Mourinho, une fierté en jeu

  • A
  • A
Mourinho, une fierté en jeu
Partagez sur :

José Mourinho et Barcelone, c'est l'histoire d'une véritable inimitié qui aurait ne jamais pu naître, puisque le Portugais est passé par le Camp Nou en tant qu'entraîneur adjoint. Toujours est-il que le 5-0 encaissé par le Real Madrid à l'aller en Catalogne reste en travers de la gorge de "Mou", qui joue un moment important de sa carrière avec les quatre clasicos à venir. Première étape dès samedi, à Bernabeu.

José Mourinho et Barcelone, c'est l'histoire d'une véritable inimitié qui aurait ne jamais pu naître, puisque le Portugais est passé par le Camp Nou en tant qu'entraîneur adjoint. Toujours est-il que le 5-0 encaissé par le Real Madrid à l'aller en Catalogne reste en travers de la gorge de "Mou", qui joue un moment important de sa carrière avec les quatre clasicos à venir. Première étape dès samedi, à Bernabeu. A sa manière, José Mourinho prépare un coup. Un Real-Barça n'est jamais une rencontre comme une autre, surtout après un humiliant 5-0 encaissé à l'aller. A l'approche de la fin de saison, la rivalité ancestrale entre les deux monstres sacrés du football espagnol va prendre une tournure particulière, avec quatre affrontements prévus en moins de trois semaines. Une configuration que le "Special One" est obligé de prendre en compte, en vue de la guerre psychologique qui s'annonce et qu'il affectionne tant. Dans un entretien récemment accordé au journal portugais Diario Economico, Mourinho a avoué que le 5-0 du 29 novembre au Camp Nou était un des pires souvenirs de sa carrière. Pour que l'entraîneur madrilène passe au-delà de son ego surdimensionné et l'admette, c'est que la plaie est encore profonde. Alors, "Mou" fomente sa revanche, sans en parler. Tout juste a-t-il ajouté un peu de pression sur l'arbitre du match, M. Muniz Cesar Fernandez, mercredi en conférence de presse après la qualification à Tottenham en quarts de finale de la Ligue des champions. "On va se préparer à jouer à dix, parce qu'on a toujours un expulsé quand on les affronte. C'est arrivé quand j'étais à Chelsea et à l'Inter, et ça pourrait se reproduire encore une fois. C'est la clé face au Barça, ne pas avoir d'expulsé. Mais comme on en a tout le temps, sans savoir pourquoi..." Aujourd'hui, Mourinho doit remercier M. Gonzalez Iturralde d'avoir exclu Sergio Ramos à la 93e minute au match aller. Pour quelques secondes, son théorème du moment n'aurait pas tenu debout... A part ça, le Portugais reste calme à l'approche de la 32e journée de Liga. Concentré sur son match, avec un plan forcément précis que tout le monde ignore. "J'avais perdu 2-0 avec l'Inter en phase de groupes contre Barcelone, rappelait Mourinho à Sky Sports, en février dernier. Et au final, nous les avons éliminés en demi-finale avec une tactique bien particulière. Je vais faire exactement la même chose avec le Real." Rendez-vous le 3 mai au Camp Nou En prenant la Ligue des champions en point de mire, William Gallas ne disait pas autre chose mercredi en conférence de presse, se faisant l'apôtre de l'élu. "Mourinho a déjà éliminé Barcelone avec l'Inter l'an dernier, rappelait le défenseur français de Tottenham. Il va le refaire." Même Lionel Messi a indiqué dans les colonnes d'As que "José Mourinho est l'entraîneur parfait pour le Real Madrid". Dans ce dernier cas, l'Argentin essaie peut-être de prendre le Portugais à son propre piège, c'est-à-dire celui de l'intox. Mais pas sûr que ça ne perturbe vraiment le roi de l'entourloupe verbale. Le match de samedi revêt un réel enjeu pour le Real et Mourinho, mais nul doute que l'ancien entraîneur adjoint du Barça échangerait largement un match nul, voire une défaite à Bernabeu en championnat, contre une victoire en finale de la Coupe du Roi. Et surtout contre une qualification en finale de la Ligue des champions. Problème: c'est à peu près la même chose pour Guardiola, qui sait très bien qu'une défaite samedi ne serait pas rédhibitoire pour le titre, loin s'en faut. Le Real reviendrait en effet à cinq points des Barcelonais en cas de succès. Sur les six dernières journées, il n'est pas certain que les Catalans perdent autant d'unités. Dans le discours de Mourinho, la hiérarchisation des clasicos à venir devrait donc tenir une place prépondérante. Pour l'ex-technicien de l'Inter, la revanche sera globale ou ne sera pas. Le 3 mai, au soir du match retour à Barcelone, le bilan pourrait être terrible pour lui, qui ne conçoit pas l'échec. Telle a toujours été son immense force, qui se caractérise autant par une aura immense que par une capacité d'anticipation tactique au-dessus de la moyenne. Mourinho est au pied du mur, lui qui n'avait jamais perdu par plus de trois buts d'écart dans sa carrière avant la fameuse manita. Contraint de faire profil bas, seul un vrai coup d'éclat dans les quatre matches à venir face à Barcelone lui permettrait de bomber le torse face à son ancienne équipe. "Nous avons deux matches à jouer contre eux avant les demi-finales de la C1 et on doit d'abord penser à ça." Dans son coin, nul doute que Mourinho fait même plus qu'y penser. Il doit en être obnubilé. Le seul des quatre clasicos qui se disputera au Camp Nou sera le dernier, le 3 mai. Si tout se passe bien pour lui, ces retrouvailles avec un public qui le hait viscéralement pourraient être théâtrales. La boucle serait bouclée et Mourinho serait comblé.