Luyindula: "Pas de haine, ni d'amertume"

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Luyindula: "Pas de haine, ni d'amertume"
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Ecarté du groupe professionnel depuis le 2 août dernier, Peguy Luyindula a été autorisé par la LFP à reprendre l'entraînement avec ses anciens coéquipiers, dès vendredi. Une petite victoire pour l'attaquant parisien qui, jeudi, a confié ses sentiments lors d'une conférence de presse dans les bureaux parisiens de son avocat. Mais le PSG, pour l'instant, ne l'entend pas de cette oreille...

Ecarté du groupe professionnel depuis le 2 août dernier, Peguy Luyindula a été autorisé par la LFP à reprendre l'entraînement avec ses anciens coéquipiers, dès vendredi. Une petite victoire pour l'attaquant parisien qui, jeudi, a confié ses sentiments lors d'une conférence de presse dans les bureaux parisiens de son avocat. Mais le PSG, pour l'instant, ne l'entend pas de cette oreille... Peguy, quelle est votre réaction, êtes-vous content d'en avoir fini avec cette affaire ? Je suis surtout content de retrouver mes coéquipiers et d'aller m'entraîner dans des conditions qui me conviennent. Je suis heureux de pouvoir retourner à l'entraînement et de reprendre les choses normales, comme je les avais quittées ce 2 août 2011. Concrètement, demain, vous êtes à l'entraînement... Oui, très concrètement, demain, je vais refaire ce que je faisais avant qu'on ne m'envoie en CFA, c'est-à-dire partir à l'entraînement avec l'un de mes coéquipiers qui habite près de chez moi (Zoumana Camara). On ira ensemble comme on a toujours fait. Je pense qu'il sera heureux de me reprendre dans sa voiture pour aller à l'entraînement. Et je m'entrainerai avec mes coéquipiers, normalement. Comment envisagez-vous les retrouvailles avec le coach ? Normales. Il y a une décision qui a été prise, je la respecte. Je suis incapable de vous dire aujourd'hui ce qui se passera de l'autre côté. Demain, j'irai m'entraîner et je dirai bonjour à tout le monde en personne polie que je suis. Dans quel état d'esprit êtes-vous ? Après trois mois très compliqués, je me sens soulagé de reprendre l'entraînement avec des joueurs que j'ai côtoyés durant ces quatre ans et demi au Paris Saint-Germain. Depuis quand n'avez-vous pas parlé à Antoine Kombouaré ? Depuis le 2 août 2011. Vous allez revenir à l'entraînement comme si de rien n'était ? Je suis conscient que ça peut paraitre bizarre. J'ai conscience que ça ne sera pas simple, mais aujourd'hui, je ne peux pas vous répondre et me mettre à la place des gens qui sont en face. Aujourd'hui, je compte simplement m'entraîner parce que c'est mon droit. "Aujourd'hui, je ne parle pas de mercato" Serez-vous à l'aise avec tous ces gens qui n'ont rien dit pendant tout ce temps ? La vraie question, c'est: est-ce que je suis bien là où je suis en ce moment avec la CFA, avec des jeunes joueurs de 17 ans ? La réponse est non, je ne suis pas bien. C'est prématuré de répondre à la question de savoir si je serai bien avec tous ces joueurs que je côtoie en dehors de l'entraînement. Je n'ai pas de crainte de me retrouver dans un vestiaire avec des gens que je connais bien. Regrettez-vous que certains joueurs n'aient pas plaidé publiquement votre cause ? C'est compliqué de donner un avis comme ça. Je ne sais pas quelles questions ont été posées à mes coéquipiers. Je sais de source sûre que que dans une interview, un de mes coéquipiers a parlé de moi, mais que ça n'est pas paru dans la presse le lendemain. Qui était-ce ? Je ne vais pas trahir sa confiance. S'il a envie de le dire, il le dira lui-même, mais en tout cas, il était étonné que ça ne soit pas paru. Ce verdict de la LFP est-il une victoire ? Je ne sais pas si on peut parler