Messi mérite-t-il son Ballon d’Or ?

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Messi mérite-t-il son Ballon d’Or ?
@ Reuters
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LA POLEMIQUE – Tout le monde est surpris mais qui est mécontent ? Europe1.fr lance le débat.

"Oui, Messi incarne le football"

Jean-Charles Banoun, du service des sports d’Europe 1

"Sous l’ancien Régime du Ballon d’Or - entendez le vote unique d’un collège de journalistes - il n’y aurait eu match qu’entre les deux espagnols Iniesta et Xavi et le Néerlandais Wesley Sneijder et personne ne se serait demandé si le talent extraordinaire de Messi n’aurait pas dû supplanter une victoire en Coupe du Monde ou en Ligue des champions. Et pourtant…..que le vote des sélectionneurs et des capitaines ait rendu hommage pour la deuxième année consécutive au meilleur joueur de la planète, et peut-être même l’un des meilleurs de tous les temps, comment s’en offusquer ? Messi, même s’il n’a pas été champion du monde ou d’Europe cette année, a quasiment chaque semaine ébloui le monde entier avec ses accélérations de grande classe et ses buts empilés comme des livres dans une bibliothèque… 54 en 2010 et 30 en 30 matchs pour la saison en cours… Comment ne pas évoquer également son immense prestation lors du dernier clasico face au Real, remporté 5-0 par le Barça. Si on aime le football, Messi est un régal, un enchantement et, en ce qui concerne le Ballon d’Or, sans doute une évidence pour de longues années encore…"

"Non, Iniesta le méritait davantage"

Jérôme Lacroix, du service des sports d’Europe 1

"Comment ne pas récompenser la cheville ouvrière de la sélection championne du monde ? Le maillon fort du plus grand club de la planète football ? Andrés Iniesta a avant tout été victime du nouveau système de vote. Changement de fonctionnement, volonté de rupture : depuis 1995 et son ouverture aux joueurs non-européens, le Graal était systématiquement revenu, les années de Coupe du monde, à un joueur vainqueur de l’épreuve : Zinédine Zidane en 1998, Ronaldo en 2002, Fabio Cannavaro en 2006… Cette année, pas de chance pour "San Andrés", malgré son but qui a offert à la Roja la première Coupe du monde de son histoire, il fallait bien se distinguer des années précédentes. Certes, Lionel Messi affole les statistiques autant que les défenses adverses. Mais pourquoi le jury n’a-t-il pas récompensé les valeurs essentielles que doit véhiculer tout footballeur, et dont Iniesta est le parfait ambassadeur ? Le professionnalisme jusqu’au bout des crampons, une attitude exemplaire sur et en dehors des terrains. Il se consolera sans doute avec une partie de pêche, l’une de ses passions, ou avec un dîner au coin du feu avec son épouse ou ses parents. Iniesta, tout simplement."