d'entrée la mise en jeu adverse pour se relancer, réitérant la performance à 4-2 pour égaliser à deux partout (6-2). Dans le cinquième et dernier set, le métronome espagnol inflige la même punition à un colosse de Caroline du Nord sur les rotules: un break initial qu'il parvient à tenir jusqu'au bout, arrachant la victoire sur une 58e faute adverse (6-4). "J'étais peut-être un peu trop nerveux. Il y a avait beaucoup de pression car ça a été un match très serré. Mais c'est vraiment une belle victoire pour moi aujourd'hui", réagissait le rescapé à sa sortie du court, harassé mais soulagé. Son prochain défi en perspective, contre son compatriote Pablo Andujar, devrait être moins éprouvant...