Lyon tout sauf zen

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Lyon tout sauf zen
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Deux matches nuls consécutifs au goût de défaites, contre Rennes et Nice, ont suffi pour mettre l'Olympique Lyonnais dans les cordes. Ciblés pour leur mental friable, les Gones tenteront, ce dimanche à Gerland, de relever la tête à l'occasion de la réception de Lens en clôture de la 30e journée de Ligue 1.

Deux matches nuls consécutifs au goût de défaites, contre Rennes et Nice, ont suffi pour mettre l'Olympique Lyonnais dans les cordes. Ciblés pour leur mental friable, les Gones tenteront, ce dimanche à Gerland, de relever la tête à l'occasion de la réception de Lens en clôture de la 30e journée de Ligue 1. Entre Rhône et Saône, Lyon voit parfois les eaux devenir soudainement tumultueuses. Prenez deux rencontres au dénouement cruel et le lac tranquille dans lequel les Gones prennent leur bain depuis quelques mois se transforme alors en torrent propice à la noyade, celle des ambitions et des doux espoirs de titre. Il n'aura en effet fallu que deux partages des points consécutifs pour que l'OL s'agite et que le spectre de la crise ne vienne de nouveau hanter les esprits lyonnais. Le match nul concédé face à Rennes (1-1), avant cet incroyable épilogue sur le terrain de Nice (2-2), aura donc suffi à fissurer un édifice lyonnais qui paraissait pourtant solide depuis le début de l'automne. Car depuis sa défaite face au rival stéphanois (0-1), le 25 septembre, l'Olympique Lyonnais peut se targuer d'une santé de fer, en atteste sa remontée fantastique et son passage d'une douloureuse 18e place au soir du revers contre les Verts à un retour au premier plan savamment orchestré à base de victoires. Lyon n'a connu qu'un seul match sans point lors de ses 21 dernières sorties - une défaite à Valenciennes (2-1) le 29 janvier - et reste sur une série d'invincibilité de huit rencontres. Un bilan flatteur, dont la plupart des formations hexagonales se satisferaient allégrement. Mais voilà, deux matches nuls aux allures de défaites et le ciel s'assombrit aussitôt, entraînant son lot d'interrogations. Mais aussi de doutes quant à la capacité des hommes de Claude Puel à lutter pour le trône. Loin d'être au plus mal sur le plan sportif, l'OL paraît tout de même malade alors que se présente dimanche à Gerland une équipe bien plus souffrante, le Racing Club de Lens, 19e de Ligue 1 qui jouera une partie de sa survie dans la capitale des Gaules. Un adversaire idéal pour retrouver un calme aux abonnés absents ces derniers jours du côté de Tola Vologe, surtout après la débâcle du Stade de Ray et la colère d'Hugo Lloris née de ces deux buts pris dans le temps additionnel, tous causés par des erreurs individuelles. "Cela montre surtout de la nervosité. Or, il faut garder une sérénité qui permette une bonne expression individuelle et collective, estime Claude Puel en conférence de presse. Pour moi, les équipes qui vont aller au bout sont celles qui sauront garder leur sang-froid." Källström: "C'est usant nerveusement" Un sang-froid qui a manqué à Pape Diakhaté dans la baie des Anges mais aussi à Aly Cissokho, mardi à l'entraînement, l'habituellement si discret latéral gauche se trouvant sous la lumière des projecteurs après une altercation avec un supporter. "Je suis un homme comme un autre et, parfois, c'est difficile de garder ses nerfs", a reconnu l'ancien pensionnaire de Porto en conférence de presse. Comme un symbole du mal qui frappe les joueurs de l'OL, visiblement tendus dans ce sprint final qui ne laisse que peu de place au mental friable et aux coups de pied arrêtés hasardeux, l'ennemi des Gones face aux Bretons et aux Aiglons. "C'est difficile à expliquer. C'est un état d'esprit: il faut être bien au marquage, bien lire les trajectoires. On n'a pas encore trouvé la solution aujourd'hui", reconnaîtra Kim Källström lors de son passage devant la presse. Avec quatre points de plus au compteur, ceux perdus contre Rennes et Nice, l'OL siègerait sur la deuxième marche du podium alors qu'il n'en est qu'au pied à l'aube de cette 30e levée. L'avenir reste incertain et complique le quotidien des Lyonnais comme l'a confirmé le milieu de terrain suédois: "C'est forcément usant nerveusement, oui. Mais qui n'a pas de difficultés jusqu'à l'arrivée ? Chaque année est difficile. C'est sûr que nous, on était habitués à gagner depuis longtemps et aujourd'hui, c'est plus difficile. On nous parle toujours du « grand Lyon », mais ça fait trois ans ! Même s'il ne faut pas oublier l'histoire, parce que c'est extraordinaire, mais cette époque est terminée..." Et le rouleau compresseur aux sept titres de rang a laissé place à une formation humaine qui n'a pas fini de se bagarrer contre elle-même pour accrocher la Ligue des champions, compétition nécessaire à la bonne santé du club présidé par Jean-Michel Aulas.