Muffat en attendant mieux...

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Muffat en attendant mieux...
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Certes, ce n'est que le bronze, mais excusez du peu, derrière la championne du monde en titre, l'Italienne Federica Pellegrini, et la championne olympique, la Britannique Rebecca Adlington. C'est surtout une première médaille mondiale individuelle en grand bassin pour la Niçoise partagée par la couleur de cette récompense. Elle aura rapidement l'occasion de faire mieux sur 200 mètres.

Certes, ce n'est que le bronze, mais excusez du peu, derrière la championne du monde en titre, l'Italienne Federica Pellegrini, et la championne olympique, la Britannique Rebecca Adlington. C'est surtout une première médaille mondiale individuelle en grand bassin pour la Niçoise partagée par la couleur de cette récompense. Elle aura rapidement l'occasion de faire mieux sur 200 mètres. Il y en a plus d'un qui s'en serait contenté. Tiens, peut-être Denis Auguin, l'entraîneur d'Alain Bernard, pour qui on (sous-entendu les journalistes) a tendance à sous-estimer la valeur d'une médaille mondiale, seul moyen trouvé pour défendre la contre-performance de son poulain en tête du relais 4x100 nage libre. Pas Camille Muffat. "C'est normal d'être déçue, je fonctionne comme ça", se justifiait-elle à sa sortie du bassin avant d'aller récupérer sa médaille de bronze du 400 mètres nage libre, une course dont elle n'était pourtant qu'outsider, elle qui ne se serait peut-être jamais lancée sur cette distance à Shanghai sans ce très bon chrono réussi à Paris lors de l'Open EDF fin juin (4'03"23). Il y a pourtant pire que d'être sur la photo de famille au côté de la désormais double championne du monde en titre, l'Italienne Federica Pellegrini, et de la championne olympique en titre, Rebecca Adlington. "C'est toujours ça. Ça ne m'était encore jamais arrivé. L'année dernière, sur des Euro, je n'en avais pas eu. Là, sur des Mondiaux, ce n'est pas pareil. C'est une médaille, c'est forcément très bien, finissait-elle par reconnaître avec un rictus au coin des lèvres. Mais je pense que j'aurais pu faire bien mieux. C'est pour ça que je suis un peu déçu à l'arrivée. Ce matin, je fais 4'05" en étant très facile, là 4'04", ce n'est pas extra." C'est déjà pas mal pour son premier 400 mètres nage libre dans un championnat du monde serait-on tenté de lui répondre. D'autant que cela lui offre une première récompense mondiale en grand bassin. "Ce sont des premières fois qui sont quand même sympathiques à vivre, il ne faut pas cracher dessus", voulait positiver son entraîneur Fabrice Pellerin. Lucas en fait sa favorite sur 200 Mais on ne se refait pas. La Niçoise sait qu'elle est passée à côté de l'exploit. "J'aurais dû m'y prendre autrement parce que je peux nager beaucoup plus vite que ça, ne pouvait-elle s'empêcher de ruminer. Il aurait fallu tout faire un peu plus vite. Peut-être accélérer plus tôt, ne pas me laisser distancer. Si je l'avais accrochée plus vite (Pellegrini), je pense qu'elle aurait peut-être eu plus de doute. Là, je l'ai laissée partir un peu toute seule. Elle a nagé vite, mais dans une tactique différente, elle aurait peut-être nagé moins vite." Pellerin ne pouvait qu'opiner du chef. "C'est le conseil que je lui ai donné moi-même. Elle m'a demandé s'il était nécessaire de passer 1'58". Je lui ai dit que personne ne passerait aussi vite. Mais surtout, je lui ai donné le conseil d'être au côté de l'Italienne aux 300 mètres. Ce qu'elle n'a pas fait. Et le fait qu'elle soit légèrement en retrait a mis en confiance l'Italienne. Elle lui a dressé un boulevard, alors qu'il fallait lui casser la structure de sa course", regrettait-il avant d'en sourire: "Elle m'a désobéi, elle le paie chèrement." Certain que l'ex-espoir de la natation française, qui s'était révélée en 2005 en battant Laure Manaudou aux championnats de France sur 200m 4 nages, retiendra la leçon. Car l'intéressée, mis en appétit par son premier titre mondial en petit bassin à Dubaï (200m nage libre), est venue à Shanghai chercher autre chose. Une reconnaissance derrière laquelle elle a longtemps nagé. Un premier "vrai" titre mondial. "Ce ne sera pas le champagne ce soir parce que Camille a envie d'un titre", confirme Pellerin. Ses performances plaident pour elle sur 200 mètres nage libre, dont les séries sont programmées mardi matin. "Une fille comme Muffat était vraiment dangereuse et sera pour moi la favorite du 200", n'hésite d'ailleurs pas à avancer Philippe Lucas, l'entraîneur de Pellegrini, qui se trompe rarement. "C'est la révélation de l'année en crawl. C'est vraiment une fille qui a de l'avenir, qui nage bien, qui a un très bon entraîneur." Et de bons conseils pour faire mieux...