McIlroy, c'est Holywood !

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McIlroy, c'est Holywood !
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En remportant l'US Open dans la nuit de dimanche à lundi, Rory McIlroy est rentré dans l'histoire du golf. Ou plutôt, il a commencé à en écrire un chapitre qui pourrait être un des plus importants. Le natif de Holywood, en Irlande du Nord, est déjà reconnu depuis plusieurs années comme un des plus grands talents jamais vus. A 22 ans, le voici vainqueur de Majeur, et pas qu'un peu.

En remportant l'US Open dans la nuit de dimanche à lundi, Rory McIlroy est rentré dans l'histoire du golf. Ou plutôt, il a commencé à en écrire un chapitre qui pourrait être un des plus importants. Le natif de Holywood, en Irlande du Nord, est déjà reconnu depuis plusieurs années comme un des plus grands talents jamais vus. A 22 ans, le voici vainqueur de Majeur, et pas qu'un peu. La "Rorymania", c'est le vent de fraîcheur que le monde du golf attendait. Comme Fernando Alonso après Michael Schumacher, comme Rafael Nadal après Roger Federer - pour ne citer que les plus illustres - un jeune loup a renversé la hiérarchie de son sport. Rory McIlroy, passé pro en 2007 à l'âge de 18 ans, n'a fait que valider son talent hors normes en remportant son premier Majeur. Alors que Tiger Woods avait commencé sa quête de 14 titres par le Masters, le génie nord-irlandais, lui, débute par le plus compliqué, à savoir l'US Open. Evidemment, ça ne suffit pas pour faire de McIlroy un meilleur golfeur que le Tigre au même âge. Mais la comparaison est tout simplement inévitable. Pour autant, la nouvelle star internationale du golf veut surtout retenir le soulagement que procure un tel trophée, plutôt que sa symbolique. "De savoir que je viens de gagner ce trophée, dans les pas de Graeme McDowell, un de mes meilleurs amis, qui avait gagné l'an dernier à Pebble Beach, c'est un sentiment génial, explique-t-il ainsi sur le site de l'European Tour. Pour une petite nation comme la nôtre, gagner deux fois l'US Open d'affilée, c'est vraiment spécial. Comme Graeme l'avait dit l'an dernier, il va y avoir quelques pintes de Guinness de descendues." Voilà, c'est Rory McIlroy. Porté par son insouciance, il pense à son pays, à ses racines et à son entourage, alors que c'est bien le monde entier qui est maintenant prêt à l'adopter. Juste après son ultime putt sur le 18, il souhaite à son père une bonne fête, en fils bien élevé. Gageons qu'en cas d'oubli, son paternel ne lui en aurait pas tenu rigueur. Pas en ce 18 juin 2011. 14 records d'un seul coup ! "Je pense qu'il va me falloir un peu de temps pour réaliser." Moins de trois mois après son désastre personnel d'Augusta, où il a conclu le Masters avec un dernier tour en 80 - après avoir mené à l'issue des trois premiers tours - McIlroy est officiellement entré dans la cour des grands. "Remporter mon premier Majeur aussi tôt dans ma carrière, surtout après ce qui s'est passé ces derniers mois, c'est vraiment super. Maintenant, j'espère imposer mon nom dans la hiérarchie mondiale." Pour se convaincre de la place de plus en plus particulière que prendra désormais le gamin de Holywood (près de Belfast), il y a deux lectures. D'abord, il y a les chiffres, et les innombrables records de l'US Open que McIlroy a battu lors de cette édition 2011: le meilleur total de l'histoire sur un 72 trous en quatre tours (268), le meilleur score sous le par sur 72 trous (-16), le meilleur total à mi-parcours (131), l'écart le plus important sur le deuxième à mi-parcours (6, record de Woods égalé), le meilleur score après 54 trous (199), et le plus rapide à atteindre les 10 coups sous le par (26 trous), puis les 11 (32 trous), les 12 (34), les 13 (35), les 14 (50), les 15 (55), les 16 (58) puis les 17 coups sous le par (64). McIlroy est aussi devenu le troisième joueur de l'histoire de l'US Open à conclure ses quatre tours sous les 70 coups. Nicklaus: "Il est en avance sur moi" Ensuite, il y a les hommages. Pour mieux se rendre compte de ce que représente vraiment la "Rorymania", le Washington Post avance une théorie simple. "L'authenticité parle d'elle-même ou elle ne parle pas du tout. Rory McIlroy a l'air de l'avoir, à la fois dans son swing et sur son visage." Les connaisseurs aiment son jeu, les spectateurs adorent son style, dénué de toute arrogance et respirant la fraîcheur, la jeunesse. Lui qui a toujours refusé de prendre part au circuit PGA pour se concentrer sur l'Europe vient d'y bénéficier de cinq ans d'exemption grâce à sa victoire, et probablement de la considération à vie du public américain. Avec McIlroy - le vrai, celui de Bethesda - le golf paraît d'une simplicité extrême. Surtout, il est réduit à ce qu'il doit seulement être, c'est-à-dire un jeu. "J'ai dit il y a quelques années, quand j'ai vu Rory pour la première fois, qu'il s'agissait d'un des plus grands talents de ce sport. C'est probablement le plus grand talent que j'aie jamais vu, en tout cas." Le compliment est signé Luke Donald, actuel numéro un mondial et forcément conscient que le Nord-Irlandais sera peut-être le prochain à lui subtiliser son bien. "Il est en avance sur moi, son score en est la meilleure preuve. Je pense que ce gamin est parti pour une grande carrière. Il est humble lorsqu'il faut l'être, et confiant quand il faut l'être. J'aime son refus de la peur - il est désinvolte et j'aime ça." Cette dernière tirade est signée Jack Nicklaus, le recordman absolu des titres en Majeurs, avec 18 couronnes. McIlroy a remporté son premier titre plus jeune que lui, comme Woods l'avait fait également. Cet amoncellement de noms étoilés, au moment d'évoquer le Nord-Irlandais, ne trompe pas. "Les compliments ne valent pas grand-chose jusqu'à ce que la victoire arrive", disait-il en conférence de presse avant ce glorieux dimanche... La victoire est arrivée. Et l'éclosion tant attendue de ce joyau est de nature à faire basculer le golf dans une autre dimension.