Monfils: "Une période frustrante"

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Monfils: "Une période frustrante"
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A l'arrêt depuis le tournoi de San José en raison d'une inflammation au poignet gauche, Gaël Monfils prend son mal en patience à l'Île Maurice en compagnie de son préparateur physique Patrick Chamagne et du rugbyman Maxime Mermoz. Frustré, le nouveau numéro 11 mondial, qui est d'ores et déjà forfait pour Indian Wells mais pourrait être opérationnel à Miami, reste toutefois ambitieux et pense à ces "gros objectifs qui vont arriver très rapidement".

A l'arrêt depuis le tournoi de San José en raison d'une inflammation au poignet gauche, Gaël Monfils prend son mal en patience à l'Île Maurice en compagnie de son préparateur physique Patrick Chamagne et du rugbyman Maxime Mermoz. Frustré, le nouveau numéro 11 mondial, qui est d'ores et déjà forfait pour Indian Wells mais pourrait être opérationnel à Miami, reste toutefois ambitieux et pense à ces "gros objectifs qui vont arriver très rapidement". Gaël, donnez-nous tout d'abord des nouvelles de votre poignet gauche et de cette inflammation qui vous a contraint à déclarer forfait pour le premier tour de la Coupe Davis ainsi que pour Indian Wells ? Jusqu'à maintenant, je n'ai pas trop essayé de faire des revers. J'ai toujours quelques petites douleurs sur certains mouvements. Le docteur m'a dit qu'il fallait attendre encore quelques jours avant de réessayer. Je dois voir comment mon poignet va réagir, si j'arrive à enchaîner trois ou quatre jours d'entraînement, et je prendrais une décision au dernier moment pour Key Biscayne. Comment vivez-vous cette nouvelle période d'inactivité liée à une blessure ? Mal. Un sportif blessé n'est plus vraiment un sportif. Je ne fais pas ce que j'aime, ce que j'ai envie, donc je ne pense pas qu'on puisse le vivre très bien. Après, il ne faut pas non plus se prendre la tête au point d'en devenir dingue. Par contre, si à chaque blessure, je dis que je reviendrais avec plus de fraîcheur, là ça fait peut-être un peu trop. Vous êtes actuellement à l'Ile Maurice. Comment ce passe ce séjour et quels types d'exercices avez-vous le droit de pratiquer ? Ça se déroule tranquillement, mais ce sont des vacances un peu forcées. Ça fait quand même du bien d'être dans un superbe cadre. Mais j'aurais bien évidemment préféré être en tournoi, donc je ne profite pas à 100%. Après, cela aurait peut-être été mieux de rester complètement au repos pour éviter les vibrations au poignet. Mais je ne peux pas rester plusieurs jours sans faire de sport. Il faut que je coure, que je fasse des abdos et de la musculation adaptée à mon poignet. Ce sont des choses importantes. Et puis je reste dans ma saison, j'ai des gros objectifs qui vont arriver très rapidement donc je pense que le reste de mon corps doit toujours rester en alerte. "La Coupe Davis ? On va bosser pour gagner la prochaine..." Vous êtes remonté cette semaine à la 11e place du classement ATP, le fait de revenir dans le Top 10 fait-il justement partie de ces objectifs ? C'est plus frustrant qu'autre chose de savoir qu'on a gagné une place sans jouer. Je suis content mais j'aimerais bien pouvoir défendre tout de suite mes chances pour intégrer ce Top 10 à nouveau. Donc là, c'est un peu une période frustrante pour moi. Après, en ce qui concerne mes objectifs, c'est déjà suffisamment dur de les relever, et si en plus tu les expose, ça peut donner encore plus de pression. Mais je rêve par exemple de gagner Roland-Garros et Bercy et, plus généralement, de toujours viser le plus haut possible. Le plus haut possible, cela pourrait être le Top 3 mondial occupé par Nadal, Federer et Djokovic. Est-ce que vous pensez, au même titre que leurs autres poursuivants, pouvoir parvenir un jour à venir chatouiller ce trio de tête ? Ils sont quand même là, et bien là. Et ils ont vachement d'avance au niveau des points. On est tombés sur une génération où il y a deux légendes du tennis. Entre Roger (Federer), qui a remporté tellement de Grand Chelems, et Rafa (Nadal), qui fait des choses extraordinaires, ce n'est pas facile pour ceux qui sont derrière de les accrocher, voire de les faire tomber. Mais, petit à petit, on progresse et on commence à mieux les comprendre... Et puis Roger, il prend un peu d'âge aussi (Sourire)... On attend donc patiemment, en continuant à travailler et à y croire nous aussi. Vous évoquiez votre frustration actuelle, est-ce également le sentiment que vous avez quand vous repensez à la dernière finale de Coupe Davis perdue en Serbie ? Même si Belgrade restera un endroit où j'ai pu découvrir plein de choses à l'occasion de cette finale, que ce soit sportivement ou mentalement, on aurait vraiment aimé la gagner. On sait à quel point on est passés tout près et ça nous a fait un peu mal. Mais comme tout sportif, on doit rebondir. Maintenant, on va bosser pour gagner la prochaine... Enfin, comment réagissez-vous lorsqu'on vous dit que vous êtes peut-être un petit peu à part dans le monde du tennis français ? Ce sont souvent les personnes en dehors qui jugent comme ça. Pfff... Mais je n'écoute pas trop les jugements, et je pense être normal. J'avance, ça glisse... (Rires)