Ma Nouvelle-Zélande par... Kelleher

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Ma Nouvelle-Zélande par... Kelleher
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Les Bleus de France en mission en Nouvelle-Zélande, la rédaction de Rugbynews est allée à la rencontre des Néo-Zélandais du Top 14, l'occasion pour eux de se transformer en guide. Suite de cette série avec Byron Kelleher, l'ancien chouchou de Toulouse qui a pris la direction du Stade Français cet été.

Les Bleus de France en mission en Nouvelle-Zélande, la rédaction de Rugbynews est allée à la rencontre des Néo-Zélandais du Top 14, l'occasion pour eux de se transformer en guide. Suite de cette série avec Byron Kelleher, l'ancien chouchou de Toulouse qui a pris la direction du Stade Français cet été. Byron, te souviens-tu de tes premiers pas dans le monde de l'ovalie ? En Nouvelle Zélande, c'est notre culture. Le rugby est une religion chez nous ! Dès ta naissance, la famille t'offre des chaussettes, un ballon... (rires) Mon premier club, c'était le Southern Rugby Football Club à Dunedin, où je suis né. J'adorais le rugby, je passais mon temps à y jouer : avec mon père, avec les voisins, à l'école, après le déjeuner : tout le temps ! C'était génial. Je « respire rugby », j'ai ça dans le sang... C'est vraiment un grand plaisir de le pratiquer, car c'est un sport capable de créer une solidarité entre les gens comme peu de sports peuvent le faire. Qu'est- ce qu'un événement tel que le Mondial peut apporter au pays ? Il est difficile pour nous d'organiser un événement comme celui-là, car la Nouvelle Zélande est un très petit pays, loin de tout. Mais là-bas, l'esprit rugby est tellement fort que tout le peuple néo-zélandais sera solidaire et veillera au bon déroulement des festivités. Un pronostic pour le podium ? Pour moi, la Nouvelle Zélande va gagner la Coupe du Monde, c'est sûr ! (sourire) Mais j'espère que lors des matches de poule, elle pourra battre le XV de France... En 1987, lors de la toute première Coupe du Monde (en Nouvelle- Zélande aussi), nous avions déjà vu la Nouvelle Zélande battre la France (en finale, ndlr). S'ils sortent 2e de la poule, les Français peuvent très bien continuer l'aventure jusqu'en finale, et, j'espère, rencontrer de nouveau les All Blacks à ce stade de la compétition ! (sourire) "J'ai le rugby dans le sang..." Quel est, à l'heure actuelle, l'adversaire le plus dangereux pour les Blacks ? L'équipe d'Australie a énormément progressé ces deux dernières années. L'an passé, elle a fait une magnifique saison. Et comme ce sont nos voisins : il y a toujours un peu de rivalité entre les deux pays... Les Wallabies ont toujours une équipe dangereuse. Après, l'Angleterre sait aussi comment remporter une Coupe du Monde. Et la Coupe du Monde, ce n'est pas juste l'esprit du rugby. C'est une compétition très difficile, et unique ! Peu importe le style, la manière, il faut prendre les points, saisir les opportunités. Le but est juste de gagner les matches ! Même si tu le suivras à distance, attends-tu ce Mondial avec impatience ? J'ai pris la décision de prendre ma retraite avec les Blacks après le dernier mondial. Ils m'ont dit que je pouvais revenir en Nouvelle Zélande pour cette dernière Coupe du Monde organisée dans notre pays. Mais j'ai pris ma décision : ma vie est ici, en France. Je suis très heureux de rester ici. N'est-ce pas un sacrifice trop important ? Non. Bien évidemment, j'espère de tout coeur, de tout mon être que les All Blacks gagneront. Mais je suis heureux dans ma vie actuellement. A chaque Coupe du Monde, les Blacks semblent confrontés au même problème : ils atteignent leur pic de forme... trop tôt. La Coupe du Monde, comme je le disais, c'est vraiment une compétition différente. Les All Blacks ont l'habitude de faire de leur mieux, tout le temps. Ils jouent tous les ballons, quel que soit le match. Cette fois, il ne s'agit pas uniquement de gagner... mais de défendre les terres ! C'est le plus important pour nous. "J'avais l'opportunité de disputer une dernière Coupe du Monde, dans mon pays, en Nouvelle Zélande... mais ma vie est ici, en France" A ton avis, quel joueur pourrait faire des étincelles pendant cette compétition ? Kieran Read (n°8) est un bon joueur. Mais à côté de ça, je dirais Dan Carter, bien sûr. Et Richie Mc Caw, qui est un grand leader. Si jamais il nous arrivait de perdre ces deux joueurs-là, (Mc Caw, 3e ligne et capitaine, et Carter, demi d'ouverture), nous perdrions beaucoup d'opportunités de gagner tous nos matches. Qu'est-ce que le maillot à la fougère représente pour toi ? Ma vie ! (sourire)... Tout simplement... Quand tu me dis « Nouvelle Zélande », je pense immédiatement au maillot All Black. Te souviens-tu de ta toute première sélection ? Bien sûr. J'ai ressenti quelque chose d'énorme... J'avais la chair de poule partout ! C'est un souvenir que je garderai toute ma vie. Et je dirais que c'est le meilleur moment de ma vie. Quand j'en parle, je le revis encore. Quel(s) est (sont) le(s) souvenir(s) le(s) plus fort(s) que tu aies vécu(s) sous ce maillot ? Il y en a plusieurs. Le premier match (le 11 juin 1999, ndlr). Le 50e match, contre l'équipe de France : j'avais marqué deux essais, c'était énorme. (Et 50 matches avec les All Blacks : il n'y a pas beaucoup de joueurs capables de faire ça...) Enfin, celui contre les British Lions, en 2005. D'après toi, que ne faut-il louper sous aucun prétexte en Nouvelle-Zélande ? La Nouvelle-Zélande est un pays mystérieux (sourire). Je crois qu'il faut visiter Otago, dans le Queensland. Voir Queenstown. C'est très sauvage, et c'est là qu'ils ont tourné « le seigneur des anneaux ». Tout le monde connaît ces paysages. C'est très sauvage, très beau, vraiment photogénique. A côté de ça, au Nord, vous avez Auckland, qui est une très jolie ville. Quoi qu'il en soit, si vous allez en Nouvelle-Zélande, je crois que vous serez amené à vivre une expérience énorme et à découvrir des choses que vous ne verrez dans aucun autre pays.