Médard, c'est l'heure !

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Médard, c'est l'heure !
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Chaque jour qui passe rapproche un peu plus l'équipe de France de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Dans l'attente du jour-J, notre site poursuit sa série de portraits et se penche sur l'un des Tricolores les plus doués de sa génération. Maxime Médard est un pur talent, qui pourrait réconcilier les Bleus avec leur tradition du beau jeu.

Chaque jour qui passe rapproche un peu plus l'équipe de France de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.). Dans l'attente du jour-J, notre site poursuit sa série de portraits et se penche sur l'un des Tricolores les plus doués de sa génération. Maxime Médard est un pur talent, qui pourrait réconcilier les Bleus avec leur tradition du beau jeu. Il est de retour ! Maxime Médard n'a que 24 ans et pourtant sa trajectoire en bleu a déjà emprunté bien des détours. C'est aujourd'hui en pleine possession de ses moyens, meilleur marqueur du dernier Top 14 (15 essais) que le Toulousain aborde sa première Coupe du monde. A son sujet, tous les observateurs au pays du french flair sont unanimes : Médard est une pépite, un talent à l'état pur. Un môme surdoué, fils d'un troisième ligne aile, devenu entraîneur et arbitre, né à Blagnac, pour lequel tout a été très vite. Peut-être même trop vite pour ce pur produit du pôle France à Marcoussis, sacré champion du monde -21 ans (2006)... Imaginez : titulaire avec les pros du Stade Toulousain à seulement 18 ans, et auteur d'un essai dès son premier match en 2004, il signe son premier contrat l'année suivante. Sa voie est toute tracée et pourtant, l'intéressé se brûle les ailes. Une constante dans son parcours ; comme si l'évidence de son potentiel avait de quoi l'écraser et le contraindre à explorer des chemins de traverse pour se réaliser. Médard, un brin flambeur, se croit trop tôt arrivé et déchante. En 2007, loin de la ferveur populaire qui entoure la Coupe du monde en France, il se remet en question. Une première fois. C'est sur le ring, avec les gants de boxe, qu'il s'endurcit, apprend l'humilité, perd sept kilos, lui qui a tendance à l'embonpoint, et se remet en selle sous les ordres de l'entraîneur de Mayar Monshipour. Une carrière à rebonds Toulouse découvre son prodige, auteur d'une saison remarquable, qui profite des longues indisponibilités de Poitrenaud et Clerc, pour briller de mille feux, jouer la finale de Coupe d'Europe, perdue face au Munster, et inscrire 14 essais derrière l'intouchable Nalaga, dont l'un lors de la finale de championnat victorieuse face à Clermont. Médard par son jeu libéré et plein d'instinct est l'expression même de la philosophie toulousaine et l'héritier direct d'une tradition française. Sans doute lourd à porter, mais c'est naturellement qu'arrive la reconnaissance internationale. L'ère Lièvremont s'ouvre à peine et le jeune Toulousain incarne totalement cet idéal, même si ses premières apparitions en bleu le laissent sur sa faim. Lui ne relève que de relances folles et d'envolées superbes, une vision qui se heurte forcément à la réalité de cette jeune équipe de France encore en gestation. Médard devient pourtant indispensable, sélectionnés 14 fois sur 14 pour 13 titularisations, dont la polyvalence, à l'arrière comme à l'aile, comble ses entraîneurs : une année d'extase de 2008 à 2009 avec en point d'orgue son essai sur interception, qui scelle la victoire historique des Bleus à Dunedin, sur le terrain des All Blacks (27-22). Du grand art, mais le retour de flamme s'avère une fois encore douloureux. La carrière à rebonds du jeune trois-quarts, personnage sensible et attachant, traverse un nouveau trou noir au rythme de déboires privés. S'il demeure une valeur sûre à Toulouse, la porte des Bleus se referme durement. Un an de purgatoire, dont une brillante victoire du XV de France face aux Springboks, à Toulouse, qu'il doit subir en tant que simple spectateur. De nouveau, il lui faut remonter la pente et trouver le déclic pour franchir un nouveau palier et grandir. S'il doit se contenter d'une cape sans saveur face aux Fidji à l'automne 2010, Médard, qui flambe de nouveau en Top 14 -meilleur marqueur 2010-2011 (15 essais)- retrouve un statut de titulaire au meilleur moment dans le Tournoi 2011. A la veille de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, voilà Médard, plus que jamais une évidence, en bleu, comme le disait Lièvremont à ses débuts, prêt à enflammer la ligne de trois quarts française. A suivre mardi: Imanol HARINORDOQUY