Lorenzetti: "Sébastien assume"

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Lorenzetti: "Sébastien assume"
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Au lendemain de l'annonce de la mise à pied par le Racing de Sébastien Chabal suite à ses propos tenus dans le JDD sur l'arbitrage, le patron du club francilien, Jacky Lorenzetti, s'est présenté mercredi devant la presse pour justifier cette décision. L'intéressé, s'il a reconnu une "bêtise" commise par Chabal, a refusé de l'accabler, expliquant même qu'une prolongation de contrat reste d'actualité.

Au lendemain de l'annonce de la mise à pied par le Racing de Sébastien Chabal suite à ses propos tenus dans le JDD sur l'arbitrage, le patron du club francilien, Jacky Lorenzetti, s'est présenté mercredi devant la presse pour justifier cette décision. L'intéressé, s'il a reconnu une "bêtise" commise par Chabal, a refusé de l'accabler, expliquant même qu'une prolongation de contrat reste d'actualité. Comment avez-vous vécu l'épisode des propos de Sébastien Chabal sur l'arbitrage ? Je l'ai bien vécu parce que j'étais en Corse à la pêche... Il n'y a pas eu de stress jusqu'à ce qu'un journaliste m'appelle pour me dire qu'il y avait eu des propos tenus par Sébastien dans le Journal du dimanche, j'ai lu l'interview de Sébastien, je l'ai appelé, il m'a envoyé des extraits de son livre, il m'a expliqué quand on l'a vu hier soir avec Pierre (Berbizier) que le contenu de son livre traitant de l'arbitrage était différent de ce qui était repris par le journaliste dans le Journal du dimanche. Mais il ne disconvient pas avoir tenu un discours au Journal du dimanche, c'est un grand garçon, il assume. A partir du moment où j'ai eu connaissance des faits et la certitude que Sébastien ne s'était pas fait piéger dans l'entretien, on n'avait plus qu'à peser le préjudice que ça pouvait causer au club, et préjudice il y a, puisque vous savez qu'on a des relations, on ne va pas dire tendues, mais particulières avec le corps arbitral. Il y a des matches qui arrivent, en notre âme et conscience avec Pierre, on a décidé de suspendre Sébastien jusqu'au 11 mai, date où normalement la Fédération doit communiquer les sélections pour la Nouvelle-Zélande, on n'a pas voulu les gêner par une date plus longue et il se trouve qu'on a bien fait puisque la commission de discipline qui doit se réunir pour statuer sur le cas de Sébastien doit se réunir le 12. Ça permet à chacun de prendre ses dispositions sans aucune pression. Craignez-vous que les arbitres soient du coup peu cléments envers le Racing en cette fin de saison ? Je pourrais vous répondre qu'on ne risque rien parce que l'arbitrage ne nous est déjà pas très favorable, je ne le ferai pas pour ne pas relancer la polémique. Non, l'arbitrage, c'est l'arbitrage, je fais confiance au corps arbitral. Le fait qu'on suspende Sébastien montre qu'on respecte les institutions, l'arbitrage et les arbitres. C'est un exercice difficile dans un sport difficile avec des règles un peu compliquées qui laissent une marge assez large à l'interprétation. Ce qu'on peut reprocher à Sébastien, c'est la forme de son interview, le fond existe, mais ce n'est pas à lui de poser ces problèmes. Pierre est légitime lorsqu'il parle des problèmes de l'arbitrage dans des contextes bien particuliers de match, le problème de l'arbitrage anime le rugby français depuis des années et continuera à l'animer, il faut tous tirer dans le même sens pour le faire progresser. Il faudra qu'on soit suffisamment bons pour ne pas se mettre en position d'aléas et je fais confiance au corps arbitral. Etes-vous tout de même inquiet ? Non, on espère simplement que Sébastien sera absous ou n'aura pas une peine trop lourde. J'espère qu'on l'aura récupéré pour les phases finales, en demi-finale si on mérite d'y aller à la suite du match contre le Stade Français, ou en finale si on a la chance d'y aller. "C'est un peu colère" Etes-vous en colère contre lui de mettre le club en difficulté à ce stade de la saison ? Il n'échappe à personne que ces propos étaient parfaitement circonstanciels, ils avaient