Montpellier, l'ombre d'un doute

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Montpellier, l'ombre d'un doute
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Battu lors de ses deux premiers matches, Montpellier est déjà sous pression à l'heure de se déplacer au Stade Français vendredi soir pour le compte de la 3e journée du Top 14. D'autant plus que la défaite concédée à domicile face à Brive le week-end dernier a laissé des traces. L'état de grâce de la saison dernière a laissé place aux doutes chez les vice-champions de France sommés de réagir à Paris.

Battu lors de ses deux premiers matches, Montpellier est déjà sous pression à l'heure de se déplacer au Stade Français vendredi soir pour le compte de la 3e journée du Top 14. D'autant plus que la défaite concédée à domicile face à Brive le week-end dernier a laissé des traces. L'état de grâce de la saison dernière a laissé place aux doutes chez les vice-champions de France sommés de réagir à Paris. Eric Béchu n'a pas tort lorsqu'il avance qu'"avec la centaine de joueurs mobilisée par la Coupe du monde, le visage du championnat est modifié..." Avec 11 joueurs actuellement en Nouvelle-Zélande, parmi lesquels de nombreux incontournables tels Trinh-Duc, Ouedraogo, Gorgodze, Fernandez ou Matadigo, Montpellier est, derrière Clermont et Toulouse, l'équipe du Top 14 la plus décimée par ces malheureux doublons. Mais depuis samedi dernier et l'humiliante défaite concédée à la maison face à Brive (12-28) il n'est plus question de parler des absents. La piteuse prestation fournie pour la première de la saison à Du Manoir a marqué psychologiquement les Héraultais, loin, très loin de l'euphorie de la saison écoulée. Après deux revers - le premier sur la pelouse du Métro-Racing (22-30) n'avait lui rien d'infamant -, les vice-champions de France siègent tout au fond de la classe quand se profilent deux déplacements périlleux au Stade Français ce vendredi puis à Perpignan le suivant. Dans un championnat où les prétendants à la phase finale sont de plus en plus nombreux chaque année, il est peu dire qu'avec quatre défaites pour débuter les Montpelliérains auraient déjà hypothéqué leurs chances de terminer à l'une des six premières places. Pourtant, touché au plus profond de lui par le non match fourni face aux Brivistes, Eric Béchu, l'alter ego de Fabien Galthié, refuse d'entrer dans des considérations mathématiques. "On a une obligation du comportement plus que du résultat", souligne-t-il dans l'édition électronique du Midi Libre. On l'a compris, le duo d'entraîneurs qui a révolutionné le jeu à Montpellier attend une réaction d'hommes à Charléty. Béchu: "Nous avons tous une dette" Pour parer aux absences des internationaux, auxquels sont venus s'ajouter bon nombre de blessés ou "d'indisponibles" pour cause de retours de sélection (Nagusa, Bustos Moyano), le MHR s'appuie actuellement beaucoup sur ses recrues et sur ses jeunes. Samedi dernier, seuls trois titulaires (Jgenti, Fakaté et Tomas) avaient connu la joie de débuter la finale du Top 14 trois mois plus tôt. Ce large turnover imposé peut expliquer les balbutiements dans les phases de jeu. Mais pas le sentiment de suffisance affiché par les joueurs la semaine dernière et relevé par les supporters qui n'ont pas hésité à siffler devant la triste prestation des leurs. Pour préparer la confrontation face au Stade Français, équipe dont il est aujourd'hui difficile de cerner le potentiel, les séances d'entraînement ont été un peu plus viriles cette semaine. "On a balayé tout le champ des possibilités : révision des choix tactiques, oppositions plus fortes, agressivité sur le ballon, etc...", poursuit Eric Béchu. Les titularisations des centres Paul Bosch, recrue estivale sud-africaine blessé avant même l'entame de la saison, et Geoffrey Doumayrou, après six mois passés à soigner une épaule, sont de nature à apporter du dynamisme à une ligne de trois-quarts sans génie ni imagination lors des deux premiers matches. Il faudra au moins ça pour relancer un groupe qui a très vite déchanté, passant en un temps record d'un été savoureux à une rentrée ratée. Preuve de l'importance que revêt déjà la rencontre de ce soir, Mohed Altrad, le nouveau président du MHR, a bouleversé son emploi du temps pour se rendre à Paris. L'homme d'affaires, qui a injecté plus de 4 millions d'euros depuis sa prise de pouvoir en juin pour assainir les finances du club, avait fixé en début de saison l'objectif d'être de nouveau européen l'an prochain. S'ils ne veulent pas décevoir le nouvel homme fort du club à la fleur de ciste, les joueurs seraient bien inspirés de montrer un autre visage. "La notion de groupe se mesure dans la difficulté, insiste Eric Béchu. Bref, nous avons tous une dette...". L'heure du rachat a sonné.