Luyce: "Le premier navré"

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Luyce: "Le premier navré"
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Au moment où l'équipe de France assume son nouveau statut et fait le choix de l'impasse sur l'Euro petit bassin d'Eindhoven, qui débute jeudi, auquel ont été préféré les Mondiaux de Dubaï (15-19 déc.), Francis Luyce, le président de la Fédération française (FFN), regrette trois mois après Budapest les faibles retombées financières nées de cette moisson historique, en même temps que l'immobilisme des pouvoirs publics en faveur du grand équipement attendu.

Au moment où l'équipe de France assume son nouveau statut et fait le choix de l'impasse sur l'Euro petit bassin d'Eindhoven, qui débute jeudi, auquel ont été préféré les Mondiaux de Dubaï (15-19 déc.), Francis Luyce, le président de la Fédération française (FFN), regrette trois mois après Budapest les faibles retombées financières nées de cette moisson historique, en même temps que l'immobilisme des pouvoirs publics en faveur du grand équipement attendu. Président, le record de 23 médailles de l'Euro de Budapest a-t-il contribué à une envolée du nombre de licenciés ces trois derniers mois ? Je serai très honnête avec vous pour dire qu'actuellement nous ne sentons pas le frémissement que l'on était en droit d'attendre. Des chiffres avaient été annoncés, il est vrai que l'à l'occasion des Championnats du monde d'athlétisme, la Fédération française avait enregistré une augmentation de 10% du nombre de ses licenciés. Il faut être très clair là-dessus, ce n'est aujourd'hui pas le cas, même si j'espère que l'auto-croissance que l'on connaît depuis plusieurs années va perdurer. Qu'en est-il des retombées financières en termes de partenariat notamment pour la Fédération ? Nous avons la grande satisfaction de constater que nos partenaires actuels restent fidèles, des partenaires officiels qui nous ont conforté dans l'idée qu'ils étaient très satisfaits de notre partenariat (reconduction du contrat avec l'équipementier TYR et assurance du partenariat avec EDF au moins jusqu'en 2012). Bien qu'on se félicite du partenariat signé avec Eurosport, qui arrive à son terme en septembre 2011, nous travaillons à un nouvel appel d'offres pour pouvoir mettre Eurosport en concurrence. Comme nous travaillons à la possibilité d'avoir un deuxième partenaire du niveau d'EDF, les choses progressent en ce sens. Ceci étant, et sans langue de bois, on espérait quand même après les brillants succès de Budapest qu'on aurait davantage de satisfactions et que la natation serait susceptible d'attirer davantage de partenaires. Malgré notre engagement, ce n'est pas le cas. "Aubervilliers ? Nous n'avons plus aucune nouvelle" Que faut-il faire de plus ? C'est continuer à travailler. Aujourd'hui, l'image de la fédération française de natation est porteuse. Simplement, je m'interroge sur le fait de savoir pourquoi beaucoup de grandes fédérations, un statut que mérite la fédération française de natation, sont toutes rattachées au secteur bancaire. Comment se fait-il aujourd'hui que notre fédération n'intéresse pas le secteur bancaire? Maintenant, il n'y a pas que les résultats qui sont porteurs d'intérêt pour nos partenaires. Nous sommes dans une démarche qui consiste à valoriser ces résultats, mais aussi l'ensemble de nos activités. Sur 300 000 licenciés aujourd'hui à la fédération française de natation, il n'y en a que 100 000 qui pratiquent une activité représentée parmi les cinq sports olympiques, donc 200 000 licenciés dans des champs d'activité qu'il faut essayer de valoriser en dehors de l'image exceptionnelle des 23 médailles de Budapest pour développer le partenariat de la fédération française de natation. La visite à l'Elysée après Budapest avait laissé entrevoir de beaux espoirs en vue de l'évènement d'un grand équipement digne de ce nom. Espérez-vous encore ? J'espère toujours, si je n'espérais pas je ne serais pas en mission d'être président de la fédération. J'ai enregistré le souhait du Président de la République de nous recevoir au motif de deux sujets préoccupants: le grand équipement et la représentativité