Mondory: "Pas de complexe à avoir"

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Mondory: "Pas de complexe à avoir"
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Souvent placé depuis le début de saison, à l'image de sa cinquième place sur Gand-Wevelgem, Lloyd Mondory a terminé 17e du Tour des Flandres la semaine dernière. Une petite déception pour le coureur d'AG2R qui espère bien se rattraper dimanche sur Paris-Roubaix. S'il sait qu'il ne fait pas partie des favoris, le Charentais espère intégrer le top 10 et pourquoi pas créer la surprise.

Souvent placé depuis le début de saison, à l'image de sa cinquième place sur Gand-Wevelgem, Lloyd Mondory a terminé 17e du Tour des Flandres la semaine dernière. Une petite déception pour le coureur d'AG2R qui espère bien se rattraper dimanche sur Paris-Roubaix. S'il sait qu'il ne fait pas partie des favoris, le Charentais espère intégrer le top 10 et pourquoi pas créer la surprise. Etes-vous satisfait de votre début de saison sur les Classiques ? Oui, c'est un bon début de saison. Ce sont des choses que je m'étais mis dans la tête. J'avais à coeur de réussir et d'être performant. On ne va pas dire que c'est normal ce qui arrive, mais je ne m'attendais pas à faire moins. C'est toujours une bonne surprise quand on est présent avec les meilleurs sur des courses d'une telle importance. Mais c'est ce que l'on attend de moi et ce que j'attends de moi aussi. J'essaye de bien travailler tous les hivers pour m'améliorer encore. C'est une belle satisfaction, mais c'est normal aussi, qu'à un moment donné, je sois là par rapport aux années que j'ai derrière moi en tant que professionnel. C'est une belle satisfaction comme cette très belle cinquième place sur Gand-Wevelgem dans une course de très haut niveau. Justement, est-ce cette cinquième place qui vous a donné confiance ? Non, la période qui est vraiment importante pour moi commence avec Tirreno-Adriatico. C'est une course que je fais déjà depuis cinq ans, qui me plaît et qui est idéale, à mes yeux, pour préparer les Classiques, dans un environnement plaisant, au lieu d'aller à Paris-Nice qui est une course qui ne m'attire pas plus que ça. Sur Tirreno, j'avais déjà de bonnes jambes, les sensations étaient bonnes. J'ai loupé Milan-San Remo qui était l'un de mes grands objectifs de l'année. C'est une course que j'apprécie plus que les autres. Malheureusement, la course s'est jouée bêtement lors d'une chute survenue à l'avant dans la descente d'un col à cent kilomètres de l'arrivée. Par prudence, je n'étais pas trop à l'avant pour ne pas prendre trop de risques, mais on n'a jamais réussi à recoller avec ce premier groupe de 40 coureurs. J'étais un peu aigri de cette mauvaise prestation, car mes jambes étaient déjà aussi bonnes qu'à Gand-Wevelgem. J'avais déjà loupé l'un de mes premiers rendez-vous qui était important pour moi et pour l'équipe, mais la conviction était là. Je savais que j'étais capable de batailler avec les meilleurs. "Le classement Pro-Tour, c'est le nerf de la guerre" Il ne manquait donc plus qu'un bon résultat ? Oui, sur A travers les Flandres, j'ai réalisé une très belle course. A la sortie de tous les secteurs les plus difficiles, on était une quinzaine devant. J'étais avec les meilleurs, c'était donc une grande satisfaction. La journée s'est malheureusement terminée sur une triste 16e place. Sur le GP E3 pareil, je me retrouve aussi avec les meilleurs, mais je ne prends aussi qu'un accessit, une place d'honneur. Gand-Wevelgem m'a permis d'accrocher un bon résultat personnel et collectif. C'était important pour l'équipe d'apporter des points au classement Pro-Tour qui est aujourd'hui le nerf de la guerre de tous les coureurs et des directeurs sportifs pour conserver notre statut d'équipe World Tour. Et sur le Tour de Flandres, cette 17e place est-elle une satisfaction ou une déception ? J'étais un petit peu moins bien. 17e à 1'30'' environ du vainqueur. Malgré tout, on relativise les choses. 