Lyon, un stade au point mort

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Lyon, un stade au point mort
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Lancé en 2008, le projet OL Land qui doit permettre au Stade des Lumières de voir le jour dans la banlieue lyonnaise est toujours au point mort, les acteurs de ce dossier se renvoyant la responsabilité de cet échec. La désignation des neuf sites choisis pour l'Euro 2016 approchant, une issue devra vite être trouvée, sous peine de voir Lyon, place forte du football français, non-retenue pour la compétition.

Lancé en 2008, le projet OL Land qui doit permettre au Stade des Lumières de voir le jour dans la banlieue lyonnaise est toujours au point mort, les acteurs de ce dossier se renvoyant la responsabilité de cet échec. La désignation des neuf sites choisis pour l'Euro 2016 approchant, une issue devra vite être trouvée, sous peine de voir Lyon, place forte du football français, non-retenue pour la compétition. "Nous assistons à une représentation de ce jeu auquel enfants nous avons tous joué: «je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui bougera aura une tapette». Cela prêterait à rire, si ce blocage ne mettait en péril un projet exemplaire, fort du soutien des acteurs économiques, sportifs, culturels lyonnais et d'une très forte majorité de la population lyonnais." L'heure n'est effectivement plus à la rigolade du côté de Lyon lorsqu'il s'agit d'évoquer la future enceinte de l'OL. Surtout pas quand son président, Jean-Michel Aulas, empêtré dans des démarches administratives depuis presque trois ans, prend la parole. La future enceinte de l'Olympique Lyonnais verra-t-elle alors finalement le jour ? Si le site de Décines, dans la périphérie Est de Lyon, a d'ores et déjà été choisi pour accueillir le projet, les obstacles ne manquent pas à sa réalisation, surtout à l'étage politique. Maire de Lyon, Gérard Collomb s'entête toujours et refuse de lancer les neuf enquêtes publiques, qui devaient initiallement se tenir du 20 avril au 23 mai prochain sur le site de construction du Stade des Lumières mais qui ont été reportées à une date ultérieure. La raison ? Le sénateur PS attendait encore mercredi que passe au Sénat l'amendement de déclaration d'intérêt général (DIG) pour les stades concernés par l'Euro 2016. "Les adversaires du stade attendent que je puisse aller sur le plan local d'urbanisme (PLU) sans la DIG pour me faire reculer, et qu'en plus, j'y perde une certaine crédibilité", expliquait-t-il sur le site du Progrès, désireux de passer en force en évitant les probables recours. L'Euro 2016 sans Lyon ? "Je ne vois qu'un obstacle à la sortie de terre de ce vaste projet, c'est le gouvernement. Il faut qu'il nous accorde la directive d'intérêt général pour que tout soit finalisé. Cette directive est issue du rapport Séguin publiée en 2008 (...) Philippe Séguin avait conclu que l'on pouvait déclarer un certain nombre de grands équipements sportifs d'intérêt général. Et si c'est le cas, les collectivités locales peuvent investir autour pour construire des routes, mettre en place des transports en commun (...) La loi est passée et a été validée par le Sénat et l'Assemblée Nationale (...) Si le gouvernement veut planter le stade de Lyon parce que je suis de gauche, il peut le faire. Mais ce n'est pas bien...", étayait-il sur Football-mag. "Ce qui bloque aujourd'hui, c'est simplement la révision du plan local d'urbanisme", a répliqué sur RTL Chantal Jouanno. Pour la ministre des Sports, point de DIG si le maire de Lyon ne revoit pas son plan local d'urbanisme (PLU), déjà rejeté à deux reprises, pour le soumettre à une nouvelle enquête publique "Je n'y suis pour rien s'il y a eu deux avis négatifs des enquêtes publiques", s'est-elle justifiée. Sollicité mercredi, le Sénat a donné raison au gourvernement en rejetant l'amendement déposé par Gérard Collomb, renvoyant les deux parties dos à dos avec pour conséquence de geler le projet OL Land porté depuis des années par Jean-Michel Aulas. Pour autant, la ministre des Sports se veut confiante sur ce dossier. "On va mettre les uns et les autres autour de la table pour qu'ils aboutissent à plus de mesure et moins de posture", a-t-elle déclaré, n'imaginant pas "l'Euro 2016 en France sans que Lyon soit retenu". Malgré "la bonne volonté" affichée selon elle par le gouvernement, qui est prêt à contribuer au financement de la construction à hauteur de 20 millions d'euros, sans compter 4,1 millions pour la desserte par tramway, le risque existe pourtant bel et bien aujourd'hui. La balle semble aujourd'hui dans le camp de Gérard Collomb qui devra accepter de faire valider son nouveau plan d'urbanisme local par une nouvelle enquête publique. Le temps presse. Le 15 septembre au plus tard, les neuf villes retenues pour l'Euro 2016 devront être désignées...