Millo-Chluski a la carrure

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Millo-Chluski a la carrure
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A quatre jours désormais du premier match du XV de France en Nouvelle-Zélande, notre site se penche sur le cas de Romain Millo-Chluski. Derrière Lionel Nallet et Pascal Papé, a priori solides titulaires du poste, le deuxième ligne du Stade toulousain a l'occasion de reprendre sa progression avec l'équipe de France, trop longtemps hachée par les blessures.

A quatre jours désormais du premier match du XV de France en Nouvelle-Zélande, notre site se penche sur le cas de Romain Millo-Chluski. Derrière Lionel Nallet et Pascal Papé, a priori solides titulaires du poste, le deuxième ligne du Stade toulousain a l'occasion de reprendre sa progression avec l'équipe de France, trop longtemps hachée par les blessures. Dimitri Yachvili et Morgan Parra, les deux petits formats du XV de France, tiendraient sur chacune de ses épaules. Romain Millo-Chluski, c'est d'abord un physique de déménageur breton (1,96 m ; 119 kg) qui aurait mangé un spécialiste des épreuves de force basque au petit-déjeuner. Des épaules plus larges que les cuisses des gros qu'il pousse au cul en mêlée. Un coffre plus épais que le palmarès du Stade toulousain, qu'il a rejoint à 18 ans en provenance de Massy. Une force de la nature, dont la progression a pourtant été trahie par les blessures. Le tendon d'Achille, qui l'empêche en 2008 de découvrir le Tournoi des Six Nations, trois ans après sa première sélection chez les Bleus. L'épaule droite, qui le prive en 2010 du Grand Chelem après s'être enfin imposé en 2009 comme un indiscutable titulaire en deuxième ligne (neuf matches sur 11 possibles). Le mollet enfin, qui l'écarte de nouveau en ce début d'année 2011 dans la dernière ligne droite vers la Coupe du monde. Marc Lièvremont aurait pu se lasser, et décider de se passer de ses services en Nouvelle-Zélande. Mais le sélectionneur sait depuis longtemps qu'il tient là l'une des poutres de son pack. "Des joueurs comme lui, il n'y en a qu'un, disait-il du Francilien à l'aube du Tournoi 2010. Il est irremplaçable par rapport à sa robustesse, à ses aptitudes au contact et dans la reconquête du ballon. Il est puissant mais aussi extrêmement technique. Sur ce registre-là, à droite de la mêlée, Papé et Nallet peuvent jouer, mais avec moins d'efficacité.""Je m'attèle plus à des tâches dites obscures" Nallet, un homme avec qui Millo-Chluski partage cette discrétion brute. Taiseux mais redouté, calme mais explosif, le Toulousain, double champion de France (2008 et 2011) et double champion d'Europe (2005 et 2010), est un guerrier de l'ombre. "On m'accorde un tempérament discret, parfois même timide, j'assume, avouait-il au début de l'année 2009. Jouer le ballon si cette opportunité se présente, pourquoi pas, mais c'est vrai que je m'attèle plus à des tâches dites obscures. Ça ne me dérange pas que l'on me classe dans cette catégorie. Je me retrouve beaucoup dans le combat, j'essaie de me déplacer, d'être au maximum au soutien de mes partenaires pour apporter des déblayages assez rapides." Un abattage qui fait depuis 2005 le bonheur du Stade toulousain, où il a grandi sous l'aile tutélaire de Fabien Pelous. Il aura fallu attendre la fin du Mondial 2007 pour que le recordman de sélections en équipe de France (118) cède enfin sa place à Nallet chez les Bleus. A 28 ans, Millo-Chluski devra-t-il lui aussi attendre la fin de la Coupe du monde 2011, sa première, pour s'imposer au détriment de Nallet ? Le Toulousain a les épaules pour forcer le passage...