Mekhissi Benabbad: "Je savoure à fond"

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Mekhissi Benabbad: "Je savoure à fond"
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Conscient qu'il aurait pu manquer ces Mondiaux de Daegu après son altercation avec Mehdi Baala à Monaco, Mahiedine Mekhissi-Benabbad ne boudait pas son plaisir jeudi, la médaille de bronze du 3 000m steeple autour du cou. Le voilà dans le cercle très fermé des athlètes français médaillés dans chacun des grands championnats (Europe, Mondiaux, JO), au côté des Pérec, Galfione et Baala.

Conscient qu'il aurait pu manquer ces Mondiaux de Daegu après son altercation avec Mehdi Baala à Monaco, Mahiedine Mekhissi-Benabbad ne boudait pas son plaisir jeudi, la médaille de bronze du 3 000m steeple autour du cou. Le voilà dans le cercle très fermé des athlètes français médaillés dans chacun des grands championnats (Europe, Mondiaux, JO), au côté des Pérec, Galfione et Baala. Vous semblez plus ému aujourd'hui qu'après votre médaille d'argent olympique, à Pékin en 2008 ? Mes trois médailles sont belles, mais celle-là c'est vrai un peu plus. Ce n'était pas marrant ce qui s'est passé à Monaco (Mekhissi-Benabbad et Mehdi Baala en sont venus aux mains à l'arrivée, ndlr). J'ai failli ne pas être là. Alors je savoure à fond. Pour tourner la page je devais être performant ici. C'est ma façon de remercier la Fédération française d'athlétisme car je lui dois beaucoup, et je suis fier d'apporter cette médaille à l'équipe de France. Je suis aussi heureux parce qu'elle représente des sacrifices, des stages loin de ma famille. En se déportant, le Kényan Kipruto vous a-t-il réellement gêné ? A l'arrivée je lui ai dit qu'il n'était pas fair-play, il m'a répondu qu'il était désolé. S'il ne me gêne pas la course ne se finit peut-être pas comme ça (sourire). Mais après je me suis dit que c'était la loi du sport. Il n'a pas fait exprès, c'est plus un réflexe qu'autre chose, il a mérité sa deuxième place sur le terrain. Si on lui avait retiré sa médaille, ça m'aurait même un peu attristé. Tout ça est déjà du passé. Je suis content de ma médaille. Avez-vous été surpris par cette course prise en main par des Ougandais et un Sud-Africain, et non par les Kényans ? Avec mon entraîneur Farouk Madaci, on se prépare toujours à tous les scénarios. J'ai compris après 400 mètres que ce serait une course lente. Tout ce qui m'importait était de suivre les Kényans, quel que soit leur rythme. Le seul regret que j'ai est de ne pas avoir été au contact de Kemboi quand il a attaqué. J'avais les jambes pour le suivre, à l'arrivée il me restait des forces, du souffle. A part ça, j'ai fait une bourse course, tactiquement et techniquement. Mon apprentissage continue. Aux JO, on verra une autre course. "J'ai beaucoup appris aujourd'hui" Pourquoi les Kényans restent-ils les meilleurs ? Parce qu'ils s'entraînent toute l'année en équipe. Ils sont toujours quatre à être très forts, au même niveau. Quand j'étais petit je les regardais à la télé et je me disais un jour je les battrai. C'est ce que j'essaie de faire aujourd'hui. J'ai vu beaucoup de reportages sur eux. Je travaille dur pour combler l'écart. Mais ce n'est pas fini, je n'ai que 26 ans ! Si je n'ai pas gagné aujourd'hui c'est peut-être à cause du manque d'expérience. Kemboi est là depuis 2003, Kipruto a aussi beaucoup d'expérience, pas moi. J'ai beaucoup appris aujourd'hui. C'était déjà votre dernière course de la saison, mis à part le DécaNation à Nice le 18 septembre, cela doit être étrange pour vous ? Oui je suis suspendu, c'est comme ça. Les Kényans viennent de me dire qu'ils trouvaient dommage que je ne puisse pas participer au meeting de Zurich où ils comptent faire un temps. Ils trouvent que ça aurait fait une belle course (sourire). Mais le fait d'avoir fait ici ma dernière course m'a aussi aidé à me dépouiller. Je voulais bien finir pour vraiment mériter mes vacances !