Mourinho, un homme d'excès

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Mourinho, un homme d'excès
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Le Real Madrid aborde le Clasico au Santiago Bernabeu face au Barça, samedi pour le compte de la 16e journée, dans une position favorable. Avec trois longueurs d'avance sur le champion en titre et un match de moins, les Madrilènes entendent enfoncer le clou afin de valider un début de cycle pour le Real d'un Mourinho qui a pleinement modelé l'équipe à son image. Avec lui, la 2e saison est toujours la meilleure.

Le Real Madrid aborde le Clasico au Santiago Bernabeu face au Barça, samedi pour le compte de la 16e journée, dans une position favorable. Avec trois longueurs d'avance sur le champion en titre et un match de moins, les Madrilènes entendent enfoncer le clou afin de valider un début de cycle pour le Real d'un Mourinho qui a pleinement modelé l'équipe à son image. Avec lui, la 2e saison est toujours la meilleure. Le Real Madrid n'a plus le même visage. A des années lumières du Barça il y a deux saisons, le club madrilène a doucement remonté la pente afin de pouvoir aujourd'hui regarder son adverse dans les yeux. Un renouveau en grande partie initié par un José Mourinho plus que jamais capable de faire l'unanimité pour lui dans son camp et contre lui dans celui d'en face. Contre Barcelone c'est encore plus vrai. Et pas seulement en raison de l'historique inimitié. José Mourinho y est pour beaucoup. Car les Clasicos de la saison dernière ont marqué un summum dans cette rivalité. Le Portugais n'avait guère apprécié de prendre une rouste au Camp Nou (0-5), il s'était surtout trompé tactiquement, ce qui ne lui arrive quasiment jamais, en considérant que son Real serait déjà capable de rivaliser en battant le Barça sur son propre terrain : celui du jeu. Les autres rencontres directes avaient été marquées par une agressivité féroce de Madrilènes qui n'en avaient récolté les fruits qu'en finale de la Coupe du Roi. Le «Spécial One» a eu beaucoup de mal à digérer l'élimination en demi-finale de la Ligue des champions (0-2, 1-1). "On est meilleur que la saison dernière" Le Real, battu sur la scène européenne ainsi qu'en championnat, cela n'est plus d'actualité. Les coéquipiers de Karim Benzema viennent de boucler la première phase de la Ligue des champions avec 18 points au compteur, soit le score parfait, et ils mènent le bal en Liga avec trois longueurs d'avance sur le Barça et un match de plus à disputer quand le club catalan jouera la Coupe du monde des clubs. C'est dire si ce Real a changé d'ère, comme cela a toujours été le cas lors de la deuxième année de son passage dans ses clubs précédents. "Cette équipe est plus stable, les joueurs plus sûrs d'eux, l'équipe plus compacte, on est meilleur que la saison dernière", a d'ailleurs confié le Portugais lors de la conférence d'après match à Amsterdam. Un Mourinho qui suscite le même engouement de ses joueurs dont il arrive à tirer la quintessence en leur parlant beaucoup. Une motivation suprême que beaucoup de ses anciens joueurs (Lampard, Drogba, Sneijder...) placent systématiquement en avant dès lors qu'ils évoquent leur collaboration passée avec le technicien portugais. On pourrait élargir le périmètre avec quelques éléments du Real Madrid dont un Karim Benzema qui a énormément progressé après un début franchement compliqué et qui devrait sans doute être titulaire samedi face au Barça. Le «chat» comme le moquait le Portugais s'est transformé en Lion à Madrid sous sa houlette. En fin psychologue, Mourinho sait comment piquer ses joueurs quand c'est nécessaire. Mais Mourinho est également un homme d'excès. S'il se pose en victime après certaines défaites, s'il met en avant l'arbitrage après une élimination, s'il dérape verbalement c'est parfois pour mieux occulter ce qu'il ne souhaite pas montrer. Omniprésent devant la presse, le Lusitanien sert ainsi de paratonnerre pour le reste de son groupe. Cela lui a valu de nombreuses sanctions, certaines méritées comme lorsqu'il avait dépassé les bornes en mettant un doigt dans l'oeil de Tito Vilanova, l'adjoint de Guardiola... C'était pourtant une «simple» rencontre de SuperCoupe d'Espagne au coeur de l'été. Cette fois, Mourinho a souhaité définir ce Clasico comme un simple match comme les autres. On n'est pas obligé de le croire.