Manaudou peut-elle revenir au top ?

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Manaudou peut-elle revenir au top ?
@ REUTERS
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NATATION - La question est sur toutes les lèvres. Florilège de réponses du monde de la natation.

Dans un entretien accordé au JDD dimanche, Laure Manaudou a confirmé son retour à la compétition. Mais la question qui taraude aujourd'hui tout le microcosme de la natation est la suivante : est-elle capable de retrouver son niveau, celui qui lui avait notamment permis de devenir championne olympique à Athènes, en 2004 ?

Autour des bassins de l'Open EDF de Paris, Europe 1 a posé la question aux principaux acteurs de la natation française, dirigeants comme nageurs. Petit tour d'horizon de ces réactions, des plus enthousiastes aux plus mesurées.

Les optimistes. Il sont les plus nombreux. Mais personne ne l’est autant que Francis Luyce, le président de la Fédération française de natation (FFN). "Laure Manaudou est capable de relever tous les défis, c'est une championne emblématique, elle a un tel talent, une telle envie, un tel courage, de telles qualités", s'enflamme-t-il. "Je n'ai aucune inquiétude sur le fait" qu'elle revienne (au plus haut niveau)".

Plus logique, le petit frère de Laure, FlorentManaudou, est lui aussi très confiant. "Je pense que si elle reprend, c'est qu'elle est prête dans sa tête à nager à nouveau". C'est l'argument de beaucoup. Laure Manaudou ne revient pas pour faire de la figuration. "Si elle se présente, c'est qu'elle sera prête, sinon elle ne se présenterait pas", considère l'ancienne championne Christine Caron. Un "si" aussi pour Franck Duboscq : "si elle veut, elle peut".

Les anciens entraîneurs de Manaudou, eux aussi, croient à un retour gagnant. Lionel Horter, directeur des équipes de France, explique : "de par son talent et parce qu'elle en aura envie, elle ne reviendra pas dans les mêmes conditions". Conclusion : pour la motivation, elle est déjà au top. Philippe Lucas parle de "contre-la-montre" en vue des JO "mais elle en est capable". "La sélection des Jeux va être mi-mars. Ca arrive très vite. Juillet, août, faut bosser."

Les réalistes. Le DTN de la natation française, Christian Donzé, a le discours le plus structuré. "Retrouver le niveau mondial, ça repasse par un certain nombre de fondamentaux, bien évidemment l'entraînement au quotidien, se remettre en condition physique, se retrouver dans la compétition, se réapproprier son environnement, et on le voit déjà pour des athlètes qui sont dans la dynamique de préparation que la compétition, c'est vraiment quelque chose de particulier, de spécifique. Et tout ça, ça prend du temps", souligne le DTN.

Du temps, c'est également ce que demande le compagnon de Manaudou, Frédérick Bousquet. "J'espère juste qu'il n'y aura pas trop d'attente sur elle et qu'elle pourra refaire son petit chemin tranquillement comme elle a fait ces derniers mois." Ce "petit chemin", elle l'emprunte aux Etats-Unis avec l'entraîneur Brett Hawke. L'Australien avance des objectifs mesurés pour sa célèbre élève. "Il faut être réaliste, elle a de meilleures chances sur 200 m", précise-t-il. On va essayer de gagner une place dans le relais français pour les Jeux Olympiques. C'est le premier objectif. Ensuite, on réfléchira à ses chances individuelles."

Les sceptiques. Elle est de la même génération de Manaudou et elle se met donc plus facilement à sa place. Pour Malia Metella, qui fut elle aussi médaillé olympique à Athènes (argent sur 50 m), le défi d'être prête à temps pour Londres est immense : "c'est très difficile de se dire qu'à un an des Jeux, on peut se remettre dans le bain alors que le niveau de natation s'améliore de mois en mois. Dans tous les championnats, les résultats explosent, donc c'est très compliqué de s'y prendre un an à l'avance, même avec l'expérience".

A 24 ans, et malgré le retour de Janet Evans, 39 ans, Manaudou va faire figure d'ancienne. A sa façon, Yannick Agnel, 19 ans, le souligne. "C'est un peu comme Ian Thorpe ou Janet Evans qui revient ici. Moi, je les regardais nager en étant petit en disant "moi, je veux faire ça, je veux être comme ça", ça fait un petit peu bizarre." Bref, comme dirait Agnel, "wait and see".