Lorenzo au sommet

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Lorenzo au sommet
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Si Valentino Rossi, son coéquipier et néanmoins rival, a tout fait pour lui gâcher la fête, signant sa première victoire depuis son accident lors du Grand Prix d'Italie, Jorge Lorenzo, troisième de la course, a décroché le titre mondial dimanche en Malaisie. Une première en MotoGP pour l'Espagnol, titré à deux reprises en 250, qui succède à l'Italien.

Si Valentino Rossi, son coéquipier et néanmoins rival, a tout fait pour lui gâcher la fête, signant sa première victoire depuis son accident lors du Grand Prix d'Italie, Jorge Lorenzo, troisième de la course, a décroché le titre mondial dimanche en Malaisie. Une première en MotoGP pour l'Espagnol, titré à deux reprises en 250, qui succède à l'Italien. L'élève a officiellement dépassé le maître. Double champion du monde sortant, Valentino Rossi a cédé sa couronne à son propre coéquipier, dimanche en Malaisie. S'il a bien tenté de tirer la couverture à lui en s'imposant à Kuala Lumpur, une première depuis sa double fracture tibia-péroné contractée chez lui au Mugello, l'Italien s'est résigné et s'est incliné devant son successeur. Rookie fougueux précédé de deux titres mondiaux décrochés dans la catégorie aujourd'hui disparue des quarts de litre, Jorge Lorenzo a bien grandi depuis sa promotion ultime en 2008. Le voilà champion du monde MotoGP. Comme une évidence, tant il avait crevé l'écran à ses premières sorties dans la classe supérieure. Très vite compétitif - en atteste sa victoire au Portugal après seulement trois Grands Prix parmi l'élite - l'Espagnol a beau être desservi par ce côté tête brulée qui lui coûte neuf abandons durant ses deux premières saisons dans la catégorie reine, sa marge de progression est telle que le Docteur en personne ne tarde pas à le prendre au sérieux. A raison. Cette année, même le nonuple champion du monde (toutes catégories confondues) n'a pu rivaliser, rapidement relégué au second plan par un Lorenzo manifestement plus mûr. Mieux que Rossi... Si son accident au Mugello ne lui a évidemment pas facilité la tâche, Rossi, qui a de fait manqué quatre rendez-vous en 2010, n'a ainsi pris la mesure de son jeune confrère qu'à deux reprises: au Qatar en lever de rideau et tout récemment au Japon, à l'occasion d'une explication qui n'a pas manqué de faire grincer quelques dents chez Yamaha. Et ce n'est sans doute pas le baroud d'honneur de Dani Pedrosa, coupé dans son élan par une fracture de la clavicule, qui aurait pu priver Lorenzo d'un troisième sacre mondial, après le doublé 2006-2007 réalisé en 250cc. Certes un peu plus mesuré dans ses offensives ces dernières semaines, en Aragon et sur le Motegi notamment - qualifications comprises puisqu'avant sa sixième pole position signée samedi à Sepang, l'intéressé ne s'était plus élancé en tête de grille depuis Laguna Seca en juillet dernier - le pilote majorquin a en effet bâti son triomphe et assuré ses arrières dès la première partie de saison. Lauréat ou deuxième de chacune des dix premières épreuves du championnat, Por Fuera, qui comptait à mi-saison 72 longueurs d'avance sur son dauphin, a alors rejoint dans l'histoire les illustres Giacomo Agostini et Michael Doohan, précurseurs en la matière. Là encore, Valentino Rossi même doit s'incliner, lui qui n'a jamais soutenu une telle cadence plus de neuf courses (en 2002). Une nouvelle légende est peut-être née cette saison...