Monfils: "J'adore jouer sur terre"

  • A
  • A
Monfils: "J'adore jouer sur terre"
Partagez sur :

Après deux mois d'absence pour soigner une blessure au poignet, Gaël Monfils effectue son retour à la compétition cette semaine à Monte-Carlo. Le Parisien, en manque de rythme, n'a jamais vraiment brillé en Principauté et s'attend donc à souffrir pour ses premiers pas sur terre battue contre l'Espagnol Gimeno-Traver. Il évoque aussi Tsonga, Nadal et Federer.

Après deux mois d'absence pour soigner une blessure au poignet, Gaël Monfils effectue son retour à la compétition cette semaine à Monte-Carlo. Le Parisien, en manque de rythme, n'a jamais vraiment brillé en Principauté et s'attend donc à souffrir pour ses premiers pas sur terre battue contre l'Espagnol Gimeno-Traver. Il évoque aussi Tsonga, Nadal et Federer. Gaël, on ne vous a plus vu sur les terrains depuis longtemps. Comment va votre poignet ? Mieux, je n'ai pas trop de douleurs. Je le sens un tout petit peu de temps en temps car c'est la reprise, mais en principe, ça tient ! Vous avez repris la raquette depuis une semaine environ ? Oui. A peu près une semaine d'entraînement tennistique, donc ce n'est pas énorme, mais c'est suffisant pour se rassurer au niveau du poignet. Sur ce tournoi, avez-vous des objectifs précis ? Ou souhaitez-vous, avant tout, tester votre poignet ? C'est sûr que les objectifs sont un peu durs à fixer, mais j'espère passer le plus de tours possible, essayer de bien ressentir mon tennis, mon corps. Je pense que mon poignet va tenir. En même temps, si je reviens à la compétition, c'est que je pense que c'est bon. Après, on verra bien. La terre battue est importante dans votre saison, avec Roland-Garros en ligne de mire. Comment voyez-vous ce mois et demi à venir ? J'espère que ça va revenir vite. J'adore jouer sur terre, mais j'arrive avec peu de préparation, donc ce n'est pas forcément idéal. Roland Garros est au bout, ce qui me laissera quelques semaines d'adaptation. J'espère être en forme à ce moment-là Y a-t-il beaucoup de tension lorsqu'on revient à la compétition ? Plus d'impatience je dirais... J'ai envie de rejouer, de retranspirer, de repaniquer un petit peu, de faire de nouvelles choses. De bonnes choses si possible... Donc plus d'impatience que de nervosité ! Le tennis vous a manqué ces deux derniers mois ? Oui, c'est clair ! On n'est plus joueur de tennis lorsqu'on est blessé, donc ça manque énormément... Vous avez partagé pas mal de séances d'entraînement avec Jo-Wilfried Tsonga ces derniers temps. Avez-vous été surpris par sa décision de se séparer de son coach de toujours, Eric Winogradsky ? Je l'ai su quelques petites heures avant vous je pense (sourire), mais ça reste sa décision, sa carrière. Je pense que je n'ai pas trop de commentaires à faire là-dessus. "Nadal est le favori incontesté" Comment les choses se passent-elles lorsqu'on quitte son coach ? Est-il difficile de se relancer ? "Jo" va-t-il prendre du temps à revenir à un certain niveau ? A mon avis, concernant "Jo", ça ne se passera pas forcément comme ça. C'est quelqu'un qui a beaucoup de confiance en lui, donc je pense qu'avant tout, en voyant comment il s'est entraîné, je pense qu'il a des choses à se prouver. J'ai entendu dire qu'il voulait changer des choses dans son jeu. Il veut peut-être entendre autre chose. J'espère que c'est un bon choix qu'il a pu faire, et qu'il va trouver quelqu'un qui va correspondre à ce qu'il attend. Il a peut-être envie d'avoir un discours, des mots différents, pour le faire jouer d'une façon différente ou bien d'un discours qui le remette en confiance plus qu'il ne l'est déjà. Tsonga était très proche de Winogradsky. Trop d'affect entre le joueur et l'entraîneur peut-il nuire ? Le coach peut-il avoir des difficultés à appuyer là où ça fait mal ? Ecoutez, ça, je ne sais pas trop. Mais ce n'est jamais de trop de bien s'entendre avec son coach, d'être vraiment très proche. Au contraire. Pour ma part, le côté humain est aussi important que le côté sportif. C'est ce qui aide beaucoup aussi. "Jo" a eu beaucoup de galères, et avoir quelqu'un comme "Wino" qui le soutienne lui a fait beaucoup de bien. Il a mis un terme à cette collaboration pour des raisons qui sont les siennes. En tout cas, ce n'est jamais de trop d'avoir de très bonnes relations avec son coach Impossible de parler terre battue sans évoquer Nadal... Que se dit-on quand il s'aligne dans le même tournoi que vous, sur cette surface ? Il est le favori incontesté, parce qu'il n'a perdu que cinq matches en six ans, ce sont des stats incroyables et l'on se dit que ça ne va pas être facile. Mais on se dit surtout que ça reste un match de tennis, même si l'on a bien plus de chances de perdre. On croit en l'exploit, en nos capacités. On a vu quelques joueurs le bousculer, voire gagner contre lui. Pour lui, il y a quoi... sept semaines où être à bloc... Sur sept semaines, il y aura bien un ou deux jours où il sera un peu moins