Muster, un retour qui sent bon ?

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Muster, un retour qui sent bon ?
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Ancien numéro un mondial et vainqueur de Roland-Garros en 1995, Thomas Muster effectue cette semaine un come-back aussi étrange que remarqué sur le circuit ATP, à l'occasion du tournoi de Vienne. Invité par les organisateurs, l'Autrichien, âgé de 43 ans, perpétue ainsi cette tradition d'anciens champions qui ne parviennent pas à décrocher. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Ancien numéro un mondial et vainqueur de Roland-Garros en 1995, Thomas Muster effectue cette semaine un come-back aussi étrange que remarqué sur le circuit ATP, à l'occasion du tournoi de Vienne. Invité par les organisateurs, l'Autrichien, âgé de 43 ans, perpétue ainsi cette tradition d'anciens champions qui ne parviennent pas à décrocher. Pour le meilleur ou pour le pire ? Dans la famille "je tente un retour désespéré parce que je me sens inutile ailleurs", pas facile de faire bonne pioche. Nombreux s'y sont en tout cas cassés les dents. De Michael Jordan, spécialiste du genre avec une deuxième pige chez les Wizards complètement obsolète, à Lance Armstrong, qui n'aura que partiellement réussi à renverser l'opinion publique, en passant par Michael Schumacher, pas verni pour son come-back dans les paddocks, de grands champions ont souhaité regoûter à l'adrénaline de la compétition après avoir voulu tout stopper, quelques mois ou plusieurs années auparavant. Une manière d'occuper leurs longues soirées d'hiver, de se soustraire à ce que beaucoup considèrent comme une "première mort", d'amasser quelques dollars par-ci, par-là, ou de redorer une image écornée, pour un bilan assez contrasté. Le microcosme du tennis n'échappe pas à ce phénomène, avec de nombreux exemples, notamment ceux des deux tenniswomen belges, Kim Clijsters et Justine Henin, qui ont repris du service après avoir mis le clignotant. Dans une interview accordée au quotidien Le Monde, Patrick Ladauge, responsable adjoint de l'Insep (Institut national du sport et de l'éducation physique), justifiait cette envie de redevenir un athlète de haut niveau par la volonté de rallumer la "flamme" : "En général quand les sportifs raccrochent, ils s'orientent vers une reconversion professionnelle. Mais il ne faut pas oublier que les athlètes sont des gens de challenge. Si la reconversion peut en être un, revenir pour affronter une nouvelle génération d'adversaires ou pour préparer un objectif précis en est un autre.""Être une source d'inspiration" A priori, le retour sur le circuit de Thomas Muster, retraité depuis onze ans, s'inscrit également dans cette grande tradition de sportifs souhaitant revivre des sensations, des moments jamais retrouvés au civil. A 43 ans, le bûcheron autrichien des années 90, vainqueur de Roland-Garros en 1995 et ancien roi de la planète tennis, affrontera mardi son compatriote Andreas Haider-Maurer, pour le compte du premier tour du tournoi de Vienne. Grâce à la wild-card accordée par les organisateurs, Muster-minator deviendra ainsi le premier quadragénaire à disputer une rencontre sur le circuit ATP depuis Jimmy Connors. Une raison peut-être suffisante pour Muster de célébrer son retour à quelques kilomètres de son domicile. Actuel 982e mondial, au prix d'un succès à Ljubljana dans l'un des six Challengers auxquels il a participé, l'homme aux 44 titres en avance une autre : "Dans la vie, tu as besoin d'une vision, mais je reconnais qu'il faut être aussi un peu fou pour tenter une telle aventure. Un peu de fanatisme et d'ironie par rapport à soi-même sont certainement également nécessaires." A l'observer du haut des tribunes, lui et son petit "bidon", difficile de ne pas lui donner raison. Pourtant, depuis qu'il a annoncé sa volonté de "prendre des vacances" en juin 1999, le spécialiste de terre battue, au lift redoutable, n'a jamais vraiment rangé ses raquettes puisqu'il enchaînait les compétitions réservées aux légendes, en marge des tournois classiques du circuit. "Je souhaite être une source d'inspiration pour les gens qui vont venir me voir jouer grâce à ma condition physique et mon état d'esprit," insiste à l'envi cet amoureux du jeu. A Vienne, on a profité à fond du coup médiatique, en espérant que cette assonance ne tourne pas à l'humiliation. Pas si sûr...