Mas en première ligne

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Suite de notre série des joueurs français sélectionnés pour la Coupe du mondeet incursion ce dimanche, dans la confrérie des « gros » avec le Catalan Nicolas Mas. Quatre ans après une première Coupe du monde en France, dont il fut l'appelé de dernière minute, le pilier droit de l'Usap aborder aujourd'hui l'échéance néo-zélandaise dans la peau d'un indiscutable.

Suite de notre série des joueurs français sélectionnés pour la Coupe du mondeet incursion ce dimanche, dans la confrérie des « gros » avec le Catalan Nicolas Mas. Quatre ans après une première Coupe du monde en France, dont il fut l'appelé de dernière minute, le pilier droit de l'Usap aborder aujourd'hui l'échéance néo-zélandaise dans la peau d'un indiscutable. Qu'il semble loin le jeune homme réservé qui, à l'été 2007, à la veille de la Coupe du monde en France, débarquait en catastrophe, mais sur la pointe des pieds à Marcoussis, rappelé afin de pallier le forfait de Sylvain Marconnet... Nicolas Mas est méconnaissable. L'homme a vécu, le joueur s'est construit. Plus fort, tellement plus fort. De son premier Mondial, le Catalan ne garde qu'un souvenir contrasté entre découverte et frustration de vivre la compétition dans l'ombre du polyvalent Jean-Baptiste Poux. Un statut de doublure qui lui colle aux crampons depuis sa première cape en 2003. On a beau approché les 110 kilos sur la balance, pas facile de se faire une place au soleil de la mêlée bleue derrière des tauliers du calibre de Marconnet ou de Pieter De Villiers. Quatre ans plus tard et Mas s'affiche en première ligne. Incontournable, indispensable pilier droit de l'ère Lièvremont, qui depuis le Tournoi 2008 lui a accordé sa confiance à 30 reprises sur 36 sélections possibles. Une reconnaissance sur le tard dont l'emblématique capitaine de l'Usap -formé à Argelès, il est l'homme d'un seul club- a bien failli ne jamais bénéficier. Aussi solide soit-il, ce maçon de profession, qui travailla sur les chantiers avec son père de 17 à 21 ans, a connu le pire avec ces deux hernies cervicales et ces deux opérations, dont la dernière en 2005, l'immobilisa durant sept longs mois. Autant d'épreuves qui l'ont endurci. A son apogée en Nouvelle-Zélande ? Mas peut enchaîner les saisons et s'imposer comme la référence à son poste. Et mériter des éloges à n'en plus finir. "On a la sensation d'avoir un joueur expérimenté qui découvre un peu comme un jeune", apprécie dans L'Indépendant à son sujet Didier Retière, l'entraîneur des avants de l'équipe de France, en admiration devant le Catalan, plus très loin du titre de meilleur pilier droit du monde. Ne dit-on pas qu'il marche sur les traces du mythique Jean-Pierre Garuet... "Je l'ai vu faire des trucs énormes en mêlée à l'entraînement. Il a eu une prise de conscience de son potentiel, il s'est désinhibé. On le voit faire des uns contre un, des duels. C'est un joueur complet en train de donner la pleine dimension de son jeu." De lui, Garuet justement dit que "c'est un vrai droitier, le pilier de base, la pierre angulaire. Il est comme un coin dans une bille de bois, quand il rentre, le bois s'écaille." L'image en dit long... En Nouvelle-Zélande, Mas, 31 ans a l'opportunité de libérer la pleine mesure de son talent, dans la peau d'un leader de jeu de l'équipe de France, et dans la foulée d'un Grand Chelem 2010, dont il fut l'un des grands artisans, voire même la pierre angulaire. Pour peu que sa saison éprouvante -7 titularisations sur 8 possibles- n'entame pas son potentiel, alors l'homme des Albères, ses montagnes natales, pourrait bien encore faire du petit bois de ses vis-à-vis en mêlée. Les Bleus ne demandent pas mieux. A suivre lundi: Maxime MEDARD