bien, où il aura de petits problèmes de sensations ou autre. On espère tout de même créer un exploit. Face à lui, le match ne se joue-t-il pas avant même de poser le pied sur le terrain ? Pour ma part, pas trop. Quand je rentre sur le terrain contre Rafa, ça ne joue pas trop avant, mais pendant: prendre une bonne tactique et s'y tenir. Le plus dur contre lui, c'est ça: arriver avec une tactique et ne pas changer, ne pas vouloir surjouer, ne pas vouloir entamer quelque chose de trop dur. Lorsque je perds face à lui, c'est toujours sur le terrain. Parce qu'à ce moment-là, il a été plus fort que moi. Pas avant. Federer peut-il battre Nadal et gagner ce tournoi pour la première fois de sa carrière ? Oui. Ça reste Federer... Tout est possible. Il a déjà battu Rafa sur terre battue. Donc oui, il peut gagner. On parle là de deux légendes du tennis. Quand Rafa joue sur terre battue, il a peut-être un léger avantage. Mais tout reste possible. Que peut-on attendre de Gaël Monfils cette semaine ? Quand je suis en forme, je vous dis que je n'en sais rien. Là... c'est un peu pareil ! (sourire) "Je n'ai jamais gagné un match sur le Central de Monte-Carlo !" C'est l'inconnue totale ? Complètement. Mais je suis très content d'être ici, je n'avais plus joué à Monaco depuis deux ans il me semble. Je ne m'attends à rien... On verra bien (sourire). Etes-vous parvenu à vous faire une petite idée de votre état de forme par rapport aux entraînements ? Pas forcément. Pendant trois, quatre jours, c'était pas mal. Et là, par exemple, cela fait deux jours et demi que je ne joue pas bien du tout. Donc pas évident de savoir... Je manque de rythme, mais on verra bien, je donnerai le maximum. Et physiquement ? C'est mieux. Il faut dire que je bosse le physique depuis plus de temps que le tennis. Donc je me sens bien, compétitif. Vous avez souvent été victime de pépins physiques au moment d'aborder la saison sur terre. Est-ce frustrant d'entamer la course contre la montre avant Roland-Garros sans bénéficier d'une préparation optimale ? Le plus frustrant, honnêtement, c'est de se blesser. Cette année, je voulais éviter les blessures, et je l'ai eue d'entrée, dès la première semaine... Au premier tour de l'Open d'Australie: parfait (sourire) ! L'objectif n'est donc pas atteint. J'ai joué six matches cette année, donc je n'ai pas réussi à arriver "en pleine bourre". Je préfère mal jouer pendant deux mois que d'arriver blessé. Etre loin des terrains, et voir les autres jouer, ça fait mal ? Je ne suis pas trop. Mais ça manque ! On a toujours envie de jouer, de faire quelque chose. Et ça, c'est vraiment la blessure un peu traître: tu peux tout faire sauf des revers... Au bout d'un mois, tu te dis: "Bon allez, je reviens, je fais un mois de revers à une main, je peux m'en sortir". Mais bon, entre guillemets, j'ai pris l'habitude, donc ça me fait moins mal... Malgré tout, vous avez voulu poser la raquette. Oui, car c'est stressant. Au début, je me suis dit: "Je vais continuer à tout faire." Quand tu t'entraînes, que la balle arrive et que tu n'as pas le temps de te décaler en coup droit, naturellement tu as envie de faire un revers à deux mains. Tu te reprends une décharge et te remets deux, trois jours de plus. A la fin, que tu fasses un mois de coup droit ou de service... le mec va jouer ton revers lorsque tu vas revenir sur le circuit ! Donc ça ne va pas changer grand-chose... Avez-vous la sensation de mieux gérer aujourd'hui ces périodes de blessures ? Je ne sais pas si je gère mieux, mais je me voile peut-être un peu plus la face. Je me dis que c'est de la routine. Je ne fais rien en particulier, j'attends. C'est pénible. Comment expliquer que ce tournoi ne vous ait jamais trop réussi ? J'ai une stat horrible même... Je n'ai jamais gagné un match sur le Central ! Je n'ai gagné que deux matches ici. Ce n'est pas terrible. Je ne sais pas trop pourquoi. Ce sont pourtant de bonnes conditions, le tournoi est vraiment sympa, mais je n'ai jamais trop, trop brillé. Je n'ai pas trop d'explications. Ce n'est pas très bien parti cette année, c'est sûr ! Mais je vais essayer de m'en sortir (sourire). Quel était le contexte les autres années ? En 2005, c'était injouable: j'avais joué Rafa au premier tour. J'avais pris 3 et 2... En 2006, j'ai perdu sur Rochus en trois sets. C'est peut-être l'année où j'aurais pu mieux m'en sortir. J'avais gagné le premier set et n'avais pas réussi à trop gérer mon match. En 2007, où je m'étais blessé juste avant le match, j'avais abandonné à 6-0, 2-0 contre Stepanek, je n'avais pas eu de chance. En 2008, je n'ai pas trop mal joué: j'ai battu Verdasco, Karlovic, et je perds sur Federer. Enfin, en 2009, où je m'étais fait mal au genou, j'avais pris 3 et 2 contre Tipsarevic et je n'avais rejoué qu'à Roland. Et cette année où vous ne perdez que face à Federer, quelles sont les conditions ? Y a-t-il quelque chose de particulier ? Je pense que j'avais eu de la réussite, tout simplement !