Monza, toujours à bloc

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Monza, toujours à bloc
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Un vrai défi technique. Le Grand Prix d'Italie est connu pour ne pas ménager les mécaniques, avec ses longues lignes droites et ses chicanes freinant les ardeurs des plus audacieux. Les blocs moteurs Ferrari et Mercedes, plus puissants, semblent dotés des meilleurs atouts pour se distinguer à Monza. Mais Red Bull et Renault ont des arguments à faire valoir.

Un vrai défi technique. Le Grand Prix d'Italie est connu pour ne pas ménager les mécaniques, avec ses longues lignes droites et ses chicanes freinant les ardeurs des plus audacieux. Les blocs moteurs Ferrari et Mercedes, plus puissants, semblent dotés des meilleurs atouts pour se distinguer à Monza. Mais Red Bull et Renault ont des arguments à faire valoir. Quelques chiffres, d'abord, pour planter le décor... Sur l'Autodromo di Monza, long de 5,793km, le tour se boucle à une moyenne de plus de 250 km/h, avec des pointes à 340 km/h. En 2005, le Colombien Juan Pablo Montoya, alors chez McLaren, y avait atteint la vitesse record de 370,1 km/h. Une rapidité constante, à peine nuancée par les 11 virages au programme, qui met à l'épreuve les pilotes mais aussi et surtout les mécaniques. L'an dernier, la R30 plafonna à 333 km/h sous le régime éprouvant de 17 900 tours par minute (le maximum autorisé étant 18 000 tour/min), et ce sur les trois quarts du circuit. Un traitement redoutable pour les moteurs fragiles. Moins puissantes que les monoplaces équipées de blocs Ferrari ou Mercedes, les RB7, dotées de moteurs Renault, ont fait les preuves de leur fiabilité cette saison. Mais elles se savent attendues au tournant en Italie. "C'est pour ça qu'Adrian Newey a travaillé fort, particulièrement sur le package aérodynamique et les appuis de faible et moyenne intensité", confie Christian Horner à Auto Motor und Sport. En F1 depuis 2005, Red Bull n'a jamais fait mieux qu'une quatrième place à Monza. Sebastian Vettel a lui signé en Lombardie le tout premier succès de sa carrière, en 2008, alors qu'il pilotait une Toro Rosso. Le DRS, un atout majeur à Monza "J'espère que nous n'entendrons plus parler de ce moteur Renault supposément faible", souffle Lewis Hamilton, pas dupe, en référence à l'écurie championne du monde. A Spa il y a deux semaines, les deux RB7 ont il est vrai marqué les esprits, signant leur second doublé de la saison dans les courbes du toboggan des Ardennes. Certes beaucoup plus sinueux que ne l'est le Grand Prix d'Italie, le Grand Prix de Belgique demeure néanmoins une référence en matière de vitesse, le deuxième du championnat en termes de plein régime (70% d'un tour s'y déroule à fond, 75% à Monza). C'est dire si le Taureau rouge devrait avoir ses chances ce week-end. Vainqueur 18 fois du Grand Prix d'Italie, et tenant du trophée grâce à Fernando Alonso, Ferrari entend également tirer son épingle du jeu. A l'image d'un Taureau des Asturies enthousiaste, à la veille de la dernière course européenne de l'année. "Monza est une piste unique, avec des réglages uniques, qui impliquent les ailerons et des réglages aéros particuliers. Chacun repart donc de zéro, mais je prévois que nous aurons une voiture très compétitive." Felipe Massa renchérit: "A Monza, où l'on atteint la plus haute vitesse de l'année, on peut être favorisé." Autorisé sur deux zones à Monza - dans la ligne droite des stands et entre le virage de Lesmo et la chicane Ascari - le DRS, ou aileron arrière mobile, sera à n'en pas douter l'une des clés du Grand Prix. "Je pense que le DRS fera une énorme différence pour nos temps au tour", avance Lewis Hamilton, impatient de faire ses preuves dès les qualifications. "La piste est plutôt étroite et on rentre assez vite dans les virages. Je suis donc curieux de voir quel va être l'impact du DRS, car on risque bien de voir quelques manoeuvres spectaculaires", dixit Jenson Button, 2e en Italie la saison passée. "Il va falloir trouver le compromis habituel entre la vitesse de pointe et la charge aérodynamique." Voilà tout le défi de ce Grand Prix atypique. Une course pour laquelle la plupart des écuries étrenneront un bloc moteur flambant neuf. Il faudra bien ça...