pour but notamment de promouvoir son livre, dans le cadre de sa stratégie de communication, il a sûrement eu raison. Par contre, les termes qu'il a employés n'étaient pas acceptables dans la forme, donc oui, c'est un peu colère pour nous tous, lui se prive de terrain, il nous prive de terrain, on se serait bien passés de l'épisode. Si ça avait été quelqu'un d'autre, ça serait évidemment passé inaperçu, comme c'est Sébastien Chabal, ça a du retentissement. Comment a-t-il réagi à sa mise à pied ? Sébastien est un homme simple et solide, il ne se défile pas. Au combat, ce n'est pas le dernier à mettre la tête, il ne s'est pas défilé, il sait qu'il a peut-être été trop loin dans ses propos, il comprend parfaitement que le club soit amené à prendre des dispositions. Ne pensez-vous pas qu'il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ? Je ne répondrai pas à ça parce que si je réponds, ça veut dire que je lui donne raison, je ne veux pas rentrer dans ce débat. La mise à pied est-elle pour vous une façon de le protéger ? Oui, parce que ça clarifie un peu les choses. Il y a le Sébastien du Racing, du rugby, et le Sébastien d'à côté, ce n'est pas toujours facile à gérer pour lui, il essaie de faire le mieux possible, nous aussi en interne on essaie de faire du mieux possible, en séparant bien les choses, ça lui permet d'être libre de son expression et nous de marquer notre différence. "Il n'est pas pestiféré" Comment se caractérise cette mise à pied ? Il est mis à pied, donc il est mis à pied. Il n'est pas pestiféré, il fait partie du club, je viens de dire un mot aux joueurs pour leur expliquer la raison de la décision, je pense qu'ils l'ont bien compris et qu'ils pensent qu'on a eu raison de prendre cette décision. Pour autant, ils sont tous solidaires avec Sébastien qui, en interne, ne s'est jamais trompé et a toujours travaillé dans la maxime de Pierre qui consiste à dire que la seule vedette du Racing, c'est l'équipe. Il n'a jamais été défaillant à ce niveau, ses amis joueurs sont solidaires avec lui tout en comprenant qu'il a fait une bêtise. Je crois qu'il a dit un jour que s'il advenait d'être un peu con, il aimerait bien qu'on lui botte un peu le cul, voilà... Comprenez-vous les réactions virulentes des dirigeants de Biarritz, club mis en cause par Sébastien Chabal ? Oui, c'est difficile de répondre parce qu'on a encore tous en tête ce qu'il s'est passé à Biarritz cette année, les suites également qu'a données la commission de discipline, Pierre a été absous, je ne veux pas relancer la polémique sur le sujet, les propos de Sébastien n'étaient pas à-propos, les dirigeants incriminés ont réagi comme ils le devaient. Sébastien Chabal utilise beaucoup les réseaux sociaux comme Twitter pour communiquer, la communication des joueurs est-elle plus difficile à contrôler ? On va essayer de rebondir sur cette difficulté, chaque problème apporte des solutions et des améliorations, ça veut dire que nous en interne, il faut qu'on fasse un peu plus attention à filtrer la communication. Mais on a au Racing un grand respect des hommes et des joueurs, il y a l'homme joueur et l'homme en dehors du rugby. Et l'homme en dehors du rugby, on souhaite lui laisser la plus grande liberté possible. Après, il y a les joueurs et sébastien Chabal qui est un problème à part. Si c'était un autre joueur, on n'en serait sûrement pas là, Sébastien Chabal est un cas particulier. Pour le moment, on a toujours bien su le gérer, il a bien su gérer sa notoriété et sa position au Racing, il y a eu un problème, on va essayer de rebondir dessus pour éviter des situations comparables. Cela remet-il en cause la suite de votre collaboration ? (Long silence). Ça voudrait dire qu'on apprécie d'une façon disproportionnée l'événement, ça vous ferait plaisir, mais il y a un cas ponctuel, une erreur commise, Sébastien reconnaît que dans la forme, ça n'a pas été tip top, mais ça ne remet pas en cause la confiance qu'on a dans l'homme et l'avenir de nos relations. On avait commencé à évoquer une prolongation de son contrat, il n'y a pas de changement à ce niveau-là.