Mermoz, attention fragile

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Mermoz, attention fragile
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Notre série de portraits des 30 Bleus mondialistes se poursuit avec Maxime Mermoz. Potentiellement titulaire au centre en vue de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.), le Perpignanais a encore été trahi par son corps lors du premier test-match face à l'Irlande. Touché au genou, l'ancien Toulousain semble avoir été supplanté par Fabrice Estebanez. A lui de regagner sa place sur le terrain en Nouvelle-Zélande, même si les occasions seront rares.

Notre série de portraits des 30 Bleus mondialistes se poursuit avec Maxime Mermoz. Potentiellement titulaire au centre en vue de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.), le Perpignanais a encore été trahi par son corps lors du premier test-match face à l'Irlande. Touché au genou, l'ancien Toulousain semble avoir été supplanté par Fabrice Estebanez. A lui de regagner sa place sur le terrain en Nouvelle-Zélande, même si les occasions seront rares. C'est ce qu'on peut appeler la faute à pas de chance, même si certains parleront plutôt d'un physique trop léger. L'histoire de Maxime Mermoz avec le XV de France, perturbée par les blessures, n'est pas un long fleuve tranquille. Déjà privé de l'enchaînement de test-matches en novembre dernier (Fidji, Argentine, Australie) en raison d'une blessure à l'épaule droite, le Vosgien avait dû sortir contre l'Ecosse en ouverture du Tournoi en février, touché à... l'épaule gauche. Rebelote il y a dix jours, à Bordeaux face à l'Irlande: cette fois, c'est le genou gauche qui a vrillé. Une entorse qui ne prive pas pour autant du Mondial le trois-quarts centre de l'Usap, mais pourrait bien lui coûter sa place aux dépens de Fabrice Estebanez. Forcément frustrant, pour un joueur au potentiel évident. La précision de ses ouvertures au pied, dans les phases de jeu rapide, n'est qu'une petite facette de l'éventail de qualités du natif d'Epinal. Parti de Toulouse en 2008 pour conquérir du temps de jeu à Perpignan, Mermoz avait réussi son pari dans les grandes largeurs. Pour sa première saison en Catalogne, il était sacré champion de France, le premier titre de l'Usap depuis 1955. Capé pour la première fois sous le maillot des Bleus en juillet 2008 en Australie (lourde défaite 10-40), l'ancien Haut-Garonnais avait vite été repéré par le giron fédéral. "De l'excitation, de l'angoisse" Dès 2004, Mermoz réussit en effet le Grand Chelem avec l'équipe de France des moins de 18 ans dans le Tournoi des Cinq nations, avant d'enchaîner avec une participation au Mondial des moins de 19 ans en 2005, pour finalement connaître l'apothéose de sa formation l'année suivante. En 2006, les Bleuets sont champions du monde des moins de 21 ans, en France, et le joueur du Stade toulousain (où il demeurera de 2001 à 2008) en est partie prenante. Non content d'évoluer à son poste de prédilection, au centre, au côté des Médard, Beauxis et autres Ouedraogo, Mermoz débute même un match... à l'ouverture, en poules contre le pays de Galles. Une anomalie qui ne se représentera plus souvent, presque plus jamais, mais qui prouve la confiance que lui accordaient à l'époque Emile Ntamack et Didier Retière. Et avec les talents multiples de l'intéressé. Devenus les adjoints de Marc Lièvremont chez les grands Bleus, les deux hommes ont forcément contribué à l'appel de Mermoz en sélection. Et à lui permettre, donc, de disputer la première Coupe du monde de sa carrière. "J'y pense, forcément, nous confiait-il mi juillet. C'est de l'excitation, de l'angoisse, un peu tout ça qui se mélange, tous les sentiments. C'est quelque chose de nouveau, mais on a qu'une envie, c'est de prendre du plaisir." Le Perpignanais devrait en avoir l'opportunité, mais il ne lui faudra pas se manquer. Mieux, il devra saisir sa chance en se montrant, sur ses entrées en jeu ou en cas de titularisation sur un match de seconde zone, contre le Canada ou le Japon par exemple. Plus solide physiquement, Estebanez semble désormais avoir une longueur d'avance, mais Mermoz doit prouver désormais que sa fragilité physique n'a d'égale que sa solidité mentale. Et, si possible, ne plus se blesser...