17e du Tour des Flandres ça reste un super résultat, ce n'est pas n'importe quelle course. Quand on regarde les coureurs qui sont devant moi, c'est l'élite mondiale. Tout est relatif. C'est une belle performance, mais mon objectif était de rentrer dans les dix premiers. Avec les sensations que j'avais eu avant, où j'étais capable de suivre les meilleurs dans les secteurs les plus difficiles, on aurait pu espérer mieux, mais j'étais un cran en-dessous et ça ne m'a pas permis de pouvoir essayer de pouvoir faire mieux donc je n'ai pas de regrets. Dimanche, c'est Paris-Roubaix. Dans quel état d'esprit êtes-vous ? Dimanche, c'est le dernier des grands monuments du début de saison pour moi parce qu'après, il y aura encore de belles courses, comme Liège-Bastogne-Liège ou la Flèche Wallonne, mais ce ne sera pas le même registre et pas les mêmes coureurs. J'avais l'objectif de rentrer dans les dix premiers des Flandres et de Roubaix. Ça n'a pas marché sur le Ronde, ce n'est pas pour ça que je désespère à Roubaix, au contraire. L'an dernier, ça m'avait même mieux réussi que les Flandres. J'ai eu des meilleures sensations sur Paris-Roubaix étant plus jeune, il y a trois ou quatre ans, alors que le Tour des Flandres, j'ai mis un peu de temps pour me sentir capable de faire quelque chose. Ça fait deux, trois ans que j'ai à coeur de participer à Paris-Roubaix parce que je me sens bien dessus. Maintenant, dimanche, on va jeter tout ce qui reste dans la bataille. Après, j'aurais bientôt une petite coupure pour récupérer. On va donner le maximum. L'objectif, c'est le top 10. L'an dernier vous n'étiez pas loin de la dixième place... Oui, je me fais reprendre à un kilomètre du vélodrome, alors qu'on n'était plus que deux coureurs avec Hincapie pour la dixième place. Je finis 17e, mais j'avais bataillé avec les meilleurs quasiment toute la course. Je sais que c'est réalisable, que c'est possible, mais je n'ai pas le droit à la moindre petite faiblesse, car, malgré tout, je suis largement un cran en dessous des tous meilleurs favoris. Mais il n'y a pas de complexe à avoir. Si les jambes sont au rendez-vous dimanche, comme elles l'étaient ce dernier mois et que la course se passe favorablement, d'autant plus qu'on a une belle formation qui a pris confiance ces deux dernières années sur ces courses-là, on est capable de faire quelque chose. J'ai confiance, je suis déterminé et je vais me battre pour atteindre mon objectif. "Puis l'arrivée sur le vélodrome à Roubaix, avec la cloche..." Mercredi, vous avez participé au GP de l'Escaut (qu'il a terminé à la 16e place, ndlr). Pourquoi ? Pour rester dans le rythme entre le Tour des Flandres et Paris-Roubaix ? Oui, exactement. Ça nous permet de ne pas nous infliger une séance d'entraînement seul ou en groupe. On a fait une coupure lundi et mardi, puis mercredi une belle course de 200 kilomètres à un bon rythme, car les favoris de Roubaix sont au départ. La plupart des coureurs ont déjà Paris-Roubaix à l'esprit. Je préfère faire cinq heures de vélo pour aller chercher un résultat, plutôt qu'un entraînement. Ça permet de rester dans la compétition et, en même temps, on a largement le temps de récupérer. Paris-Roubaix, est-ce une course qui vous a toujours fait rêver ? Oui, j'ai la chance d'avoir la culture vélo depuis mon enfance. J'ai vécu dans une famille de vélo. Mon père (Philippe Mondory, vainqueur du Tour du Finistère en 1990) a été coureur. Il a gagné sa vie grâce au vélo. J'ai eu la chance de lire des bouquins quand j'étais petit, de regarder le vélo à la télé par passion. Donc, c'est vrai que c'est incontournable de connaître Paris-Roubaix. J'en ai passé des dimanches devant la télé à regarder les champions qui m'ont donné des frissons devant l'écran. C'est une course extraordinaire par sa foule, cette tension qui a à l'approche de chaque secteur. On a, entre guillemets, parfois peur d'y aller, car on se dit: "Est-ce que je ne vais pas avoir un ennui mécanique ?". Mais quand l'écrémage se fait petit à petit et que le groupe principal commence à diminuer et qu'on est encore là, on a envie d'en faire encore partie, de se battre pour faire un bon résultat. Puis l'arrivée sur le vélodrome à Roubaix, avec la cloche, même si je n'ai jamais eu l'occasion d'arriver sur le vélodrome pour la victoire, c'est quand même des moments fantastiques. J'ai à coeur, un jour, de me battre pour un très bon résultat et arriver le plus près du podium si j'en ai l'occasion. Quels sont vos favoris ? L'incontournable, c'est Fabian Cancellara. Tom Boonen aussi. Mais on peut mettre aussi, par sa démonstration sur le Tour de Flandres, qui n'a pas été payante même si il fait deuxième, Sylvain Chavanel. Des coureurs comme Langeveld, Flecha, qui est toujours là à l'affût de la moindre opportunité. Après, il y a des coureurs qui sont un peu plus dans le doute. On ne sait pas si Haussler, Hushovd vont être au rendez-vous, même si ce dernier est toujours présent. C'est la course qui le fait le plus rêver dans ce début de saison. Il a déjà la tête à cet objectif depuis plusieurs semaines et il sera sans doute redoutable dimanche.