Mancini sous pression éternelle

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Mancini sous pression éternelle
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A la tête d'une équipe qui pèse plus de 300 millions de livres sterling, Roberto Mancini sait sa marge de manoeuvre très limitée à Manchester City. Une première série de trois défaites de rang, interrompue ce week-end en Premier League, ont déjà fragilisé la position de l'Italien. Mais avant d'affronter le voisin d'United, mercredi, l'ancien entraîneur de l'Inter reste sous pression.

A la tête d'une équipe qui pèse plus de 300 millions de livres sterling, Roberto Mancini sait sa marge de manoeuvre très limitée à Manchester City. Une première série de trois défaites de rang, interrompue ce week-end en Premier League, ont déjà fragilisé la position de l'Italien. Mais avant d'affronter le voisin d'United, mercredi, l'ancien entraîneur de l'Inter reste sous pression. A la réflexion, Massimo Moratti était un bon bouclier. Depuis son arrivée à Manchester City, Roberto Mancini regrette peut-être son ancien président à l'Inter Milan qui avait l'habitude de recevoir les balles à sa place. Aujourd'hui, c'est lui la cible des tabloïds britanniques qui, présents là où tout sort de l'ordinaire, ont chacun pris leurs quartiers à Carrington, le centre d'entraînement de l'autre club de Manchester. Attirés par les pétrodollars du Cheikh Mansour, lequel, deux ans après son arrivée dans le capital de Manchester City, a encore lâché quelque 600 millions d'euros cet été pour éponger les dettes du club et construire une équipe qui pèse à elle seule plus de 300 millions de livres sterling ! Ça fait lourd dans les poches de l'entraîneur italien... Arrivé l'hiver dernier en remplacement de Mark Hugues, jugé trop tendre pour permettre au club de franchir le dernier palier, l'ancien coach de l'Inter Milan n'a depuis réussi à qualifier les Citizens que pour la Ligue Europa. Loin d'être suffisant pour les ambitions débordantes de son patron. Pas plus que pour la presse anglaise qui ne rate pas une occasion de tailler une veste au très élégant Mancini. Après trois défaites de rang, deux en Premier League contre Arsenal (0-3) et Wolverhampton (1-2) et une en Ligue Europa sur la pelouse du Lech Poznan (3-1), une formation dont le budget est inférieur à la valeur marchande de la star mancunienne, Carlos Tevez, le manager des Citizens était déjà sur la sellette pour tous, noyé dans la culture anglaise et trahi par une partie de son vestiaire. Victime de sa nationalité City vainqueur ce week-end à West Brom (2-0), grâce à un doublé de l'ingérable Mario Balotelli, Mancini est toujours là. Et peut compter sur le soutien de Patrick Vieira, pas rancunier envers un entraîneur qui ne lui offre que très peu de temps de jeu. "C'est un gagnant. Il avait cette mentalité lorsqu'il était joueur, il l'a toujours en tant qu'entraîneur", soulignait dans les colonnes du Daily Mirror celui qui l'a connu à l'Inter. "J'ai joué sous les ordres d'un grand entraîneur en la personne d'Arsène Wenger et la raison première de son succès, c'est qu'on lui a laissé le temps de bâtir l'équipe qu'il souhaitait. Même chose pour Ferguson à Manchester United. Il n'est pas temps de tirer la sonnette d'alarme après seulement trois mois pour ce qui est sa première saison pleine en Premier League." Pour l'intéressé, pas de doute, il est victime d'une cabale de la presse britannique en raison de sa nationalité. "Les tabloïds s'en prennent à City parce qu'il y a un Italien sur le banc. Je suis désolé de le dire mais les Anglais sont nationalistes en football", confiait-il récemment au quotidien italien Il Secolo XIX. S'il ne s'est jamais aventuré sur ce terrain glissant, Arsène Wenger prend lui aussi la défense de son collègue. "J'ai de la sympathie pour tous les managers qui rencontrent des problèmes parce que je sais ce que c'est. C'est dans ces moments que l'on mesure la force d'un club, quand il continue avec des gens compétents et qu'ils font les bons choix. Les directeurs de club sont là pour ça et j'invite ceux de Manchester City à faire confiance à Mancini", déclarait-il à The Independant. "Quand vous construisez une nouvelle équipe, vous avez besoin de temps et de patience parce que ça prend du temps. Ils ont traversé une période difficile mais ça arrive de faire trois mauvais matches de suite, ajoutait-il. Mais c'est vrai que la pression est plus forte quand on dépense beaucoup d'argent." Un luxe qui offre des droits mais aussi des devoirs. Et pour beaucoup, battre le voisin honni d'United, en est un. Mancini connaît le message.