Manaudou, la preuve par 200

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Manaudou, la preuve par 200
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Qu'on se le dise, Laure Manaudou est bel et bien de retour. Après sa victoire sur le 200 m nage libre et un nouveau record personnel établi sur 50 m, la jeune femme de 24 ans a conclu sa rentrée au meeting d'Athens par un succès probant sur 200 m dos, dimanche. Les chronos parlent pour elle et son entraîneur Brett Hawke de livrer la recette de ce retour gagnant.

Qu'on se le dise, Laure Manaudou est bel et bien de retour. Après sa victoire sur le 200 m nage libre et un nouveau record personnel établi sur 50 m, la jeune femme de 24 ans a conclu sa rentrée au meeting d'Athens par un succès probant sur 200 m dos, dimanche. Les chronos parlent pour elle et son entraîneur Brett Hawke de livrer la recette de ce retour gagnant. Ce n'était pas une simple prise de température, un retour à la compétition pour se jauger et s'étalonner loin de la pression hexagonale. Si Laure Manaudou a effectivement apprécié la sérénité du cadre cette semaine, confessant avoir pu nager l'esprit libéré et focalisé sur sa nage, le meeting d'Athens a tourné au révélateur. Non, l'intéressée n'a rien perdu de son talent. Oui, sa marge de progression semble telle aujourd'hui qu'il faudra sans doute compter avec elle l'été prochain à Londres. Les performances réalisées ce week-end par la Rhodanienne valent tous les discours. Même sur 50 m - distance qui ne lui est pas forcément familière - la jeune femme a brillé, battant deux fois son record personnel, vieux de quatre ans (25"93 puis 25"84). Sur 100 m, la compagne du sprinter Frédérick Bousquet a également impressionné, signant notamment le meilleur temps des séries du 100 m dos, en un 1'01"99 qui cette année lui aurait permis de décrocher le titre de championne de France. Et sur 200 m, Laure Manaudou s'est permis de toiser la concurrence à deux reprises, en nage libre et dos, avec deux chronos prometteurs à la clef (1'59"30 et 2'10"20). Bien sûr, l'ancienne championne olympique et triple championne du monde n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau, concrétisé à Melbourne en 2007 sur 200 m nage libre (1'55"52) et à Dunkerque en 2008 pour ce qui est du 200 m dos (2'06"64). Mais selon Lionel Horter, le directeur de l'équipe de France, la nageuse de 24 ans s'est montrée convaincante cette semaine: "Elle sera aux Jeux en 2012." Une perspective qui tient désormais à ses performances aux Championnats de France en mars prochain. "Les deux trois premiers mois ont été très difficiles" Une chose est d'ores et déjà certaine, Laure Manaudou a retrouvé le goût de la victoire et le plaisir de la compétition ce week-end. Déstabilisée par un modeste temps de 2'17"13 dimanche matin en séries du 200 m dos - à quatre secondes de sa rivale annoncée, l'Américaine Megan Romano - la protégée de Brett Hawke, alors à deux doigts de jeter l'éponge, a su se remobiliser et repousser ses limites actuelles pour gagner sept secondes quelques heures plus tard. "On ne pensait pas qu'elle serait aussi en forme", avoue son nouvel entraîneur, avant d'expliquer ce retour gagnant sur les ondes d'Europe 1: "Elle est bien dans sa tête, elle vit à Auburn, dans une petite ville, en famille. Elle reste concentrée et confiante. Elle est heureuse." Et Brett Hawke de promettre: "Avec dix mois de préparation, elle sera vraiment très difficile à battre." "Je suis à fond parce que je vois qu'avec neuf mois d'entrainement je suis capable de faire des temps assez potables, entre guillemets. On va rentrer et travailler encore plus fort pour être là pour les sélections des Jeux, confie de son côté Laure Manaudou au micro d'Infosport+. Les deux trois premiers mois ont été très difficiles. Je pleurais dans mes lunettes pour tous les entrainements. Je sortais et me disais: 'si le prochain c'est comme ça, j'arrête'. Et puis il y avait toute l'équipe qui était derrière moi, qui m'encourageait, et ça c'est quelque chose que je n'avais pas connu avant, c'est vraiment une autre façon de voir le sport et c'est pour cela que je reste aux Etats-Unis pour m'entrainer." Force est de constater que les eaux américaines lui réussissent.