Madiot: "Les sifflets ne me choquent pas"

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Madiot: "Les sifflets ne me choquent pas"
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A la veille du départ du Tour de France, Marc Madiot s'est confié sur les ambitions de son équipe qui se résument en un point: remporter une étape. Mais le manager général de la FDJ s'est également exprimé sur le cas d'Alberto Contador et les sifflets qui ont accompagné sa présentation jeudi. Une réaction complètement justifiée pour le Mayennais.

A la veille du départ du Tour de France, Marc Madiot s'est confié sur les ambitions de son équipe qui se résument en un point: remporter une étape. Mais le manager général de la FDJ s'est également exprimé sur le cas d'Alberto Contador et les sifflets qui ont accompagné sa présentation jeudi. Une réaction complètement justifiée pour le Mayennais. Marc, vous avez quasiment tout connu sur le Tour, aussi bien en tant que coureur que comme manager général. Que faut-il faire pour se mettre immédiatement dans de bonnes conditions et être dans une spirale positive ? D'abord, ce sont les coureurs qui pédalent. Le discours du directeur sportif ou du manager n'est là que pour les encourager. La spirale, elle existe ou elle n'existe pas parfois pour quelques centimètres, à savoir le résultat d'une étape. J'ai le souvenir d'un Tour de France, où l'on a fait quatre fois deuxième. A la sortie, je n'avais pas grand-chose à reprocher à mes coureurs, mais ce n'était pas un bon Tour. C'est pour cela que quand on me demande quel est l'objectif de l'équipe sur le Tour, je réponds: "Gagner une étape." Pour les médias et les équipes, c'est ce qui est le plus important. Pour certains journalistes moins avertis, c'est un manque d'ambition. Mais je rappelle juste que sur le Tour, il y a vingt jours de course. Il n'y en aura donc pas tout le monde. Au départ du Tour, on doit donc être extrêmement humble car tout peut basculer dans un sens ou dans l'autre très rapidement. Quel est votre favori pour ce Tour de France ? Sans surprise, Contador. Pourquoi ? Parce qu'il est celui qui a remporté le plus de grands Tours au départ de cette édition. Aujourd'hui, il vous semble indéboulonnable ? Sur le papier, oui, mais on verra au fur et à mesure de la course. Qu'avez-vous pensé des sifflets du public à son encontre jeudi au Puy-du-Fou lors de la présentation des équipes ? Le public a le droit de s'exprimer. Quand ce sont des applaudissements, personne ne dit rien. Le public a aussi le droit de dire quand ça ne lui convient pas. Quand le public fait l'effort de venir au bord de la route ou à une présentation comme hier (jeudi), c'est qu'il croit en quelque chose. Il croit en ce sport. Et malheureusement, on l'a souvent déçu dernièrement. Alors que le public siffle lors d'une présentation d'équipe et tant que cela ne déborde pas de manière physique, ça ne me choque pas. Je trouve même cela extrêmement sain. "Sans le public, nous sommes rien" Pourquoi ? Car dans toutes ces histoires, dans toutes ces affaires, il y a juste une chose que l'on oublie. C'est qu'on est là, on existe, vous les journalistes, nous les équipes, les coureurs, les sponsors, parce qu'il y a un public au bord de la route ou devant les écrans de télévision. Nous sommes ici dans une région, les Pays de Loire, qui, pour beaucoup, correspond à la France profonde. Mais la vérité de ce sport qu'est le cyclisme s'écrit dans cette France profonde. La plupart des courses se déroulent dans la France profonde. Le public qui a sifflé hier (jeudi), c'est sans doute le même qui assiste à Cholet-Pays de Loire, qui assiste au Circuit de la Sarthe ou aux Boucles de La Mayenne. Il faut juste s'en souvenir. C'est grâce à eux qu'on est là, que ce Tour de France est magnifique et qu'il continuera à exister. Contrairement à certains de mes collègues qui se sont demandés "Pourquoi on nous siffle ?", je dirais plutôt: "Que doit-on faire pour ne plus se faire siffler ?" Bernard Hinault a dit que c'était un peu la faute des médias, cette réaction du public. Qu'en pensez-vous ? Le public est grand garçon et il a le bon sens, comme Bernard Hinault et comme tous les Bretons. Le public a raison dans tous les cas de figure. C'est lui qui est au bord de la route, qui achète Ouest France dans l'ouest de la France, qui écoute la radio, regarde la télévision et nous supporte. S'il disparaît, on n'est rien. Donc, de temps en temps, quand il nous rappelle à l'ordre, on ferait bien d'écouter. Il y a des gens qui sont sur le bord de la route depuis des dizaines d'années. Ils aiment ce sport. Il faut s'en rappeler, toujours.