Mignoni: "Basculer vers autre chose"

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Mignoni: "Basculer vers autre chose"
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Sans briller, et même plutôt dans la douleur, le RC Toulon entretient son objectif de qualification pour les phases finales du Top 14. Après La Rochelle et Brive, vaincus au forceps à Mayol, le club varois poursuit samedi, à Agen, sa revue de bas de tableau. A bientôt 34 ans, Pierre Mignoni vit ses derniers mois en tant que joueur pro. Raison de plus de tout donner. Pour ne rien regretter.

Sans briller, et même plutôt dans la douleur, le RC Toulon entretient son objectif de qualification pour les phases finales du Top 14. Après La Rochelle et Brive, vaincus au forceps à Mayol, le club varois poursuit samedi, à Agen, sa revue de bas de tableau. A bientôt 34 ans, Pierre Mignoni vit ses derniers mois en tant que joueur pro. Raison de plus de tout donner. Pour ne rien regretter. Pierre, comment les Rouge et Noir abordent-ils le déplacement à Agen, après avoir été bousculés sur les dernières rencontres ? Vous semblez avoir un peu moins de certitudes qu'il y a quelques temps... C'est vrai que depuis les deux dernières rencontres, on a un peu moins de certitudes, on est un peu moins bien et l'on travaille un peu moins bien aussi, il faut le reconnaître. Mais avant un déplacement comme ça, il est bon de mettre le doigt sur ce qui ne va pas pour essayer de faire un grand match à Agen. Le calendrier haché ne vous facilite pas forcément la tâche... Ce n'est pas évident, mais c'est pareil pour tout le monde. On n'a pas d'excuses. Malheureusement, on le sait, on ne peut pas être en forme toute la saison. Mais là, c'est une période importante pour la suite... Agen pointe seulement en 11e position du classement (Toulon est 4e, ndlr). Cela permet-il de minimiser la pression ? Non, non... Il y a beaucoup de pression. Agen est une équipe redoutable à domicile (5 victoires, 1 nul, 3 défaites, ndlr). Ils ont des entraîneurs qui aiment vraiment le jeu, et c'est une équipe qui joue très bien. Les joueurs sont assez homogènes, assez complets : bons derrière, assez performants sur des jeux de relance... Pour moi, le SUA est une équipe sur laquelle il va falloir encore compter sur la fin de saison. "Tillous-Borde va nous apporter de la densité physique" Vous disiez avoir moins bien travaillé. Où cela a-t-il pêché le plus dernièrement ? Sur notre capacité à nous déplacer. Nous avons été moins performants. A partir de là, on a moins de solutions. On le sait, donc maintenant, à nous de remonter le niveau ! Quelques mots sur l'arrivée de Sébastien Tillous- Borde la saison prochaine au poste de demi de mêlée ? Je pense que c'est une bonne chose pour le club. Il va nous apporter de la densité physique. Et c'est un joueur que j'aime bien. Satisfait de la relève ?... Oui, je suis content (sourire). C'est bien pour lui aussi. Votre décision d'arrêter a-t-elle été motivée uniquement par la crainte de faire la « saison de trop », la crainte de ne plus assurer à 100% sur le terrain, de ne plus être au niveau physiquement, ou bien l'envie s'amenuisait-elle ? J'ai toujours envie, je prends toujours beaucoup de plaisir. Donc ça, ça va. Mais justement, le fait de ne plus trop avoir envie, je ne veux pas connaître ça. C'est vrai que j'ai beaucoup de travail, car j'ai mon poste mais je m'occupe aussi des skills (séances d'entraînement sur les gestes techniques, ndlr). J'essaye de trouver un équilibre, pour l'instant ça marche à peu près bien. Et je vais avoir 34 ans dans peu de temps (le 28 février, ndlr), je pense que c'est le bon moment pour moi d'arrêter. En plus, il y a des jeunes qui arrivent. Donc c'est bien... La transition s'effectuera en douceur puisque vous agirez toujours auprès du club. En revanche, on sait que mettre un terme à sa carrière est toujours un moment difficile. Il est d'autant plus délicat de partir au moment où l'équipe est en pleine ascension... Bien sûr. Ce n'est pas une décision facile, mais elle est mûrement réfléchie. Je sais très bien, du moins j'espère, que Toulon sera compétitif la saison prochaine. Pour ma part, je vais basculer vers autre chose, avec un gros challenge aussi, donc c'est très bien. Sachant que ces matches sont les derniers, diriez-vous que vous les savourez à 200%, ou qu'au contraire, vous avez tendance cogiter énormément ? Non, je n'y pense pas. Bon, je sais que j'arrête, les gens m'en parlent, mais il me reste trois mois. Trois mois de pur bonheur à jouer encore dans le championnat. On a un quart de finale de Coupe d'Europe... Pour moi, c'est super excitant. J'ai envie d'aller le plus loin possible, de donner le maximum de ce que je peux encore donner sur le terrain. Après, ce sera terminé, je ferai comme les autres, à regarder. En tout cas, j'ai vraiment envie de profiter de ces trois mois et surtout, d'aller le plus loin possible. "J'ai regardé à quelle date on allait à Clermont..." Ce quart de finale européen est un superbe défi pour le club. Cependant, jouer sur les deux tableaux ne peut-il pas nuire aux performances de l'équipe en Top 14 ? Non, ça ne désert par le club, ça c'est sûr. Après, forcément, tous les effectifs d'Europe, surtout Français, peuvent le dire : il est très compliqué de jouer les deux compétitions. Mais on a cette opportunité dans deux mois. On tirera un bilan après. Là, il ne faut pas trop calculer ça. On a d'abord des matches importants en championnat. Après viendra ce quart de finale magnifique à Barcelone. Alors bien sûr que l'on a hâte. Mais avant, on a des matches importants aussi, on le sait. Sur les deux derniers matches de championnat, on était un peu en dedans. Peut-être que dans la tête, on était encore en Coupe d'Europe, je ne sais pas... Ce n'est pas bon. Il faut que l'on s'y mette. Les derniers résultats sèment-ils le doute dans les esprits, ou bien permettent-ils malgré tout de conserver les mêmes ambitions pour la suite de la compétition ? Non, ça ne change pas. Quand tu ne joues pas très bien et que tu gagnes quand même, c'est toujours bon. A vrai dire, je préfère un peu moins bien jouer et gagner que moins bien jouer et perdre... On en est là, et les choses vont revenir petit à petit. Le 4 mars prochain, vous vous déplacez à Clermont Ferrand. Un match bien particulier pour vous... C'est sûr que j'ai regardé à quelle date on allait à Clermont (sourire). Ma famille viendra. J'ai passé une grande partie de ma carrière là-bas, et comme je l'ai dit, jamais je n'oublierai ce que j'ai vécu là bas ! Avec les amis, les joueurs, les supporters, j'ai vécu des choses fortes. Je suis très content d'y aller, et pour la dernière fois, jouer à Michelin (sourire)