Ma Nouvelle-Zélande par... Clarkin

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Ma Nouvelle-Zélande par... Clarkin
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Les Bleus de France en mission en Nouvelle-Zélande, la rédaction de Rugbynews est allée à la rencontre des Néo-Zélandais du Top 14, l'occasion pour eux de se transformer en guide. Suite de cette série avec Matthew Clarkin, le n°8 et capitaine de l'Union Bordeaux-Bègles de retour dans l'élite.

Les Bleus de France en mission en Nouvelle-Zélande, la rédaction de Rugbynews est allée à la rencontre des Néo-Zélandais du Top 14, l'occasion pour eux de se transformer en guide. Suite de cette série avec Matthew Clarkin, le n°8 et capitaine de l'Union Bordeaux-Bègles de retour dans l'élite. Matthew, quels ont été tes premiers contacts avec le rugby ? Je m'en souviens très bien. C'était un match d'essai, pour être sélectionné avec l'équipe de mon école. J'avais 12 ans, et c'était la première fois que je touchais un ballon... Il faut quand même savoir qu'en Nouvelle Zélande, c'est très bizarre de débuter le rugby à cet âge-là ! Mais mes parents avaient des chevaux, donc j'ai d'abord fait de l'équitation... Pour ce qui est du rugby, j'ai tout de suite accroché, tout de suite adoré ! Te souviens-tu de ton tout premier essai ? C'était pendant ce match justement... J'ai inscrit trois essais ! Ça semblait trop beau pour être vrai (sourire) ! Et ça a continué, continué... Quel a été ton premier club ? En Nouvelle Zélande, tu joues avec ton école jusqu'à l'âge de 18-19 ans. Mon club, "Hautapu", était situé dans ma petite ville de Cambridge. C'était un très gros club... mais dans une toute petite ville ! "Le récent tremblement de terre a été terrible" Et ton premier souvenir concernant les All Blacks ? A Hautapu, nous avions cinq All Blacks. C'était énorme pour une ville de 15.000 habitants ! Pour mon premier match avec l'équipe première (j'avais 18 ans), je jouais en 15, et j'avais quatre All Blacks avec moi derrière ! Je ne savais pas trop quoi faire, mais c'était très excitant. Ils m'ont vraiment facilité la tâche, m'ont conseillé sur ce que je devais faire, m'ont mis dans la bonne direction. Mais je n'ai jamais eu à attaquer, ils s'en sont chargés ! (rires) Qu'est-ce qu'un événement tel que la Coupe du Monde peut apporter au pays ? Si nous gagnons- ce que j'espère- cela apportera beaucoup. Le récent tremblement de terre a été terrible, et je crois que la Nouvelle-Zélande a vraiment besoin de quelque chose de positif aujourd'hui, d'une bonne nouvelle. Si ce Mondial est un succès, cela aura aussi des répercussions au niveau économique. Cela ferait beaucoup d'heureux. Nombreux sont ceux à en avoir besoin en ce moment là-bas. Donc je croise les doigts ! Selon toi, le succès de l'événement dépendra-t-il du succès des Blacks ? Oui, je pense. Il faudrait, au minimum, qu'ils atteignent la finale. S'ils sont battus à ce stade de la compétition par une meilleure équipe, ok. Mais sinon... la déception serait énorme. Elle l'est toujours lorsque la Nouvelle Zélande ne parvient pas à aller au bout de la compétition. Je suivrai tout ça attentivement à la télé ! (sourire) J'ai hâte de regarder tous ces matches, et je serai certainement un peu nerveux en suivant leurs performances, car j'ai envie qu'ils réussissent. Je connais aussi pas mal de mecs qui jouent pour les Tonga, les Samoa, l'Argentine etc. Quelles sont les chances réelles des Blacks dans cette édition 2011 ? J'espère que le fait d'évoluer à domicile contribuera au fait que les Néo-Zélandais joueront avec leurs émotions. Ils ont toujours abordé les Coupes du Monde de manière très pragmatique, arrivaient en se disant : "On est meilleurs techniquement. On va là-bas pour faire notre job, pour gagner". Mais là, ils auront tous une telle motivation !... Parfois, jouer avec beaucoup d'émotion, ça ne fonctionne pas, mais j'espère qu'ils trouveront les ressources nécessaires pour l'emporter. Et j'espère qu'ils auront retenu les leçons des deux derniers Mondiaux. Le match contre l'équipe de France sera-t-il particulièrement important ? Je pense, oui. Le contexte sera différent, c'est sûr... Mais une victoire contre les Bleus en Coupe du Monde serait bien sûr un bon début pour les Blacks. On verra ! Quel joueur est susceptible de s'illustrer lors de cette compétition ? Dan Carter. Quand on sait l'influence qu'il a sur le jeu... Mais d'autres brilleront certainement aussi. Des joueurs dont on parle peut-être un peu moins d'ordinaire. Mais tu sais, à chaque Coupe du Monde, un joueur se révèle, sort du lot (comme cela avait pu être le cas avec Jonah Lomu). Ce serait bien qu'il s'agisse d'un All black (sourire). "L'objectif pour lequel tous les joueurs Néo-Zélandais bossent pendant des années" Même si tu n'as jamais eu l'opportunité de le porter, que représente pour toi le maillot à la fougère ? C'est l'objectif pour lequel tous les joueurs néo-zélandais bossent pendant des années. Certains joueurs- comme moi- partent à l'étranger pour tenter une expérience différente, mais les Blacks, c'est une chose que tu gardes toujours dans un coin de ta tête... Si demain, quelqu'un t'appelle et te propose de rendre tout ton argent en échange d'un seul match sous ce maillot... Beaucoup accepteraient, c'est sûr ! Pour le porter ne serait-ce qu'une fois. Certains de mes amis l'ont porté une ou deux fois seulement, mais ça, on ne pourra jamais leur enlever. Quel est ton souvenir de Coupe du Monde le plus fort en tant que spectateur ? Malheureusement, c'est un mauvais souvenir : le quart de finale... à Cardiff... en 2007. Je vivais à Montauban. Et je peux te dire que ça a été une nuit difficile ! Quand on a perdu, tous les Français étaient fous de joie, et moi, j'étais vraiment mal. Je suis tout de suite retourné à la maison, j'ai enfilé un maillot de l'équipe de France, et je suis redescendu dans un bar tenu par un ami à moi. Je lui ai dit : "Maintenant que vous avez gagné, vous pouvez vous moquer de moi ! Mais à partir de lundi, ce sera affaire classée, vous me laisserez tranquille "... (rires) Enfin, que faut-il absolument avoir vu en Nouvelle-Zélande ? Queenstwon (au sud-Est de l'île du Sud). C'est un endroit très beau, et l'été, tu faire du bateau, du ski nautique, du jet, de l'hélico. Et l'hiver, tu peux skier. Il y a même un "ice bar" ! Après, en Nouvelle-Zélande, nous avons notre propre culture (dont la culture Maori fait partie), qui est un grand mix de beaucoup de choses ! Je pense que les gens se font une idée assez juste de ce que nous sommes: un peuple assez ouvert, et nous sommes bien reçus, où que l'on aille dans le monde.