de victoire, parce que je n'ai fait que me défendre. Je n'ai pas cherché à me battre contre qui que ce soit. Quel est votre objectif à présent ? Comptez-vous vous battre jusqu'à la fin de la saison ou envisagez-vous un départ au mercato ? Mon objectif, aujourd'hui, c'est de retrouver un lieu d'entraînement conforme à mon niveau de footballeur professionnel. Je trouve ça bizarre qu'un joueur professionnel ne puisse pas prétendre à jouer en professionnel. Mais ce n'est pas moi qui décide. Il y a beaucoup de joueurs en L1 ou L2 qui ne jouent pas parce que leurs entraîneurs ne veulent pas les faire jouer. Je peux faire partie de cette catégorie comme de celle de ceux qui jouent. Aujourd'hui, je ne parle pas de mercato. On en reparlera le 1er janvier. On est là pour parler de ma situation, de ma réintégration et de mes entraînements. Est-ce le point final d'une situation malheureuse ou peut-on craindre une réserve du PSG ? Votre visage me force à la crainte (rires). Je verrai bien demain matin, je vous invite à venir me voir m'entraîner avec mes coéquipiers pour savoir si c'est un point final ou non. "Je ne suis pas le porte parole des joueurs. On ne m'en a pas donné la fonction et je ne l'ai pas réclamé" Imaginiez-vous que tout cela prendrait de telles proportions ? Non, j'ai toujours pensé qu'il fallait régler les choses en adulte et qu'il fallait respecter les règles. Je les ai respectées. Aujourd'hui, une décision est tombée, elle m'a donné raison et j'en suis heureux. Certains conseils que l'on m'a donnés n'étaient pas appropriés, comme faire une grève ou forcer les gens à me reprendre. Par contre, aller devant les juridictions habilitées, et demander quelque chose qui est normal, je trouve que c'était correct de le faire. Je joue au football professionnel depuis 1997. J'ai vécu énormément de choses dans ma carrière, des titres, des transferts, mais ce que j'ai vécu là, c'était une première. Vous qui avez fait des sacrifices financiers en arrivant, êtes-vous déçu du comportement du club ? C'est sûr qu'à un moment donné, quand on fait des sacrifices... Mais la vraie question, qui me hante, c'était de savoir pourquoi on se comporte comme ça aujourd'hui alors qu'en janvier, je voulais quitter le club et qu'on m'avait dit: "Non, on en a encore besoin de toi". C'est ça que je ne comprends pas. A qui en voulez-vous le plus ? Je ne sais pas, je n'ai pas de haine, ni d'amertume. La preuve, c'est que demain je serai très heureux de retrouver mes coéquipiers. Quel est le sentiment qui prévaut maintenant ? Je me demande si je ne vais pas être en retard par rapport à mes coéquipiers qui s'entraînent ensemble depuis trois mois. Je me suis entraîné avec des joueurs moins bons, puisqu'ils aspirent juste à devenir professionnels. Est-ce que je ne vais pas avoir ce retard physique et technique par rapport à mes coéquipiers ? La possible arrivée d'un autre entraîneur italien pourrait-elle changer la donne ? Je ne vois pas de quoi vous parlez (rires). Je l'ai bien fait là non ? (rires) Cette situation, d'autres footballeurs l'ont vécu ou la vivent. Est-ce que votre démarche n'est pas aussi pour tous ces joueurs dans cette situation ? Je ne suis pas le porte-parole des joueurs. On ne m'en a pas donné la fonction et je ne l'ai pas réclamé. Aujourd'hui, je défends ma position de joueur du PSG et le fait que je veuille retrouver le vestiaire des professionnels. Je ne connais pas la situation des autres, je ne me risquerai pas à parler en leur nom. Comptez-vous avoir une explication avec Kombouaré ou Leonardo ? J'ai mis trois mois pour avoir une décision. Si je m'aventure dans cet exercice, je pense qu'on pourrait multiplier le temps par 5, 10. Aujourd'hui, je veux juste m'entraîner et me remettre à niveau.