Lotus n'est pas de taille

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Lotus n'est pas de taille
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Ambitieux, comme peut l'être son patron Tony Fernandes, le Team Lotus avait pour objectif cette saison de s'inscrire durablement en milieu de peloton. Seulement à mi-parcours, l'écurie malaisienne reste loin du but, incapable d'entrer dans les points et rarement présente au deuxième stade de qualifications. Une situation qui agace profondément Heikki Kovalainen.

Ambitieux, comme peut l'être son patron Tony Fernandes, le Team Lotus avait pour objectif cette saison de s'inscrire durablement en milieu de peloton. Seulement à mi-parcours, l'écurie malaisienne reste loin du but, incapable d'entrer dans les points et rarement présente au deuxième stade de qualifications. Une situation qui agace profondément Heikki Kovalainen. Fondé en 2009, le team Lotus est né ambitieux. Avec Mike « Pitbull » Gascoyne pour manager, l'écurie verte s'est bâtie à vitesse grand V, dans la précipitation mais avec une maîtrise certaine que pouvaient lui envier ses consoeurs Virgin ou HRT l'an dernier. Un an plus tard pourtant, l'équipe malaisienne reste associée à ces deux références du pire, clouée en fond de grille par des performances techniques poussives. "Ma carrière est ainsi. Si vous êtes 8e, 9e ou 10e et que vous souhaitez devenir 3e, je suis celui que l'on vient chercher, se vantait Gascoyne dans les colonnes du New York Times à ses débuts chez Lotus. Je suis à ma place et je veux mener l'équipe jusqu'à la gloire." Force est de constater qu'il y a encore du pain sur la planche. Le renfort de Mark Smith, ancien directeur sportif de Force India recruté en mai dernier, n'y a rien fait. Lotus demeure à la traîne, dans l'incapacité de marquer des points en course et limité en qualifications. En attestent les résultats d'un Heikko Kovalainen qui n'a guère atteint la Q2 que trois fois cette saison - à Barcelone, Monaco et Silverstone - Jarno Trulli n'ayant lui jamais couru au-delà de la Q1. Après le Grand Prix d'Europe, Karun Chandhok, troisième pilote du team à Valence, ne cachait pas son malaise: "On a introduit des évolutions et, malheureusement, je crois que nous sommes en retrait sur les dernières courses. Les gars continuent à travailler d'arrache-pied mais ce qu'ils ont à faire, ce n'est pas seulement s'occuper de la voiture, mais aussi des infrastructures. C'est dur..." Ces derniers jours, échaudé par le double abandon de son écurie en Grande-Bretagne, Heikki Kovalainen est sorti de ses gonds auprès de nos confrères de Manipe F1. "Je pense que les objectifs étaient trop optimistes. Avec les moyens dont nous disposons en ce moment, nous ne pouvons pas espérer nous battre au milieu du peloton avec des écuries comme Lotus-Renault ou Mercedes." Et le Finlandais, passé notamment par McLaren, de livrer le fond de sa pensée: "Nos structures ne sont pas assez grandes, pas assez évoluées pour combler notre déficit de performances." Un constat sévère mais justifié alors que Lotus est contraint de s'entendre avec Williams pour travailler l'aérodynamisme de ses monoplaces en soufflerie. Avec l'abandon par la FIA de la restriction sur les diffuseurs soufflés, Lotus a du reste vu l'une de ses meilleures chances de recoller au peloton s'envoler. "Nous pensons que sans le diffuseur soufflé, notre situation va s'améliorer. Nos résultats n'étaient pas excellents avec. Nous n'en sommes pas certains mais nous pensons que nous serons plus près de nos rivaux, situés juste devant nous, avec cette nouvelle règle", confiait un Jarno Trulli plein d'espoir il y a dix jours avant le rendez-vous britannique. Tony Fernandes et ses troupes vont devoir se faire une raison: la grande évolution n'est pas pour cette saison. La T128, qui a plafonné jusqu'alors en 13e position - en Australie et à Monaco - n'est pas encore de taille.