Longo, cette fois, c'est le mari

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Longo, cette fois, c'est le mari
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L'étau se resserre autour de Jeannie Longo. Épinglée récemment par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour un défaut de localisation, ce qui l'expose à une suspension de trois mois à deux ans, la meilleure cycliste française de l'histoire est cette fois touchée indirectement par les accusations graves portées dans L'Equipe par un ancien coureur à l'encontre de son mari, Patrice Ciprelli, qui aurait ainsi acheté en 2007 de l'EPO chinoise "pour sa femme"... Ce dernier a été suspendu à titre conservatoire par la fédération française.

L'étau se resserre autour de Jeannie Longo. Épinglée récemment par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) pour un défaut de localisation, ce qui l'expose à une suspension de trois mois à deux ans, la meilleure cycliste française de l'histoire est cette fois touchée indirectement par les accusations graves portées dans L'Equipe par un ancien coureur à l'encontre de son mari, Patrice Ciprelli, qui aurait ainsi acheté en 2007 de l'EPO chinoise "pour sa femme"... Ce dernier a été suspendu à titre conservatoire par la fédération française. A une semaine du début des Championnats du monde de Copenhague, pour lesquels elle est sélectionnée sur le contre la montre et sur la course en ligne, Jeannie Longo se retrouve dans une sacrée tourmente. Déjà égratignée la semaine dernière par l'AFLD pour avoir contrevenu à trois reprises en dix-huit mois aux règles de localisation auxquelles doivent se soumettre tous les sportifs de haut niveau, ce qui l'expose à une suspension de trois mois à deux ans - le Bayonnais Yohan Huget, sanctionné de trois mois, a récemment été privé de Coupe du monde de rugby pour un motif identique -, la meilleure cycliste tricolore de l'histoire, aux multiples médailles nationales et internationales, est la cible d'accusations nettement plus graves, puisque directement soupçonnée de dopage à l'Eposino, une EPO de fabrication chinoise. L'auteur de ces accusations, l'Américain Joe Papp, est un ancien cycliste de niveau moyen, lui-même pris la main dans le sac lors du Tour de Turquie en 2006 et suspendu pour deux ans, avant de se «reconvertir» l'année suivante dans le trafic d'EPO. Son rôle ? Intermédiaire entre un fournisseur chinois d'EPO basé à Jinan et d'éventuels clients, au nombre de 187, selon L'Equipe datée de mardi, qui ouvre ses colonnes au repenti. Ce dernier, interpellé en 2007 pour ce trafic, explique avoir accepté de collaborer avec l'agence antidopage américaine (USADA), en lui donnant "tous les enregistrements des transactions, les mails, les détails de paiement, les confirmations d'envoi", certains mails étant produits dans le quotidien à l'appui de ses dires. Papp: "Il (Cipelli) a indiqué que c'était pour sa femme""Présenté par un coureur américain très connu, un de ceux qui ont gagné un grand tour", mais dont il refuse de dévoiler l'identité, au réseau Eposino (l'EPO chinoise incriminée), Joe Papp s'est vite fait une clientèle importante qui le contactait par mail et qu'il ne rencontrait "jamais physiquement". Parmi ces nombreux clients, "certains étaient français, oui." S'il refuse de "donner leur identité de manière unilatérale", l'Américain répond, lorsque le nom de Patrice Ciprelli, l'époux de Jeannie Longo, lui est suggéré par son interlocuteur comme client en 2007: "Oui, je vous le confirme: j'ai vendu de l'EPO à Ciprelli à cette époque. Il a spécifiquement et directement demandé sur notre site ce que lui coûteraient 80000 iu (unités internationales, ce qui, selon un médecin interrogé par L'Equipe, équivaut à "un traitement de seize semaines pour un athlète de 50 kilos", ndlr) d'EPO livrées en France. Il a d'ailleurs indiqué que c'était pour sa femme (...) Ciprelli n'a pas mentionné son nom, il a parlé de sa femme, c'est tout. Cependant, j'en ai déduit que Longo était la destinataire de l'EPO en me basant sur l'échange de la messagerie. Dans ce message, il écrivait vouloir de l'EPO pour son épouse, tout en précisant vouloir payer lui-même et que ce soit envoyé à une tierce personne." Cette dernière accusation à l'encontre de Jeannie Longo, Joe Papp n'en a plus la preuve - "La messagerie du site n'existe plus", se justifie-t-il -, ce qui la laisse hypothétique, en revanche, il produit les mails échangés avec Patrice Ciprelli, édifiants, dans lesquels le mari de Jeannie Longo explique qu'il "envoie l'argent", - 500 euros selon l'ancien coureur qui explique que "l'Eposino était et reste l'une des EPO les moins chères sur le marché" - les colis étant ensuite commandés en Chine à un certain Chen, représentant du fournisseur puis envoyé en Isère au domicile d'une certaine Yolande Ciprelli, parente de Patrice (que nous avons cherché à joindre, en vain). "Dans le cas de Ciprelli, Chen a envoyé les produits directement en Isère par UPS dans un paquet qui pouvait être suivi sur Internet", confirme Joe Papp. La suite ? Il n'aura plus de nouvelles: "Il a seulement fait une transaction avec nous. Il a payé et ne s'est plus manifesté." Les accusations sont en tout cas très graves pour un homme qui, à l'époque, entraînait non seulement sa femme, mais aussi sa grande rivale, Edwige Pitel, et va devoir y répondre alors que la fédération française annonce ce mardi "ouvrir une procédure disciplinaire" contre lui, le suspendant provisoirement. Patrice Ciprelli va devoir s'expliquer. Tout comme Jeannie Longo (53 ans fin octobre) dont la présence à Copenhague la semaine prochaine semble désormais plus incertaine...