Messi, un choix en question

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Messi, un choix en question
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Sans contester le talent hors-norme qui caractérise Lionel Messi, le deuxième Ballon d'Or consécutif argentin peut susciter les interrogations. Les champions du monde espagnols, Xavi et Iniesta, ce dernier inscrivant le but du titre contre les Pays-bas, auraient également mérité la fameuse distinction. Mais la fusion du trophée européen avec celui de la FIFA a sensiblement changé la donne.

Sans contester le talent hors-norme qui caractérise Lionel Messi, le deuxième Ballon d'Or consécutif argentin peut susciter les interrogations. Les champions du monde espagnols, Xavi et Iniesta, ce dernier inscrivant le but du titre contre les Pays-bas, auraient également mérité la fameuse distinction. Mais la fusion du trophée européen avec celui de la FIFA a sensiblement changé la donne. On aurait bien misé sur Andres Iniesta. Auteur du doublé avec le FC Barcelone, coupe-championnat, le milieu de terrain catalan avait achevé son année 2010 avec le titre suprême: la Coupe du monde. Mieux, il libéra tout un peuple en inscrivant le seul but de la rencontre face aux Pays-Bas à quelques petites minutes d'une série de tirs au but toujours incertaine. Ce bilan des plus prestigieux faisaient de l'Espagnol un candidat très sérieux au Ballon d'Or. Mais la donne a changé pour cette édition en même temps que les critères du célèbre trophée européen qui ont très longtemps, pour ne pas dire toujours, privilégié le palmarès comme atout principal. La fusion avec le prix du joueur FIFA de l'année a sensiblement bouleversé le profil des votants. Durant plus d'un demi-siècle, les journalistes du Vieux Continent étaient les seuls à désigner le meilleur footballeur européen de l'année, puis celui évoluant dans un championnat européen, incluant alors toutes les nationalités (*). 60 buts en 64 matches Dorénavant, les entraîneurs et capitaines de 208 nations participent à ce vote (416 voix contre 208 aux medias) et on comprend mieux ainsi le choix de Léo Messi. Le génie de l'Argentin, sa technique, capable de faire plier une défense et de changer le cours d'un match, ont séduit les techniciens, plus qu'une victoire en Coupe du monde. Les statisticiens en auront aussi pour leur argent en regardant son nombre de buts, tout simplement renversant: 60 lors de l'année écoulée en 64 rencontres officielles pour 12 doublés, 5 triplés et un quadruplé. Au final, Messi a récolté 22,65% des suffrages, devant Andres Iniesta (17, 36%) et Xavi (16, 48%). Les journalistes, eux, auraient élu... Wesley Sneijder. Le meneur de jeu de l'Inter Milan, finaliste de la Coupe du monde avec les Pays-Bas et auteur du triplé Ligue des champions-Scudetto-Coupe d'Italie, avait recueilli 23,1% devant Iniesta (22,59%) et Xavi (17,88%). Messi, 4e, était exclu du podium. La donne a vraiment changé. *: Le Libérien George Weah fut le premier non Européen à soulever le trophée, en 1995, l'année de cette internationalisation.