Lotus Renault, le grand retour

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Lotus Renault, le grand retour
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L'annonce était attendue, elle est désormais officielle: Renault F1 Team n'est plus, plus en tant que telle en tout cas, puisque l'équipe devient Lotus Renault GP. Les deux constructeurs s'associent comme à la grande époque des années 1980 et la nouvelle monoplace revêtira à nouveau les fameuses couleurs noir et or. Seul bémol: plus aucun pilote ni team français ne compose le paddock.

L'annonce était attendue, elle est désormais officielle: Renault F1 Team n'est plus, plus en tant que telle en tout cas, puisque l'équipe devient Lotus Renault GP. Les deux constructeurs s'associent comme à la grande époque des années 1980 et la nouvelle monoplace revêtira à nouveau les fameuses couleurs noir et or. Seul bémol: plus aucun pilote ni team français ne compose le paddock. Renault avait déjà pris du recul en 2010 en cédant la gestion de son écurie à Genii. Le constructeur français officialise aujourd'hui son retrait de la F1 en tant qu'écurie et confie à Lotus les rênes du Renault F1 Team, qui devient Lotus Renault GP. En raflant la totalité des titres pilotes et constructeurs en 2005 et 2006, seulement quatre ans après son retour en Formule 1 (sur les bases de l'écurie Benetton, rachetée en 2000), Renault F1 avait démontré son savoir-faire dans la discipline reine du sport automobile, quand des armadas comme Toyota et BMW s'y sont cassé les dents. Depuis, l'éclat du Losange en Formule 1 s'est bien terni: lâché par Alonso (parti chez McLaren) et Michelin (laissant le monopole à Bridgestone), le Renault F1 Team végète en milieu de grille en 2007, avant de relever la tête en 2008 grâce au retour de l'Espagnol. Contraint et forcé de revenir au bercail après une année étouffante à Woking, l'enfant prodigue s'adjuge deux victoires à la fin de la saison, à Singapour et puis à Suzuka, mais 2009 sonnera le glas des espoirs d'un retour au plus haut niveau. Monoplace mal née, retrait du sponsor-titre ING Direct sur fond de crise économique, Alonso annoncé en partance chez Ferrari, Renault vit une année noire. Comme si la coupe n'était pas assez pleine, l'écurie est impliquée dans l'un des plus grands scandales de l'histoire de la F1 lorsque le "crashgate" éclate à la fin de la saison: il est avéré que la victoire d'Alonso à Singapour un an plus tôt était le fruit d'un accident volontaire de son équipier Nelson Piquet Jr, sur les ordres du directeur Flavio Briatore et du directeur technique Pat Symonds. Une sortie par la petite porte Le retentissement de l'affaire est énorme, et l'image de Renault considérablement entachée. Le scandale conforte Billancourt dans sa volonté d'arrêter les frais. En décembre 2009, le constructeur cède 75% de ses parts à la société luxembourgeoise Genii Capital. Même si le nom de Renault est toujours là (tandis que le jaune et le noir historiques font leur retour sur la monoplace), Billancourt ne fait qu'anticiper un retrait définitif. Ce qui ne devait être qu'un cache-misère devient à la surprise générale une affaire qui roule, parvenant à rivaliser avec Mercedes avec des moyens beaucoup plus limités. La rigueur du nouveau directeur Eric Boullier (ex-DAMS) et la vista de Robert Kubica n'y sont pas pour rien. Cette écurie hybride termine vaillamment cinquième au championnat, tandis que Renault peut s'enorgueillir des titres constructeurs et pilotes des Red Bull qu'il motorisait. C'est sur cette note positive que la marque au Losange a choisi de se retirer en tant que constructeur de châssis. Renault et Genii Capital ont en effet officialisé ce mercredi leur accord avec Lotus, pressenti depuis plusieurs semaines. Le constructeur revient à ses premières amours en se concentrant sur son rôle de motoriste, via une nouvelle entité baptisée Renault Sport F1. Le Renault F1 Team devient Lotus Renault GP, ce qui se traduira par le retour de la superbe livrée noir et or des Lotus Renault des années 1980 (à l'époque aux couleurs du cigarettier John Player Special). Toujours motoriste de Red Bull et fort d'un nouvel accord avec 1Malaysia Racing (ex-...Lotus Racing en 2009), Billancourt fournira ses V8 à un quart du plateau en 2011. Les V8 Renault en force "2011 ouvre un nouveau chapitre de notre engagement historique en Formule 1", se réjouit Carlos Ghosn, PDG de Renault. "La victoire en 2010 avec Red Bull Racing a montré tout le potentiel de l'équipe de motoristes de Viry-Chatillon et renforce la légitimité de Renault comme fournisseur de moteurs et de technologies. Nous comptons nous appuyer sur cette victoire pour les années à venir et nous en espérons d'autres avec nos partenaires. Renault jouera un rôle pro-actif auprès des autres constructeurs et des instances sportives pour relever un des principaux défis stratégiques de la discipline: l'introduction d'un moteur précurseur des technologies d'avenir pour la série (ndlr, les F1 passeront d'un V8 2.4 à un quatre-cylindres 1.6 turbo en 2013)." De son côté, la marque Lotus effectue grâce à ce partenariat son grand retour en Formule 1, où elle n'avait plus été présente depuis 1994 et où sa dernière victoire remonte à 1987 sous l'ère Senna-Honda. Après avoir prêté son nom au 1Malaysia Racing Team (qui a fait quelques difficultés au moment de le lui rendre) en 2010, le constructeur d'Hethel revient en tant qu'écurie à part entière pour mieux promouvoir les nouvelles ambitions industrielles de son PDG Dany Bahar, qui s'est mis en tête de faire du quasi-artisan britannique un poids lourd de la voiture de sport et de rivaliser avec Porsche et Ferrari d'ici 2015.