Moya, point final

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Moya, point final
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Ancien n°1 mondial, le temps de deux semaines en 1999, Carlos Moya a mis officiellement, mercredi à Madrid, fin à sa carrière professionnelle. Le Majorquin, dont le plus grand fait d'arme restera sa victoire à Roland-Garros en 1998, n'a quasiment pas pu jouer ces deux dernières saisons en raison des blessures. A 34 ans, il disputera le Masters espagnol à Séville début décembre en guise d'adieux.

Ancien n°1 mondial, le temps de deux semaines en 1999, Carlos Moya a mis officiellement, mercredi à Madrid, fin à sa carrière professionnelle. Le Majorquin, dont le plus grand fait d'arme restera sa victoire à Roland-Garros en 1998, n'a quasiment pas pu jouer ces deux dernières saisons en raison des blessures. A 34 ans, il disputera le Masters espagnol à Séville début décembre en guise d'adieux. Ses jongles de la tête avec le Roi Pelé, symbolisant lors de la cérémonie de remise des Trophées à Roland-Garros le passage de témoin pour la Coupe du monde de football organisée en France en 1998, ont fait le tour du monde. Carlos Moya, tout frais vainqueur de son compatriote Alex Corretja, venait de décrocher ce qui restera son seul titre en Grand Chelem, lui qui s'était révélé au grand public seize mois plus tôt en atteignant la finale de l'Open d'Australie à tout juste 21 ans. L'eau a coulé sous les ponts depuis et, après seize saisons passées chez les professionnels, l'Espagnol a annoncé ce mercredi, lors d'une conférence de presse organisée à Madrid, lieu de son dernier match disputé en mai dernier face à Benjamin Becker, celui-là même qui avait mis Andre Agassi à la retraite en 2006 à l'US Open, qu'il était temps de ranger ses raquettes. S'il honorera l'invitation qu'il a reçue de la part de sa fédération pour disputer le Masters espagnol début décembre à Séville, le Majorquin, miné par les blessures depuis deux ans et insuffisamment remis d'une opération subie au pied l'an passé, ne repartira pas pour un tour la saison prochaine. Une décision sage compte-tenu de ses récents déboires. Aujourd'hui classé à la 519e place mondiale, «Charly» aura marqué la fin des années 1990 et le début de la décennie suivante, en devenant notamment le premier joueur espagnol à atteindre le rang de n°1 à l'ATP. Une position occupée le temps de deux petites semaines en mars 1999 dans la foulée de sa finale perdue, devant Mark Philippoussis, à Indian Wells. La fin du complexe espagnol Capable de briller sur des surfaces autres que la terre battue, grâce notamment à son puissant coup droit, Moya a montré la voie à ses compatriotes qui, depuis une dizaine d'années, se sont complètement décomplexés, y compris sur des courts rapides. Malgré tout la surface ocre est restée sa surface de prédilection, sur laquelle il a obtenu seize de ses vingt titres sur le grand circuit, le dernier décroché à Umag, en Croatie, en juillet 2007. Outre son sacre Porte d'Auteuil et sa finale à Melbourne, l'Ibère aura remporté trois Masters 1000 (à l'époque Masters Series), à Monte-Carlo (1998), Cincinnati (2002) et Rome (2004). 1998 aurait pu être une saison encore plus faste si, menant deux manches à rien et un break dans le troisième set contre Corretja une nouvelle fois, il n'avait pas complètement craqué lors de la finale du Masters. Autre fait d'armes de sa longue carrière, comptant pas moins de 894 matches (pour 575 victoires) professionnels, plus que tous les joueurs encore en activité Federer mis à part, Moya a remporté la Coupe Davis en 2004, en apportant le point décisif à son pays en finale face à Andy Roddick sur la terre battue de Séville. Une rencontre également très spéciale du fait qu'il avait pu évoluer aux côtés du jeune Rafael Nadal, Majorquin comme lui et alors âgé de 18 ans, qu'il avait pris depuis un moment déjà sous son aile. Sorte de «grand frère» sur le circuit de l'actuel n°1 mondial, Moya, qui a récemment lancé sa propre marque de parfum, peut sereinement s'en aller, le prodige de Manacor ayant depuis longtemps appris à voler de ses propres ailes.