Nadal au bout de lui-même

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Nadal au bout de lui-même
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Il a certes remporté toutes les levées du Grand Chelem mais Rafael Nadal a toujours, à 24 ans, un appétit d'ogre. Jamais à son avantage au Masters avant d'arriver cette semaine à Londres, l'Espagnol y disputera dimanche sa première finale. En demie, le n°1 mondial a eu Andy Murray à l'usure au terme d'un marathon de 3h11 (7-6, 3-6, 7-6). Le Majorquin attend désormais le vainqueur du match du soir entre Federer et Djokovic.

Il a certes remporté toutes les levées du Grand Chelem mais Rafael Nadal a toujours, à 24 ans, un appétit d'ogre. Jamais à son avantage au Masters avant d'arriver cette semaine à Londres, l'Espagnol y disputera dimanche sa première finale. En demie, le n°1 mondial a eu Andy Murray à l'usure au terme d'un marathon de 3h11 (7-6, 3-6, 7-6). Rafael Nadal a fait du...Rafael Nadal. L'Espagnol a remporté samedi une demi-finale au scénario hitchcockien qu'il a su, comme souvent dans pareil cas, faire tourner en sa faveur. Contre le chouchou du public londonien, un Andy Murray accrocheur comme à ses plus belles heures, le prodige de Majorque a mis 3h11 à obtenir son sésame, un billet pour sa première finale au Masters. A 24 ans, après une saison phénoménale qui l'a vu s'adjuger trois des quatre levées du Grand Chelem (Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open), le n°1 mondial aura l'occasion dimanche d'apporter un nouveau titre prestigieux à un palmarès qui ne cesse de s'enrichir. Murray, le malheureux, y aura pourtant cru. Malgré la perte de la première manche, sans démériter à l'issue d'un tie-break mieux négocié par Nadal (7-6 [5]), le n°5 mondial, qui récupèrera le quatrième fauteuil dès lundi, a réagi en champion. Après un court passage à vide au début du deuxième set, et deux balles de break écartées dès le deuxième jeu, le Britannique s'est rebellé au point de renverser en l'espace de quelques jeux, de 2-3 à 6-3, la tendance de ce 13e affrontement sur le grand circuit entre les deux jeunes hommes. Alors étouffé par les grandes frappes de balle de l'Ecossais, Nadal semblait avoir perdu le fil alors que l'horloge indiquait déjà les deux heures de jeu à l'entame de la manche décisive. Murray ne veut pas céder... Murray semblait alors posséder un léger ascendant mais Nadal, en dictant de nouveau la cadence dans l'échange, faisait vite retomber l'enthousiasme d'une O2 Arena en apnée devant les longs rallyes proposés par les deux joueurs. En breakant la première fois son rival pour mener 3-1, puis 5-3, l'Espagnol était lancé comme une balle vers la finale. A 5-3, sur le service de l'Ecossais, il se procurait même une balle de match qu'il négociait mal en envoyant une frappe de coup droit hors des limites. Une occasion manquée qui aurait pu avoir des conséquences terribles pour le gaucher de Manacor qui coinçait dans le jeu suivant pour conclure et se retrouvait ainsi pousser dans un nouveau tie-break. Un jeu décisif que Murray, très efficace au service (22 aces à 6), engageait de la plus belle des manières en glanant les trois premiers points. Mais Nadal, toujours aussi fort dans ces moments-clés, revenait point par point pour, à l'issue d'un rallye qui voyait l'Ecossais finir les quatre fers en l'air, se procurer une deuxième balle de finale à 6 points à 5. Ce fut encore raté pour l'Ibère qui, en revanche, ne laissait pas passer l'occasion deux points plus tard en plantant une ultime banderille sur une merveille de coup droit décroisé (7-6 [6]). Au terme d'un match où chacun aura eu sa chance, et d'une partie d'un niveau digne du Masters enfin, l'Espagnol pouvait laisser éclater sa joie. Il n'est plus qu'à une petite victoire de toucher du doigt un nouveau gros objectif. Et affirmer qu'il est bien désormais un joueur toute surface.