McIlroy, un mois plus tard...

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McIlroy, un mois plus tard...
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Tous les yeux seront braqués sur Rory McIlroy à l'occasion du British Open, troisième Majeur de la saison qui débute jeudi au Royal St George's. Vainqueur magistral de l'US Open il y a un peu moins d'un mois, le Nord-Irlandais n'a plus rejoué depuis. Sans Tiger Woods, mais avec une meute d'outsiders prêts à contester sa suprématie naissante, le challenge sera ardu. Mais terriblement excitant.

Tous les yeux seront braqués sur Rory McIlroy à l'occasion du British Open, troisième Majeur de la saison qui débute jeudi au Royal St George's. Vainqueur magistral de l'US Open il y a un peu moins d'un mois, le Nord-Irlandais n'a plus rejoué depuis. Sans Tiger Woods, mais avec une meute d'outsiders prêts à contester sa suprématie naissante, le challenge sera ardu. Mais terriblement excitant. Lancé vers sa destinée, Rory McIlroy n'a plus de raisons de s'arrêter. Plutôt discret depuis trois semaines et son sacre éclatant à l'US Open, le Nord-Irlandais va ressortir de sa boîte, avec un challenge à la hauteur de son immense talent et de son statut naissant: remporter le British Open dans la foulée de l'US. Cette performance de choix, seuls trois joueurs l'ont réussie depuis 1934: Tiger Woods en 2000, Tom Watson en 1982 et Lee Trevino en 1971. Watson, justement, participera à 61 ans à son 34e British d'affilée - grâce à sa 2e place il y a deux ans - et a mis en parallèle son début de carrière avec celui de McIlroy. "Au début, je n'étais pas un winner - je me suis manqué dans de nombreux tournois - mais je me suis mis dans des situations de pression et j'ai appris comment y faire face, indique l'homme aux neuf Majeurs, sur le site de l'European Tour. La seule chose qui compte avec la pression, c'est de ne pas savoir qu'on en a." Malgré son jeune âge, McIlroy a attendu son heure, qui aurait pu arriver plus tôt, notamment au Masters où il menait la danse avant le dernier tour pour terminer sur une carte catastrophique de 80. Le nouveau roi du golf a ajouté une sacrée corde à son arc, en restant sur son nuage de bout en bout à l'US Open. "J'ai toujours voulu gagner des Majeurs" Watson boucle la boucle en livrant une ultime anecdote. "Après le Masters, je lui ai demandé ce qu'il avait appris et il m'a dit: «J'ai appris comment y faire face»." Une façon comme une autre d'adouber McIlroy dans la cour des grands. Beaucoup de questions trouveront des réponses lors du British Open, à propos du niveau du Nord-Irlandais. La principale, d'ordre général, est de savoir si McIlroy a effectivement basculé dans une autre dimension. "C'est ce que j'ai toujours voulu être, indique l'intéressé. J'ai toujours voulu être un golfeur couronné de succès, être un des meilleurs du monde et gagner des Majeurs." Au British, le test sera d'envergure. Sans Tiger Woods, qui manquera son deuxième Majeur d'affilée sur blessure, McIlroy a l'occasion d'occuper définitivement l'espace médiatique du golf, à l'échelle internationale. Une surprise reste possible sur les greens du Royal St George's, au vu du parcours assez ouvert et du plateau homogène. Après Graeme McDowell à l'US Open 2010, Louis Oosthuizen au British 2010, Martin Kaymer à l'USPGA et Charl Schwartzel au Masters, la victoire de McIlroy dans le Maryland a ramené une certaine logique, tant l'avènement du Nord-Irlandais était attendu. Face à Luke Donald, Lee Westwood et Martin Kaymer - ses trois compères européens qui le devancent au classement mondial - des Américains revanchards (Steve Stricker, Phil Mickelson, Bubba Watson...), des Sud-Africains traditionnellement en verve au British (le tenant du titre Louis Oosthuizen, le vainqueur de 2002 Ernie Els, Charl Schwartzel) et un jeune Australien, Jason Day, toujours le mors aux dents, une nouvelle victoire ferait passer un cap à McIlroy. Sans le Tigre, ça pourrait surtout ressembler à un passage de témoin définitif. Il serait alors temps, sans conteste, de commencer à comparer le prodige aux plus grands.