Maïga: "Personne n'est à l'abri"

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Maïga: "Personne n'est à l'abri"
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A l'aube d'un "match très important" à Auxerre (18e), samedi soir, lors de la 28e journée de Ligue 1, Modibo Maïga a accepté de revenir sur sa saison avec Sochaux (11e), pour qui il a déjà inscrit 11 buts en championnat. Une saison loin d'être terminée à en croire l'attaquant malien, qui évoque également ses années passées à Bamako, à Casablanca ou au Mans. Le tout avec sa fille sur les épaules.

A l'aube d'un "match très important" à Auxerre (18e), samedi soir, lors de la 28e journée de Ligue 1, Modibo Maïga a accepté de revenir sur sa saison avec Sochaux (11e), pour qui il a déjà inscrit 11 buts en championnat. Une saison loin d'être terminée à en croire l'attaquant malien, qui évoque également ses années passées à Bamako, à Casablanca ou au Mans. Le tout avec sa fille sur les épaules. Modibo, en juillet dernier, vous couriez seul à la Pincenardière, le centre d'entraînement du Mans. De l'eau a coulé sous les ponts depuis... À ce moment-là, je ne pouvais pas le dire, mais je savais quand même que tout allait se faire avec Sochaux, je le savais depuis le mois de mai. J'attendais juste qu'ils passent l'accord. Même s'il y avait d'autres choses, Sochaux s'est montré plus intéressant. Il y avait d'autres clubs, des clubs étrangers. Mais le plus important, c'était d'avoir une équipe qui voulait de moi, qui me respectait. Mais Le Mans a été dur en affaire... Cela concerne le club. En ce qui me concerne, avec Sochaux, on s'était déjà mis d'accord. C'est cela qui a bloqué un peu. J'aurais préféré venir un peu plus tôt, parce que je n'ai même pas fait la préparation avec eux: je suis venu deux semaines avant le championnat, je ne savais pas si j'allais être prêt. Avez-vous imaginé jouer en Ligue 2 ? S'il n'y avait pas eu l'accord, je n'avais pas le choix car j'étais encore sous contrat avec Le Mans. Bien sûr si, par exemple, Le Mans jouait en Ligue 1, cela aurait été beaucoup mieux. Le Mans m'a manqué. Honnêtement, c'est une équipe qui m'a permis de connaître le monde professionnel, le haut niveau, qui m'a appris beaucoup de choses. Là-bas, je suis tombé sur les bonnes personnes: Alain Pascalou (directeur technique), Daniel Jeandupeux (conseiller du président Henri Legarda), etc. "Si tu veux réussir dans le foot, il faut te sacrifier" Auparavant, vous avez évolué sous les couleurs du Raja Casablanca... Cela m'a beaucoup plu, j'ai vécu beaucoup de bonnes choses au Maroc. Je suis arrivé très jeune... C'est un grand club africain, en finale de différentes compétitions. Il y a une ambiance de fou, une ambiance de malade, de 70 000 à 90 000 supporters. C'est énorme ! Vous êtes né dans un des quartiers les plus chauds de Bamako, cela n'a pas dû être simple d'en arriver là... C'est comme tous les autres Africains: beaucoup de famille (il a grandi au milieu de dix frères et soeurs), des débuts très, très difficiles, la galère... Mais si tu veux réussir dans le foot, tu sais ce qu'il faut faire: il faut te sacrifier. Il n'y a pas trop de moyens, d'infrastructures... Il y a beaucoup de choses qui manquent, mais il faut faire avec. Et avec la chance, la grâce de Dieu, tu peux atteindre ton objectif. À vous écouter, la foi tient une place importante dans votre vie... C'est très important pour moi, oui, parce que je suis musulman. Mais le foot, c'est à part, c'est ton métier. La religion, c'est Dieu, c'est permanent. Espérez-vous revenir un jour au Mali ? C'est sûr ! Avant, j'espère faire une bonne carrière. Comme tous les joueurs, j'aimerais jouer dans des grands clubs, pourquoi pas disputer la Ligue des champions, il y a aussi la Coupe d'Afrique, la Coupe du monde, etc. Si des clubs me font rêver ? Bien sûr: le Barça. "Je veux marquer encore plus de buts pour que l'équipe avance" Avec 11 réalisations en Ligue 1, vous êtes 6e au classement des buteurs. Jusqu'où comptez-vous aller ? Je veux marquer encore plus de buts pour que l'équipe avance (le FCSM est 11e). Avec Brown Ideye (10 buts), on a de l'envie, on veut faire beaucoup de choses. Et puis on a le même objectif: évoluer dans un grand club. Lui est venu six mois avant moi, il a fait une demi-saison et apparemment il jouait tout seul devant, c'était un peu dur pour lui. Donc je suis arrivé avec ma petite expérience au Mans et je me suis adapté à lui. N'avez-vous pas eu peur de revivre une saison cauchemardesque ? Je n'ai pas pris de risques. Au Mans, on n'a pas eu de chance, on a gagné contre des grandes équipes. C'est comme cela, quand on n'a pas de chance, on n'a pas de chance. Mais on n'était pas ridicule. Avant de venir, je savais que Sochaux était un club familial comme Le Mans, une équipe un peu essoufflée depuis deux-trois ans, mais qu'il y avait de bons joueurs, de la qualité. Personnellement, j'ai progressé sur beaucoup de choses. J'ai rencontré un staff qui a de l'expérience, qui explique bien les choses. On travaille bien. Alors, peut-être qu'en se donnant la main, on peut changer les choses. Car le maintien n'est pas encore acquis... Cette saison, on s'y attendait. Maintenant, l'équipe n'a pas besoin de faire de calculs, il y a encore des points à prendre, il reste beaucoup de matches. Rien n'est fait pour ceux qui sont en bas de tableau et pour ceux qui sont au milieu. Personne n'est à l'abri. On verra à la fin.