Montpellier a la frousse

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Montpellier a la frousse
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Finaliste il y a deux mois du dernier Top 14, le Montpellier Hérault Rugby n'en mène pas large à l'heure de confirmer. Une reprise tardive, un effectif amputé d'une bonne douzaine de Mondialistes et une première sortie catastrophique face à Grenoble (Pro D2): autant de motifs d'inquiétude chez les héros de la saison dernière à moins d'un mois de la reprise face au Racing.

Finaliste il y a deux mois du dernier Top 14, le Montpellier Hérault Rugby n'en mène pas large à l'heure de confirmer. Une reprise tardive, un effectif amputé d'une bonne douzaine de Mondialistes et une première sortie catastrophique face à Grenoble (Pro D2): autant de motifs d'inquiétude chez les héros de la saison dernière à moins d'un mois de la reprise face au Racing. "C'est un saut dans l'inconnu par rapport à notre effectif, à l'adversité, à la Coupe du monde et à la durée de préparation, à l'opposé de celle de la saison passée". Eric Béchu est inquiet. Le fidèle complice de Fabien Galthié traduit un sentiment diffus en cette période de préparation dans les rangs des vice-champions de France. Il y a un an, à son arrivée dans l'Hérault, le nouveau duo d'entraîneurs avouait déjà son manque de repères à l'heure de découvrir un effectif montpelliérain, dont il ne connaissait que les chefs de file Ouedraogo et Trinh-Duc. Une découverte qui tournera, on le sait aujourd'hui, au conte de fées et ne s'achèvera qu'en finale face à Toulouse. Une épopée qu'il faut ranger dans la malle aux souvenirs, même si les héros, forcément éprouvés par les efforts d'une saison aussi riche et pleine, ont pu goûter un repos bien mérité jusqu'au 11 juillet dernier, date fixée par l'encadrement pour la reprise la plus tardive du Top 14, partagée avec les Clermontois et les Racingmen. Une nécessité, mais un déficit de cinq semaines de préparation par rapport à la saison dernière quand le MHR avait été le premier à siffler la rentrée des classes dès le mois de mai ! Les séances -trois quotidiennes- dès 7h30 sont de retour, mais la réalité est là. Celle dont Galthié, à l'heure de retrouver son groupe, prétend s'accommoder dans le Midi Libre, sans nier toutefois une part de doute: "On a aussi dix nouveaux joueurs à intégrer, quatre semaines de préparation de retard sur les autres. Voilà les données Ce ne sera pas évident à gérer. Je ne sais pas trop quoi dire. C'est un peu flou..." Béchu: "Pour l'instant, rien n'est réglé" "On a six semaines devant nous. C'est correct si l'on travaille bien. Ce qui compte, c'est l'appétit des joueurs, espère l'ancien demi de mêlée, qui veut faire d'un handicap un atout: "On compte sur les nouveaux". Pour assumer son nouveau statut, Montpellier, qui sait ne plus pouvoir compter sur l'effet de surprise, a donc recruté, conscient surtout des exigences liées à la Coupe du monde, qui risque de priver Galthié et son staff de plus de la moitié de l'équipe finaliste du dernier Top 14 ! Et même s'il faudra patienter jusqu'au 22 août -date limite fixée par l'IRB pour l'officialisation des squads pour la Coupe du monde- pour savoir quels joueurs sont disponibles pour la reprise face... au Racing-Métro 92 le 26 août, à Colombes, manquent à ce jour à l'appel Trinh-Duc et Ouedraogo (France), Figallo, Bustos, Creevy, Bustos Moyano, Fernandez et Amorosino (Argentine), Tuilevuka (États-Unis), Gorgodze et Shvelidze (Géorgie), Matadigo et Nagusa (Fidji), Marais (Namibie). Rien que ça. Un vice-champion de France en ordre dispersé, dont la première sortie en match de préparation n'est certainement pas de nature à rassurer. Un claque (26-7) reçue il y a dix jours face à Grenoble, demi-finaliste sortant de Pro D2, qui a suffi à montrer l'étendue du chantier. "21 ballons tombés, 8 ou 9 pénalités sur des rucks, des lancers en extérieur sur certaines touches et une ou deux mêlées perdues..., énumère Béchu, toujours dans le Midi Libre. Ça nous fait pas loin de quarante ballons perdus. Avec ça..." Si le score est anecdotique, les manquements vus ce jour-là, à Pézenas, nourrissent une certaine préoccupation: "C'est une contre-performance. C'était une reprise, certes, mais c'était pas bon du tout", ne peut que constater, lucide, le technicien ariégeois, qui sait aussi pointer les raisons de ce faux départ. "Il y a plusieurs raisons: c'était le premier match, donc première opposition totale. En face, Grenoble était bien mieux en place que nous et ils ont parfaitement joué le coup. Je pense aussi qu'on n'a pas encore digéré le stage de Tignes (17-26 juillet), avec un programme intensif et une altitude élevée. Et puis, c'est évident, la difficulté dans l'intégration des recrues et des jeunes. Pour l'instant, rien n'est réglé." Il n'y a pas de temps à perdre, c'est un fait, mais chaque jour est compté. "On en est à 22 entraînements depuis la reprise. Les axes de travail sont calés pour la suite. Là, avec la vidéo de ce match contre Grenoble, on a davantage d'informations. On a de quoi travailler", rassure Béchu, qui sait que l'opposition à venir ce lundi, à Millau, dans le cadre du Challenge Armand-Vaquerin, face aux Anglais de Leicester, exigera une tout autre tenue: "Avant de nous jouer, Grenoble était, je pense, transcendé par une bonne peur. Contre Leicester, la bonne peur de prendre une rouste, c'est nous qui l'aurons." Une peur salvatrice, tous l'espèrent.