de la France dans l'organisation de manifestations à caractère international. Il est vrai aujourd'hui qu'en dehors de la vitrine que l'on offre, ô combien qualifiante, de l'Open EDF, de championnats de France valorisants notre savoir-faire, je répète, je rabâche que depuis 1987, date des derniers Championnats d'Europe à Strasbourg, on n'a pas eu la chance d'accueillir un Championnat d'Europe en France, encore moins une compétition au titre de la Fédération internationale. Donc le message du Président est toujours d'actualité, ceci étant, nous n'avons pas à jour de vrai projet à soumettre aujourd'hui, en dehors du projet connu précédemment, celui d'Aubervilliers, pour lequel nous n'avons plus aucune nouvelle et sur lequel d'aucun s'était avancé. Pour l'instant, je n'ai aucune proposition. J'attends donc avec impatience d'être reçu par la nouvelle Ministre des Sports, Mme Chantal Jouanno. Quels espoirs concrets à court ou moyen terme ? Notre ambition existe et je suis le premier navré. Nous continuons de travailler pour espérer d'accueillir les Championnats d'Europe en petit bassin en 2012 à Chartres. C'est une actualité, je suis très attaché de pouvoir mener à bien ce projet qui me tient particulièrement à coeur. Nous avions un projet, mais qui semble plus délicat aujourd'hui, à savoir l'examen du cahier des charges d'un championnat du monde à Montpellier ; eu égard au décès malheureusement de M. Frêche, nous n'avons pas pu être en mesure de conforter auprès de la Fina la candidature de la France pour 2014. On en souffre, on en souffre... La Fédération française de natation a encore beaucoup de progrès à faire. Ce n'est pas un manque d'ambitions, c'est un manque de structures. "Je fais partie des 50% de gens qui pensent que Manaudou reviendra " Le changement de Ministre peut-il changer quelque chose ? J'espère à chaque fois un Ministre qui puisse s'engager davantage. Je ne connais pas personnellement Madame Jouanno, je vais essayer d'être le plus convaincant possible pour qu'on puisse nous aider, ce sont les politiques aujourd'hui qui doivent nous aider à trouver une solution, ce n'est pas tant la Fédération française de natation. Je suis malheureusement dans l'incapacité de porter ce dossier sans l'aide des politiques comme c'était supposé être le cas pour les JO de 2012. J'ai beaucoup de regrets à constater, encore une fois sans polémique, qu'on soit en capacité d'accueillir les Championnats d'Europe de football, on rénove x stades pour obtenir cette épreuve. Madame Rama Yade a créé à l'époque une mission "Grandes salles", il n'est pas venu à l'esprit de Madame Rama Yade, ni d'aucun d'ailleurs, d'imaginer d'avoir un grand équipement en France. Donc je crains malheureusement de devoir dire que la natation n'est pas autant porteuse que d'autres disciplines, telles que le football, voire même le handball, le volley ou le basket. Je suis bien placé pour le dire avec le projet d'une grande salle à Dunkerque... On avait l'habitude dans votre discours sur le sujet de plus de véhémence. Elle a cédé le pas à un certain fatalisme ? Découragé, non, un peu déçu, oui. On ne sent pas, moi, je ne le sens pas en tout cas, cette volonté de dire: « Allez ! On totalise 23 médailles aux Championnats d'Europe, on est première nation européenne, on y va, il faut trouver un grand équipement pour la France. » On continue d'être optimiste avec la volonté d'être au rendez-vous dans les étapes intermédiaires de Dubaï (15-19 décembre) et de Shanghai (24-31 juillet). L'équipe de France sera au rendez-vous. Est-ce que le retour d'une Laure Manaudou à la compétition pourrait constituer un argument de poids par rapport à ces ambitions déçues (voir par ailleurs) ? Tout d'abord, personnellement, je fais partie des 50% de gens qui pensent que Manaudou reviendra. Je ne sais pas si son retour va favoriser la situation existante. En tous les cas, s'il s'agissait d'une hypothèse plausible, j'en serais le premier satisfait. Toutes les bonnes volontés qui peuvent aider à ce que la Fédération français soit plus performante en termes de résultats et en termes de dispositions d'équipement, je suis preneur (sourires).