Morvan joue la prudence

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Morvan joue la prudence
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S'il hésitait encore vendredi sur la conduite à tenir, réparer ou continuer malgré tout, Gildas Morvan, victime d'une casse d'étai sur Cercle Vert, se mettra à l'abri d'une des îles des Açores pour réparer en prévision du gros coup de baston attendu à partir de dimanche soir. Vu la densité en tête de la Transat Bénodet-Martinique, le tenant du titre risque de perdre gros.

S'il hésitait encore vendredi sur la conduite à tenir, réparer ou continuer malgré tout, Gildas Morvan, victime d'une casse d'étai sur Cercle Vert, se mettra à l'abri d'une des îles des Açores pour réparer en prévision du gros coup de baston attendu à partir de dimanche soir. Vu la densité en tête de la Transat Bénodet-Martinique, le tenant du titre risque de perdre gros. "C'est sûr, les gars vont se prendre une « grosse fessée »." Rassurez-vous, aucun des 17 concurrents de la Transat Bénodet-Martinique n'a attisé le courroux de Jean Maurel, le directeur de cette première course de la saison en Figaro. Non, ce dernier n'exprime là que ce qui attend la flotte dans les heures à venir. "Ce sera un peu moins costaud que prévu, relativise-t-il. Les derniers fichiers annoncent 35 noeuds contre 45 un peu plus tôt. Le plus gros est attendu aux alentours de 9 heures, heure de Paris, lundi matin. La bonne nouvelle, c'est que ça devrait passer en moins de 24 heures mais pour ceux qui ont déjà déchiré leurs voiles dans le coup de vent au large du cap Finisterre, la situation risque d'être un peu stressante." Une situation qui a fini de convaincre Gildas Morvan. Placé devant un choix cornélien, continuer la course au risque de démâter sur la route de Fort-de-France ou tenter de réparer seul, le colosse de Landeda a finalement pris la décision de s'abriter au vent de l'île de Santa Maria - l'île la plus au sud-est de l'archipel des Açores qu'il devrait atteindre en fin d'après-midi, aux alentours de 18 heures - pour réparer l'étai (le câble qui relie le haut du mât à l'étrave du bateau)) de son Figaro Benneteau, lequel a cédé mardi matin, une information que le tenant de cette transatlantique (ex-Transat BPE entre Belle-Ile-en-Mer et Marie-Galante) n'a divulguée à la direction de course et à ses concurrents que vendredi pour ne pas donner d'avantage psychologique à ces derniers. Car s'il a fait mieux que tenir son rang en dépit de cette avarie - il était toujours septième au contact de Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham) et Thomas Rouxel (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) à moins de 10 milles du leader Frédéric Rivet (Vendée 1) au pointage de 11 heures samedi - le « géant vert » risque de perdre plusieurs longueurs dans l'opération, obligé de se mettre à l'abri d'une île heureusement sur sa trajectoire, puis de monter dans le mât pour installer un étai de fortune. Une ascension qu'il a déjà tentée à trois reprises vendredi, sans réussite... "C'est trop risqué, trop galère, je n'ai pas de prise, pas de moyen de m'assurer et avec la houle, je n'y arrive pas", a-t-il commenté. Devant le coup de tabac annoncé, Morvan a donc décidé de jouer la prudence. Au risque de perdre plusieurs longueurs. Car pendant ce temps, ses petits camarades, désormais réunis dans un mouchoir, sudistes et nordistes convergeant finalement sur un même axe au sud des Açores, n'attendront pas celui qui était présenté comme le grand favori de cette transatlantique. "On converge tous, ça va être un peu l'autoroute pendant 24 à 30 heures", confirme Eric Péron (Macif 2009). Sur l'aire d'autoroute, Morvan devra faire vite pour ne pas perdre le contact...